>> France : l'inflation monte à 2,4% en août sur un an, selon l'Insee
>> France : en Bretagne, Bolloré stoppe la production de ses bus électriques
![]() |
| Cette photographie montre la façade du siège de la Banque de France à Paris, le 10 juillet. |
| Photo : AFP/VNA/CVN |
"La croissance 2026 sera relativement modeste (...), mais ce n'est sûrement pas une année de décrochage de l'économie française", a affirmé mardi 15 septembre Xavier Debrun, économiste en chef de la Banque de France.
"Si on me parle de décrochage, moi, je songe à une économie qui subitement part à la dérive, et où, structurellement, il y a un problème. Je ne crois pas que la structure de l'économie française ait fondamentalement changé" par rapport au mois de juin, a-t-il assuré.
Cependant, cette croissance du produit intérieur brut (PIB) révisée en baisse de 0,1 point, à 0,4%, est une mauvaise nouvelle pour les finances publiques de la France, dont le gouvernement est confronté à la difficile tâche de confectionner un budget pour 2027, année d'élection présidentielle.
"La moindre croissance rend l'équation budgétaire plus compliquée. Elle a un effet mécanique sur la dégradation du déficit", a souligné le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, dans une interview à Ouest-France.
Mais "l'important pour les observateurs est d’avoir une trajectoire de réduction des déficits qui est crédible", a-t-il ajouté.
Canicule
La légère révision en baisse de la prévision de croissance 2026 tient d'abord à une croissance plus faible au premier trimestre que celle qui avait été initialement publiée, indique la banque centrale française dans un rapport.
Outre le choc énergétique lié au conflit au Moyen-Orient, pèsent également sur l'activité "la faible progression de la consommation des ménages", un investissement privé "moins dynamique" et une faible contribution du commerce extérieur.
Enfin, selon la Banque de France, les sécheresses et canicules de l'été ont eu, "pour le moment", un impact de 0,05 point de pourcentage sur la croissance, a indiqué Xavier Debrun. Ce chiffre pourrait monter à 0,1 point sur l'année.
Il a toutefois tenu à souligner que l'économie française faisait "preuve de résilience".
Alors que l'Insee a jugé jeudi, dans ses prévisions de croissance, que l'économie française allait "à rebours de ses voisins" et avait "décroché" ces derniers mois par rapport au reste de l'Europe, les économistes de la Banque de France voient surtout des "mauvaises surprises" de nature conjoncturelle.
Ils notent également la forte croissance de l'Irlande, qui pèse à hauteur de 0,3 point sur les 0,6 point de croissance de la zone euro.
Autre élément à prendre en compte, une différence de méthodologie dans le traitement de l'agriculture entre l'Insee et les autres instituts statistiques nationaux, ce qui peut "induire une anticipation" plus rapide "de l'effet des vagues de chaleur" par rapport au reste de l'Europe, a précisé l'économiste Camille Thubin.
"À cela, j'ajouterais aussi un effet lié au secteur de la construction : en France, on vient de passer les élections municipales, ce qui fait qu'on se retrouve un petit peu au creux de l'investissement public", a-t-il expliqué.
AFP/VNA/CVN


