Trump menace de bombarder centrales et ponts iraniens

À chaque attaque de navire dans le détroit d'Ormuz, au cœur des tensions entre Téhéran et Washington, les États-Unis répliqueront par des frappes sur des infrastructures civiles iraniennes, a averti mercredi 22 juillet Donald Trump, malgré le très élevé coût du conflit.

>> Conflit au Moyen-Orient: les derniers développements

>> Les forces américaines frappent l'Iran pour la 11e nuit consécutive

>> États-Unis : le conflit contre l'Iran a coûté 37,5 milliards de dollars

Cette capture d'écran prise le 22 juillet depuis une vidéo fournie par le Central Command (CENTCOM) américain le 21 juillet montre les États-Unis lançant des frappes de précision sur des cibles militaires iraniennes.
Photo : AFP/VNA/CVN

Les hostilités, qui ont repris le 7 juillet, ont réveillé les inquiétudes des marchés sur l'approvisionnement en hydrocarbures alors que le stratégique détroit est de nouveau verrouillé par l'Iran et que les ports saoudiens sont sous la menace d'un blocus des houthis  yéménites.

Le baril de Brent, référence internationale, est monté mercredi 22 juillet au-dessus des 95 dollars pour la première fois depuis près de six semaines, loin de l'accalmie qui avait suivi la signature d'un protocole d'accord mi-juin entre Washington et Téhéran.

Les bombardements américains se succèdent désormais sur le sol iranien, et le marasme économique s'accentue dans un pays affaibli par des décennies de sanctions internationales.

"Nous avons encore du mal à subvenir à nos besoins les plus élémentaires et maintenant nous devons en plus faire face aux ravages du conflit", se désespère Aïda, une brodeuse de 34 ans d'Iranshahr (Sud-Est) jointe par l'AFP à Paris, déplorant l'inflation, la pauvreté et "les missiles sur nos villes chaque nuit".

En début d'après-midi mercredi 22 juillet, un missile américain a touché l'île de Larak, située dans le détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence de presse iranienne Fars, précisant que les autorités tentaient de déterminer "l'étendue des dégâts potentiels". La télévision d'État a de son côté signalé des explosions sur l'île ainsi qu'à Sirik, ville portuaire du Sud de l'Iran.

Dans la nuit, la grande ville de Tabriz (Nord-Ouest) et la province du Khouzestan, proche du Golfe, avaient été ciblés, selon des médias officiels iraniens, tandis que des explosions étaient rapportées à Bouchehr (sud-ouest), où se trouve la seule centrale nucléaire du pays.

Des sirènes d'alerte ont également retenti dans la capitale Téhéran et la défense antiaérienne a été activée.

Plus de 37 milliards

Le président américain a assuré mardi 21 juillet n'en avoir "pas fini du tout" avec l'Iran.

Un navire croise dans le détroit d'Ormuz, au large des côtes des Émirats arabes unis, à Khor Fakkan, le 13 juillet .
Photo : AFP/VNA/CVN

Déclenchée le 28 février par des bombardements israélo-américains, le conflit est pourtant impopulaire aux États-Unis : selon le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, elle a déjà coûté 37,5 milliards de dollars. Il a défendu mardi 21 juillet la demande du gouvernement d'une rallonge budgétaire de 67 milliards de dollars pour le Pentagone, jugée "urgente" et "nécessaire".

Au cœur du différend, le contrôle de Téhéran sur Ormuz: la République islamique n'autorise qu'un itinéraire, le long de ses côtes, menaçant de s'en prendre à tout navire contrevenant, et veut instaurer des frais de service.

"À partir de maintenant, chaque fois que la République islamique d'Iran tirera sur un navire dans le détroit d'Ormuz (...), les États-Unis bombarderont et détruiront UN PONT OU UNE CENTRALE ELECTRIQUE, y compris ceux situés près de, ou dans, la capitale Téhéran", a lancé mercredi sur sa plateforme Truth Social le président américain.

"Nous restons ouverts à la diplomatie", a souligné de son côté le secrétaire d'État, Marco Rubio, auprès de journalistes, en marge d'une réunion à Manille. "Mais pour l'heure, (les Iraniens) ne semblent pas prendre cela au sérieux".

Plus tôt, il s'était inquiété d'un "très dangereux précédent" en cas de maintien du contrôle de l'Iran sur Ormuz.

Depuis la reprise du conflit, qui a fait voler en éclats le cessez-le-feu arraché en avril, l'Iran a resserré son étau sur cette voie stratégique, par laquelle transitait avant la tension un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures.

Menaces des Houthis

En représailles aux frappes américaines, l'Iran riposte chaque jour en attaquant des pays alliés à Washington dans la région.

En Jordanie, l'armée a intercepté des missiles et des drones iraniens, tandis que les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de Téhéran, a dit y avoir visé des bases américaines. En conséquence, l'Union européenne (UE) a déconseillé aux compagnies aériennes européennes de survoler la Jordanie.

Des sirènes d'alerte ont aussi retenti à Bahreïn, où un correspondant de l'AFP a entendu une explosion.

De l'autre côté de la péninsule arabique, les houthis yéménites ont annoncé, après des échanges de tirs la semaine dernière, un blocus des ports d'Arabie saoudite, premier exportateur de pétrole brut au monde. Comme pendant la guerre de Gaza, quand ils avaient mené des attaques de drones et de missiles dans la zone.

Le cabinet de sécurité maritime Vanguard Tech a identifié mardi 21 juillet pour la première fois au moins deux navires chargés de brut saoudien faisant demi-tour en mer Rouge.

Le Pakistan, pays médiateur entre Téhéran et Washington et où s'est rendu en début de semaine le ministre de l'Intérieur iranien, s'est dit "profondément inquiet des tentatives visant à entraîner le Royaume d'Arabie saoudite dans le conflit".

AFP/VNA/CVN

Rédactrice en chef : Nguyễn Hồng Nga

Adresse : 79, rue Ly Thuong Kiêt, Hanoï, Vietnam

Permis de publication : 25/GP-BTTTT

Tél : (+84) 24 38 25 20 96

E-mail : courrier@vnanet.vn, courrier.cvn@gmail.com

back to top