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| Le ministre français des Comptes publics, David Amiel, le 4 novembre 2025. |
| Photo : AFP/VNA/CVN |
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé le 21 avril une nouvelle aide destinée à trois millions de "travailleurs modestes grands rouleurs", et un soutien accru aux pêcheurs et agriculteurs face à la flambée persistante des prix des carburants en raison du conflit au Moyen-Orient.
L'exécutif a également prolongé les aides sur les carburants, les élargissant à des secteurs comme le bâtiment et les taxis et VTC.
Le coût de ces aides atteint 180 millions d'euros pour le mois de mai, a détaillé David Amiel à l'issue du conseil des ministres mercredi.
Le dispositif "grands rouleurs" représentera une réduction moyenne de 20 centimes d'euro par litre, avait indiqué Sébastien Lecornu.
Pour être éligibles, ils devront faire partie de la moitié des Français les moins aisés et habiter à au moins 15 kilomètres de leur lieu de travail ou parcourir 8.000 kilomètres par an. Les demandeurs devront déclarer les kilomètres parcourus sur une application dédiée sur le site impots.gouv.fr.
L'État "s'enferre dans une mécanique d'aide sous système déclaratif, et sans aucun contrôle a priori", a pointé Solidaires Finances publiques, première force syndicale dans l'administration fiscale, critiquant une "mise en œuvre prématurée" et de "simples effets d'annonce alors même que l'application évoquée n'est pas encore accessible".
Le système devrait être opérationnel "d'ici la fin du mois de mai", selon le ministre de l'Économie, Roland Lescure.
Mais dès aujourd'hui, "les collègues des services d'accueil et des centres de contact (...) vont devoir faire face à des questions de contribuables sans en avoir les réponses ni techniques, ni législatives", en pleine campagne de déclaration des revenus, a déploré le syndicat.
Économies
Le conflit au Moyen-Orient a coûté à ce jour 6 milliards d'euros à l'économie française, en majorité (3,6 milliards d'euros) en raison de l'augmentation de la charge de la dette, estime le gouvernement.
La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a rappelé le 22 avril aux agriculteurs le coût des aides pour leur secteur, en marge d'un conseil des ministres délocalisé dans l'Allier.
Concernant le gazole non routier (GNR), "depuis le début de la crise (au Moyen-Orient), on y met 90 millions, que je vais devoir prendre sur mon budget. Je m'arrache les cheveux, où vais-je le prendre? Ce n'est pas de l'argent en plus," a-t-elle déclaré.
"Prenez la mesure de l'effort qu'il y a eu (mardi): 15 centimes (par litre de GNR). Vous vouliez 30, (mais) 15 centimes c'est 53 millions d'euros sur le seul mois de mai, c'est ça la réalité. Et depuis le début de la crise, c'est 90 millions, c'est considérable", a-t-elle dit.
La ministre a également rappelé que le GNR utilisé par les agriculteurs pour leurs tracteurs bénéficie d'un soutien fiscal de 1,3 milliard d'euros par an. "La France compense intégralement les droits d'accises (la fiscalité indirecte, ndlr) sur le GNR. Il y a peu de pays qui le font", a-t-elle souligné.
Le ministère des Transports a par ailleurs indiqué le 22 avril au soir qu'"une réunion (était) prévue le 24 avril" au ministère "avec les fédérations de taxis pour travailler sur les mesures adaptées à mettre en place dans le cadre cette crise".
Ces organisations s'étaient émues plus tôt d'être sans nouvelles de cette consultation qui devait être lancée "dans les prochains jours" sur les modalités d'aides à la profession.
AFP/VNA/CVN



