26/09/2020 09:00
Tang Liên, une femme d’ethnie Dao Thanh Y vivant à Quang Ninh, a créé ses propres chaînes YouTube. À travers ses vidéos, elle cherche à promouvoir la culture de son ethnie, tant à l’intérieur qu’au-delà des frontières nationales.
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La youtubeuse Tang Liên. 

En surfant sur YouTube, il vous suffit de taper les mots-clés "Liên Quang Ninh" (Liên de Quang Ninh), "Liên núi rung xanh" (Liên de montagnes et forêts verdoyantes) ou "Liên hoa vùng núi" (Liên, fleur de montagne), et vous trouverez un nombre important de vidéos consacrées à l’ethnie Dao Thanh Y dont l’auteure et animatrice est une quinquagénaire, Tang Liên.

"Liên Quang Ninh", sa première chaîne, a été créée sur la plateforme vidéo le 6 septembre 2018. Elle compte désormais plus de 500 clips et quelque 3.300 abonnés. Ses deux autres chaînes, "Liên núi rung xanh" et "Liên hoa vùng núi", recensent chacune plus d’un millier d’abonnés. Parmi eux, des étrangers du monde entier qui apprécient le dépaysement en quelques clics offert par ces clips.

Des débuts difficiles

Pour les youtubeurs des grandes villes, ces chiffres semblent modestes mais pour une femme issue d’une ethnie minoritaire vivant en zone de montagne, avec donc des limitations en termes d’accès aux technologies de l’information, ils relèvent vraiment de l’exploit. 

"Lorsque j’ai commencé à réaliser mes premières vidéos, j’ai été confrontée à la désapprobation de mon mari, de ma famille et même de ma communauté ethnique parce qu’ils ne comprenaient rien à YouTube. Avant moi, aucun Dao du village ne s’était lancé dans ce domaine. De plus, personne n’aimait voir une femme Dao prendre des photos et des vidéos d’elle-même afin de les poster sur Internet pour +se montrer+ à tout le monde", se souvient Tang Liên, sur ses débuts extrêmement difficiles.

Tang Liên en train de réaliser un tournage sur le marché local de Hà Lâu.

Malgré les moqueries voire le mépris, elle n’a pas laissé tomber son projet. "Peut-être, l’envie de partager largement de belles images de ma communauté était plus grande que les obstacles que j’ai rencontrés". Pour elle, il n’est pas si aisé de tourner des vidéos puis de les poster sur YouTube. "C’est très difficile ! Personne ne m’a formée, j’ai donc dû apprendre par moi-même. Il y a des jours où, par passion, je travaillais jusqu’à minuit, sans dîner, pour éditer et monter une vidéo. Mais c’était amusant !".

L’autodidacte recourait souvent à des tutoriels sur Internet afin de réaliser seule le montage, le doublage et le mixage des musiques de ses vidéos à l’aide des applications de son smartphone. Ses productions sont en langue Dao et sous-titrées en vietnamien. Bien qu’encore techniquement brutes, sans trop de polissage, elles sont vraiment un "trésor" culturel sur la vie quotidienne des Dao Thanh Y : coutumes, activités communautaires, chansons, fêtes et costumes traditionnels…

"Dès toute petite, j’ai été charmée par les costumes traditionnels de mon ethnie. Je les porte très souvent et les admire car je les trouve très beaux", raconte-t-elle, les yeux luisant d’amour et de fierté envers les identités culturelles que son ethnie a su préserver.

Un loisir devenu gagne-pain

Quand elle s’est lancée dans cette aventure, Liên pensait simplement que YouTube était un moyen de présenter et partager les caractéristiques culturelles de son ethnie à ses amis, sans penser que ses productions pouvaient rapporter de l’argent. "Lorsque la chaîne +Liên Quang Ninh+ a atteint plus de 4.000 vues et 1.200 abonnés, une de mes amies m’a dit que je pouvais être payée par YouTube et elle m’a aidée à activer la monétisation".

La chaîne “Liên Quang Ninh” compte plus de 3.300 abonnés.

Depuis février, ses chaînes lui rapportent en moyenne 4 millions de dôngs par mois, une somme assez importante pour une personne vivant à la campagne. En effet, la commune de Hà Lâu est l’une des plus pauvres du district de Tiên Yên , province de Quang Ninh (Nord). Là, le revenu moyen n’est que de 33,5 millions de dôngs par personne et par an, soit 2,7 millions par mois.

Devenue Youtubeuse, Liên se sent plus heureuse car avec son smartphone et ses propres chaînes, elle peut désormais présenter au monde la culture des Dao Thanh Y et les histoires de sa terre natale. De plus, après deux ans, Liên a réussi à changer les préjugés de ses proches. Désormais, son mari et sa famille ainsi que les femmes de son village la soutiennent dans cette activité. Ce sont eux qui se cachent derrière les chaînes à succès de Tang Liên.

Récemment, ses vidéos présentant le Festival culturel et sportif de l’ethnie Dao Thanh Y, tenu fin juin dans la commune de Hà Lâu, ont été largement visionnées. "J’aime beaucoup mon ethnie et je veux préserver et transmettre sa culture traditionnelle aux futures générations", s’enthousiasme-t-elle.

Texte et photos : Linh Thao - Xuân Hoà/CVN


 
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