06/11/2016 14:28
Entrés dans la toute dernière ligne droite d'une campagne hors-norme, Hillary Clinton et Donald Trump ajoutaient des meetings dans l'urgence pour tenter de grappiller quelques voix dans une présidentielle américaine qui tient le monde en haleine.
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Hillary Clinton, candidate à la Maison Blanche, lors du premier meeting commun depuis la fin effective de la course à l'investiture démocrate, prévu mardi 8 novembre. Photo : AFP/VNA/CVN 

Signe d'une certaine fébrilité dans le camp démocrate, la candidate de 69 ans, qui espère devenir la première femme élue à la présidence des États-Unis, a annoncé un arrêt dans le Michigan, État remporté facilement par Barack Obama en 2008 et 2012. Elle a aussi prévu un ultime rassemblement électorale en Caroline du Nord le même jour à... minuit, soit quelques heures de l'ouverture des bureaux de vote sur la côte Est.

Appelant à la mobilisation dans "le sprint final", l'ancienne Première dame a affiché sa confiance samedi soir 5 novembre à Philadelphie lors d'un concert de la chanteuse Katy Perry en son honneur. "Je suis convaincu que nous allons envoyer un message, de l'Est à l'Ouest et du Nord au Sud, sur qui nous sommes en tant que pays".

L'homme d'affaires populiste de 70 ans enchaînera lui cinq meetings dimanche 6 novembre, puis quatre lundi 7 novembre. Fidèle à sa ligne, rejetant les favorables quand ils lui sont défavorables, les brandissant quand ils lui sourient, il a assuré samedi que la victoire était en vue. "Nous sommes à trois jours du changement que vous avez attendu toute votre vie", a lancé à la foule M. Trump à Wilmington, en Caroline du Nord, où sa femme Melania a aussi pris la parole.

Quelques heures plus tard, Donald Trump a été évacué de la scène par le service de sécurité lors d'un meeting à Reno (Nevada, Ouest). Après avoir été mis à l'abri après un incident dont la nature n'était pas connue immédiatement, M. Trump est revenu sous les acclamations de la foule, déclarant: "Personne n'a dit que ce serait facile pour nous. Je veux remercier le Secret Service". Un suspect a aussitôt été interpellé.

Légère avance pour Hillary

La course folle des deux candidats vers la Maison Blanche touche à sa fin, après avoir stupéfié le monde entier par ses rebondissements, ses outrances et ses controverses. Selon le site RealClearPolitics, la moyenne des sondages nationaux donnait samedi 6 novembre une avance de 2.3% pour Hillary Clinton (45% contre 42,7% pour Trump) au niveau national, et une avance de 1,2% pour la démocrate en Floride.

Donald Trump que très peu de gens avaient pris au sérieux en juin 2015 quand il avait lancé sa candidature au pied de sa tour à New York, qui a cent fois semblé plombé par des polémiques, a à chaque fois déjoué les pronostics. D'où l'inquiétude légitime dans le camp de Mme Clinton, l'expérimentée technocrate à l'image entachée par une enquête policière sur ses emails relancée 12 jours avant le scrutin du 8 novembre.

Pour l'ex-Première dame et ancienne secrétaire d'État, aux réseaux politiques cultivés depuis 30 ans, la tactique des dernières 72 heures est claire: ne rien lâcher dans les États pivots décisifs pour la victoire. Pour Trump, le défi s'annonce encore plus difficile: remporter une ribambelle de ces États-clés en ralliant notamment les électeurs de l'Amérique rurale et éventuellement parvenir à renverser en sa faveur un État penchant traditionnellement du côté démocrate.

D'où le retour samedi matin 6 novembre en Floride des deux adversaires: la péninsule ensoleillée du Sud-Est des États-Unis a souvent été décisive pour la présidentielle américaine. Elle apportera 29 grands électeurs à qui la gagnera. Le magnat populiste compte sur les légions de retraités établis là-bas, Mme Clinton veut y séduire l'important électorat hispanique.

Donald Trump, le candidat du Parti républicain à la Maison-Blanche.
Photo : AFP/VNA/CVN

'Bande de tocards'

Après avoir bénéficié vendredi soir 4 novembre du soutien des superstars Beyoncé et Jay Z, dans un grand concert à Cleveland, bastion démocrate de l'Ohio, Hillary Clinton est montée sur scène samedi 6 novembre à Miami. Mais le "Sunshine State" a mal justifié son surnom, lui réservant un déluge. La candidate a interrompu son discours au bout de sept minutes.

Quelques instants après, elle reprenait sa campagne avec une conférence téléphonique adressée aux jeunes. "Tout le monde sur le pont ces trois prochains jours", a lancé Mme Clinton, qui a toutefois un rythme de réunions de campagne moins dense que son rival. Donald Trump a affirmé samedi avoir rassemblé la veille à Hershey, en Pennsylvanie, davantage de monde que Jay Z, dont il a raillé le langage.

"Je ne peux même pas me référer à (ces gros mots) par leurs initiales, cela m'attirerait des problèmes", a-t-il déclaré. Il a assuré avoir réuni 27.000 supporteurs dans une salle ne pouvant contenir que 12.500 personnes. Au sujet de l'actuelle offensive sur le bastion jihadiste de Mossoul, M. Trump a de nouveau critiqué que cette opération ait été annoncée à l'avance.

"Tant pis pour l'effet de surprise. Quelle bande de tocards nous avons", a-t-il jugé, sans craindre apparemment de choquer les militaires.


AFP/VNA/CVN
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