Un "bouclier" juridique pour les données

Le développement rapide du commerce électronique, de l'économie numérique et la multiplication des accords de libre-échange (ALE), en particulier ceux de nouvelle génération, ont permis aux particuliers et aux entreprises vietnamiennes d'étendre leurs activités aux marchés internationaux.

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Chaque individu et chaque organisation doivent se concentrer sur les solutions de protection des données dans l'économie numérique.
Photo : ND/CVN

Cette ouverture s'accompagne toutefois de nouveaux défis juridiques liés à la protection des droits des personnes et des organisations, notamment en matière de données, qui exigent une adaptation rapide du cadre législatif.

Risque élevé de fuite de données

Selon le Dr Trân Anh Tuân, du Département du droit international et du règlement des différends en matière d'investissement international du ministère de la Justice, l'essor des échanges commerciaux, financiers et des services transfrontaliers accroît les risques de fuite de données, d'escroqueries en ligne, de cyberattaques, d'atteintes à la vie privée et d'autres risques juridiques complexes.

Dans le domaine des paiements internationaux, les menaces sont nombreuses : fraude et usurpation d'identité, intrusion dans les systèmes au moyen de logiciels malveillants pour modifier des numéros de compte ou chiffrer les données afin d'exiger une rançon, piratage de comptes, fraude aux transactions ainsi que fuite de données personnelles et d'informations financières.

Au Vietnam, les fuites, le commerce illicite et l'utilisation frauduleuse des données personnelles prennent une ampleur croissante, menaçant les droits et intérêts légitimes des particuliers et des organisations, ainsi que la sécurité nationale dans l'environnement numérique.

Au premier trimestre 2026, plus de 6,9 millions de comptes ont été compromis, soit deux fois plus qu'à la même période de 2025. Les escrocs exploitent ensuite ces informations pour élaborer des scénarios d'usurpation d'identité de plus en plus sophistiqués, notamment en se faisant passer pour des proches afin de manipuler leurs victimes et de leur soutirer de l'argent.

Selon le Département de la cybersécurité et de la lutte contre la criminalité utilisant les hautes technologies (A05) du ministère de la Sécurité publique, plus de trente formes de cybercriminalité sont actuellement recensées au Vietnam. Les escroqueries en ligne exploitent le plus souvent les données personnelles avant de procéder au détournement des biens des victimes.

Mettre en place un mécanisme de gouvernance des risques

Face à cette situation, la protection des droits et des intérêts légitimes des particuliers et des organisations vietnamiennes dans les transactions transfrontalières est devenue une priorité. La Résolution n°66-NQ/TW sur la réforme de l'élaboration et de l'application des lois fixe l'objectif d'adapter le droit à l'environnement numérique, de favoriser l'innovation tout en garantissant la sécurité des données et les intérêts nationaux.

Ce texte constitue une base politique majeure pour faire évoluer le modèle vietnamien de gestion des données, en passant d'une approche purement administrative à une gouvernance fondée sur l'évaluation des risques, la responsabilité des acteurs et le contrôle des technologies.

Le vice-ministre de la Justice, Nguyên Thanh Tu, souligne que les données sont désormais une ressource stratégique déterminant la compétitivité nationale et façonnant un nouvel ordre de développement. Le Vietnam doit donc mettre en place un système de gouvernance permettant à la fois de maîtriser les risques, de prévenir les abus et les dérives liées à une "dictature numérique", tout en exploitant pleinement les avancées technologiques au service du développement socio-économique, de l'amélioration de la qualité des produits et des services ainsi que du renforcement de la compétitivité des entreprises vietnamiennes.

S'agissant des données personnelles, l'avocat Nguyên Trong Hiêu, du cabinet Asia Legal, estime que la législation vietnamienne sur la protection des données personnelles devrait s'appuyer avant tout sur une approche fondée sur les droits de l'homme dans l'environnement numérique, plutôt que sur une logique centrée sur la cybersécurité et la gestion de l'information en ligne.

Il préconise également de passer d'une logique de contrôle administratif à une gouvernance des données fondée sur les risques et les droits fondamentaux, tout en instaurant des mécanismes plus souples pour encadrer les flux transfrontaliers de données.

VNA/CVN

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