14/06/2017 15:06
Le Premier ministre finlandais Juha Sipilä a annoncé mardi 13 juin une nouvelle coalition pour continuer à gouverner, mettant un terme à la crise née de l'élection à la tête du parti des Vrais Finlandais d'un homme condamné pour propos racistes.
>>La Finlande à la recherche d'une nouvelle coalition

Le Premier ministre finlandais Juha Sipilä, le 13 juin en Finlande.
Photo : AFP/VNA/CVN

Les Vrais Finlandais (anti-immigration) ont implosé le même jour, se scindant entre les fidèles à leur nouveau président - le controversé Jussi Halla-aho - et des frondeurs qui ont annoncé la création d'une nouvelle formation, Nouvelle Alternative.

Au pouvoir depuis mai 2015 avec les conservateurs et les Vrais Finlandais, M. Sipilä, un centriste, a très rapidement réglé la crise politique.

"Le gouvernement dans sa forme actuelle continuera avec le programme gouvernemental actuel", a déclaré le chef de gouvernement centriste lors d'une conférence de presse à Helsinki.

Il garde les mêmes ministres, dont cinq anciens Vrais Finlandais qui refusent la ligne radicalement anti-immigration et anti-européenne de M. Halla-aho.

Celui-ci apparaît comme un perdant de la crise. Il se retrouve à la tête d'un parti beaucoup plus petit que celui qui l'avait élu président samedi 10 juin.

Il a dénoncé la trahison de ses anciens camarades. "C'était probablement préparé. Ceux qui ont préparé cette défection avaient probablement aussi discuté avec les autres partis de gouvernement", a-t-il déclaré à la télévision Yle.

"Je m'attendais à ce qu'un ou quelques députés puissent prendre cette décision, mais je ne pouvais pas prévoir une telle vague", a-t-il ajouté, promettant de rebâtir sa formation en vue des prochaines échéances électorales.

Le président finlandais Sauli Niinistö, le 12 juin en Finlande.
Photo : AFP/VNA/CVN
Mardi matin 13 juin encore, M. Sipilä semblait privilégier une démission de son gouvernement. Mais alors qu'il devait la remettre au président Sauli Niinistö dans l'après-midi, il y a renoncé.

Coup de théâtre

C'est un coup de théâtre qui a tout changé. Sur les 37 députés Vrais Finlandais, 20 d'entre eux ont annoncé à la mi-journée qu'ils fonderaient Nouvelle Alternative. Leur nombre est ensuite monté à 22.

"Aujourd'hui nous ne sommes pas politiciens, mais au service de la Nation. Je suis là pour les électeurs, pas pour le millier de personnes qui a pris le contrôle du parti" des Vrais Finlandais, a expliqué lors d'une conférence de presse un de ces députés frondeurs, Simon Elo.

Les élus Nouvelle Alternative sont en nombre suffisant pour permettre une majorité absolue avec les centristes et les conservateurs.

M. Sipilä a annoncé qu'il demanderait au Parlement de voter dans les prochains jours la confiance au nouveau gouvernement.

Le ministre des Finances et président du parti conservateur, Petteri Orpo, a salué l'initiative des frondeurs. "Je me demandais s'il y aurait beaucoup de gens qui partiraient, mais la façon et le nombre m'ont enchanté. Une décision respectable et courageuse", a-t-il écrit sur Twitter.

Les Vrais Finlandais et Nouvelle Alternative, qui devrait changer de nom quand il sera fondé, vont désormais rivaliser pour conquérir un électorat amoindri.

Un sondage publié jeudi 8 juin par la télévision publique Yle, avant la scission, créditait les Vrais Finlandais de seulement 9% des intentions de vote, soit la cinquième position, alors qu'aux législatives de 2015 ils étaient arrivés deuxième avec 17,7% des suffrages.

En 2008 sur son blog, M. Halla-aho avait dénoncé l'islam et la communauté somalienne dans des propos insultants. Ces écrits lui avaient valu une amende pour incitation à la haine raciale et blasphème, dans une affaire qui est allée jusqu'à la Cour suprême en 2012.
 
AFP/VNA/CVN



 
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