Vivre jusque "100 ans": ce qu'il faut savoir sur le microbiote intestinal et les aliments à consommer pour le cultiver

Avoir un microbiote intestinal équilibré peut permettre d'allonger l'espérance de vie humaine. À l'inverse, "en cas de déséquilibre de la flore intestinale, le corps est plus sensible aux infections et risque de développer une inflammation", explique le gastro-entérologue William Berrebi.

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Et si le secret de la fontaine de jouvence se trouvait au fond de nos intestins? Plus exactement, dans notre microbiote intestinal. Ce micro-organisme serait le véritable cerveau de notre corps. Bien nourri, bien entretenu, il permettrait de rallonger considérablement notre durée de vie tout en nous gardant en bonne santé.

Renu Dasi, 106 ans, sourit à Saanvi Dagur, 5 mois. Le microbiote intestinal permettrait de rallonger considérablement notre durée de vie selon le Docteur William Berrebi, auteur de "Vivez 100 ans grâce à votre microbiote".
Photo : AFP/VNA/CVN

"Il tient un bien plus grand rôle dans l'équilibre de notre santé que le système nerveux central. Le cerveau nous permet de réfléchir, d'avoir des sentiments, mais finalement ce n'est pas lui qui dirige notre organisme", explique le gastro-entérologue français William Berrebi, auteur de l'ouvrage Vivez 100 ans grâce à votre microbiote (Harper Collins).

"C'est le tube digestif qui régule le cerveau"

Notre tube digestif contient près de 100 milliards de bactéries. Elle se répartissent en deux groupes : la flore "commensale" ou "amie" et la flore dite "pathogène", composée de microbes nuisibles à notre santé. Les bactéries "intelligentes", qui ont des supers pouvoirs, sont elles au nombre de 39.000 milliards et "se comportent comme de vrais ordinateurs microscopiques ultrapuissants, en interconnexion permanente avec les autres organes du corps humains, notamment le cerveau, le foie, la peau etc.", explique le Docteur William Berrebi.

Le microbiote intestinal agit par exemple sur le cerveau en produisant des hormones qui contribuent à notre bien-être mental et influent sur notre humeur. La sérotonine, un neurotransmetteur également appelé ''hormone du bonheur", est fabriquée à 90% par l'intestin et non pas par le cerveau. "C'est le tube digestif qui régule le cerveau et le système nerveux central, pas l'inverse", continue le gastro-entérologue.

Une alimentation riche en végétaux et en oméga-3, au cœur de la médecine microbiotique.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Avec les années, les cellules immunitaires, les lymphocytes, réagissent plus lentement, avec moins de puissance et d'efficacité à une agression par une substance étrangère, que ce soit une bactérie ou une cellule cancéreuse", détaille William Berrebi. Et c'est notre microbiote qui peut faire la différence, puisque 80% des cellules de l'immunité se trouvent dans l'intestin.

Si l'intestin se trouve affecté par une inflammation, le microbiote intestinal en est perturbé. Grâce à la présence des bactéries "amies", le microbiote a le pouvoir essentiel d'agir comme une barrière contre les agressions. Il permet à l'organisme de vivre en harmonie avec les bactéries utiles, mais doit aussi être en mesure de détruire les bactéries pathogènes.

"En cas de déséquilibre de la flore intestinale, le corps est plus sensible aux infections et risque de développer une inflammation, dans des organes situés à distances de l'intestin, dans le cerveau par exemple", précise le gastro-entérologue. En revanche si vous avez un microbiote équilibré et résilient, le corps est plus résistant aux infections et fera gagner de nombreuses années de bonne santé.

Objectif: conserver un microbiote de trentenaire!

C'est le cas des habitants des cinq zones bleues de la planète, des régions du monde où le vieillissement humain est retardé. Ces zones qui se trouvent à Okinawa au Japon, à Nicoya au Costa Rica, dans six villages de Sardaigne, à Ikaria en Grèce et dans la province du Guangxi en Chine, ont la particularité de concentrer le pourcentage le plus élevé de centenaires dans le monde.

La forêt subtropicale du parc national de Yambaru, prise depuis le lac Funga à Kunigami, sur l'île d'Okinawa, au sud du Japon. 
Photo : AFP/VNA/CVN

Ces régions montagneuses et relativement isolées, ont en commun d'être des zones ensoleillées et aérées. Les régimes alimentaires y sont différents, mais tous basés sur les produits locaux, d'origine végétale, avec de la viande, du poisson ou du fromage seulement en petite quantité. Ces populations partagent un même mode de vie, sain, avec une activité physique au-delà de 80 ans, sans stress, avec des liens familiaux et sociaux étroits.

Les chercheurs ont découvert que ces centenaires disposaient d'un microbiote intestinal de jeunes gens. "En temps normal, après 65 ans, le microbiote devient moins varié, avec moins d'espèces différentes de bactéries et un taux de mauvaises bactéries qui augmentent", explique William Berrebi.

"Le microbiote d'un centenaire en pleine forme ressemble plus à celui d'un trentenaire qu'à celui d'une personne âgée malade", poursuit-il, "c'est ce qu'on appelle la lutte contre 'l'inflamm-aging', cette inflammation chronique qui nous fait vieillir trop vite".

Idées reçues sur les produits laitiers ou le café

Le gastro-entérologue n'hésite pas à qualifier la médecine microbiotique de "révolution médicale du XXIe siècle". Il préconise d'adopter une alimentation riche en végétaux, légumes, légumineuses et en fruits, d'assaisonner ses plats avec des huiles riches en omega-3, de consommer des céréales et du pain complets ainsi que des oléagineux. Les aliments ultra-transformés sont en revanche à "bannir" et le sucre doit être réduit drastiquement.

Produits laitiers, café, bière et vin ne seraient en revanche pas forcément à exclure, selon le gastro-entérologue. Source de calcium, les produits laitiers contiennent des probiotiques qui font diminuer le risque d'obésité ou de cancer du côlon.

Le café, et particulièrement l'expresso, serait également transformés par le microbiote intestinal en des molécules dotées de propriétés anticancéreuses. Enfin, la bière et le vin peuvent aider à la croissance de probiotiques et donc induire des effets bénéfiques, s'ils sont consommé avec extrême modération.

AFP/VNA/CVN

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