Une alternative pour sortir de l’engrenage des jeux vidéo

Créée en 2009, IVS est une école pas comme les autres. Elle accueille des enfants en difficulté, notamment ceux qui sont dépendants aux jeux vidéo. Une adresse de confiance pour les parents.

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«Il est arrivé un moment où je pensais que si je ne jouais pas, je mourrais. Je faisais des nuits blanches et le matin, je dormais en classe. Depuis que je fréquente IVS, je me rends compte des conséquences de l’addiction aux jeux vidéo et je comprends le mal que j’ai pu causer à ma famille»
. Hoàng Kiêu Linh, 16 ans, est originaire de Hanoi. Elle fréquente l’établissement, qui est aussi un internat, depuis quelques mois. Sa famille l’a transférée de Hanoi à Hô Chi Minh-Ville pour qu’elle se soigne. «J’ai commencé à jouer alors que j’étais lycéenne. Mes parents possédaient un ordinateur. J’ai essayé», précise-t-elle.

L’école IVS aide les élèves dépendant aux jeux video à se remettre sur pied en leur offrant un environnement qui permettra leur guérison.
Photo : Dang Lê Anh/CVN

Jusqu’à 20 heures de jeux par jour

Alors qu’elle est «addict» aux jeux vidéo, ses résultats scolaires sont en chute libre. Son état de santé se dégrade, elle devient de plus en plus maigre et fait fi des conseils de ses parents. Ils décident de l’envoyer à l’école IVS de Bac Ninh. Un mois plus tard, elle comprend que l’excès de jeux vidéo ne mène à rien et décide de partir pour Hô Chi Minh-Ville afin de se soigner durablement.

Vo Minh Kiên, 15 ans, domicilié dans l’arrondissement de Go Vâp (Hô Chi Minh-Ville), fréquente lui aussi l’école depuis environ un mois. «Voilà deux ans que je suis dépendant aux jeux vidéo. Chaque jour, mes parents me donnaient 50.000 dôngs. J’utilisais une partie pour acheter de la nourriture bon marché et je gardais le reste pour les jeux vidéo». Et d’ajouter : «À IVS, les activités sont nombreuses. Cela me permet d’oublier les jeux vidéo».

L’élève le plus âgé du centre est Nguyên Van Huy, de la ville de Vung Tàu (province de Bà Ria-Vung Tàu, Sud). L’homme, maigre et au peint pâle, ne fait pas son âge, bien qu’il ait plus de 30 ans. Ancien étudiant en Russie, il avait décroché un emploi stable avec un revenu qui lui permettait de vivre confortablement. Mais chaque jour, il jouait en moyenne 20 heures. Dans le centre, il possède son propre appartement. Les enseignants espèrent ainsi qu’il parviendra à se passer totalement de jeux vidéo.

«Lorsqu’il est arrivé à l’école, une simple brise aurait pu le faire tomber, se souvient Pham Quang Long, créateur de l’école IVS. Les jeux vidéo peuvent transformer un homme talentueux et en bonne santé en zombie. C’est terrible».

Accès à Internet interdit

L’école IVS dépend de l’Institut des études et du développement de Vovinam et de sports de l’Union des associations des sciences et techniques du Vietnam. Créée en 2009, elle a son siège dans la province de Bac Ninh (Nord). Une filiale a été ouverte à Hô Chi Minh-Ville en mars dernier.

L’école IVS aide les élèves dépendant aux jeux video à se remettre sur pied en leur offrant un environnement qui permettra leur guérison.
Photo : Dang Lê Anh/CVN

«IVS reçoit des élèves en difficulté. Ceux qui ne fréquentent pas les bancs de l’école, découchent pour se livrer à des courses de motos, des jeunes qui n’ont plus les pieds sur terre, mais aussi des jeunes +addict+ aux jeux vidéo. Tous les élèves sont traités de la même manière. S’ils arrivent ici, c’est qu’ils n’ont pas bénéficié d’un environnement social propice ou d’une bonne éducation», dit Dang Lê Anh, directeur.

Au total, 300 élèves fréquentent l’école à Bac Ninh et 70 à Hô Chi Minh-Ville.


L’école IVS en quelques mots
  Siège : Université d’éducation physique et des sports de Bac Ninh (rue Nguyên Van Cu, quartier de Trang Ha, chef-lieu de Tu Son, province de Bac Ninh).
Filiale au Sud : Université de l’éducation physique et des sports de Hô Chi Minh-Ville (arrondissement de Thu Duc).
Frais d’études : 6 millions de dôngs/mois

Parmi eux, 70% ont un usage problématique des jeux vidéo, à différents niveaux. La plupart sont âgés de 11 à 17 ans. Ils suivent un enseignement général et fort du sport. Ils sont soumis à une discipline militaire et revêtent d’ailleurs des uniformes aux couleurs kaki. Des activités extrascolaires sont organisées pour qu’ils se familiarisent avec de nouvelles occupations. Ils n’ont pas accès à Internet. Tous les deux jours, ils peuvent regardent la télévision, mais pour une durée limitée.

«Les gros joueurs (hardcore gamers en anglais) ont le corps qui penchent d’un côté. Ils bougent peu, leurs muscles sont faibles. Avant qu’ils se mettent au sport, il faut leur masser les muscles», détaille Van Anh, responsable des élèves à Hô Chi Minh-Ville.

«Notre plus belle récompense est le regard des parents lorsqu’ils viennent voir leurs enfants et mesurent les progrès accomplis», partage Dang Lê Anh. à l’image d’un jeune garçon du Thai Nguyên (Nord), qui a piraté le réseau informatique, désactivé les caméras, supprimé les archives et s’est enfui. Grâce aux efforts des enseignants et de ses parents, il est revenu et rencontre désormais du succès dans ses études. Il a réussi le concours d’entrée universitaire à Hanoi. Actuellement, il travaille avec ses amis à la création d’un logiciel pour apprendre l’anglais et l’informatique.

Quê Anh/CVN

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