07/10/2012 16:38
Situé à proximité de l’ancienne cité de Hôi An, le village de Thanh Hà doit sa prospérité à ses céramiques originales.

Ville de Hôi An (province de Quang Nam, Centre), ville de tourisme. On voit ici et là sur le trottoir des dames au chapeau conique portant chacune un panier plat sur lequel sont étalées des petites figurines d’animaux en terre cuite, couleur brique. De temps en temps, un curieux s’arrête pour contempler les petits animaux. «Ce sont les douze animaux du zodiaque : rat, buffle, tigre, chat, dragon, serpent, cheval, bouc, singe, coq, chien et cochon. Vous êtes né sous quel signe ? Choisissez l’animal qui correspond à votre âge», propose la vendeuse avec un sourire sympathique. Ces figurines font partie des produits de marque «Thanh Hà», un village de céramique situé à proximité de l’ancienne cité de Hôi An.

L’octogénaire Lê Thi Chiên s’est vu décerner le titre d’«Artisane émérite de Thanh Hà», lors du Festival de la céramique du Vietnam en 2010. Photo : CTV/CVN


Ce village situé au bord du fleuve Thu Bôn vaut le détour. «Le métier de céramiste a pris racine ici il y a 500 ans. Après des hauts et des bas, le métier a trouvé un second souffle ces dernières années grâce à l’afflux de touristes», confie Lê Thi Chiên, 80 ans, la doyenne des artisans de Thanh Hà. Avec ses 65 ans d’ancienneté, elle s’est vue décerner le titre d’«Artisane émérite de Thanh Hà», lors du Festival de la céramique du Vietnam en 2010.

Méthode artisanale

Le village compte une dizaine d’ateliers employant une centaine d’artisans. Ils produisent chaque année environ 400.000 articles pour une valeur totale de 600 millions de dôngs, ce qui est beaucoup pour une localité agricole.

«Le village est resté fidèle à la production artisanale de jadis, avec comme outil principal le tour de potier», révèle Lê Thi Chiên, qui a transmis toutes les ficelles de ce métier à la quasi-totalité des artisans du coin. Selon elle, la production nécessite de suivre des règles strictes, depuis la préparation de l’argile, le modelage des articles, le tracé des motifs ornementaux, jusqu’à la cuisson. «L’argile doit être achetée au district de Diên Bàn. Elle est ensuite malaxée jusqu’à ce qu’elle devienne fine et souple. Les ébauches doivent être séchées au soleil, avant de procéder au tracé des motifs. Et enfin, la cuisson, réglée à une température appropriée selon le type d’article, doit durer 24 heures».

À côté de son atelier, un espace de 200 m² sert de salle d’exposition où sont entreposés animaux, vases, flacons à alcool, théières, vaisselle, marmites, abat-jour…tous d’une beauté raffinée et vivante.

L’artisane octogénaire informe, non sans une certaine fierté, que le Département de la propriété intellectuelle (ministère des Sciences et des Technologies) vient de reconnaître le label «céramique de Thanh Hà-Hôi An». Mme Nina Howard, une experte de l’UNESCO, a fait récemment une tournée d’inspection afin d’établir un plan de conservation de ce village cinq fois centenaire.

Nghia Dàn/CVN


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