Soixante ans du Département de français : un édifice précieux de la francophonie

La célébration du 60e anniversaire du Département de français de l’Université de langues et d’études internationales (ULIS) a eu lieu le 28 août à Hanoï. Retrouvailles entre générations de diplômés et réflexions pour l’avenir étaient au rendez-vous.

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Le doyen du Département de français Dinh Hông Vân, en plein discours.

La fête bat son plein en ce dimanche 28 août, au Département de français, sur le campus de l’Université nationale du Vietnam à Hanoï. Les stands des étudiants s’activent dans un joyeux brouhaha, tandis que la cérémonie se tient sur une place non loin dans un cadre plus officiel, malgré la joie des retrouvailles entre anciens camarades de promotion. Sur une grande estrade défilent spectacles et discours de célébration.

"Au cours des six décennies passées, depuis sa création en 1962, le Département de français ne cesse de grandir et d’évoluer en dépit des difficultés", souligne avec fierté Nguyên Hiêu, directeur adjoint de l’Université nationale du Vietnam à Hanoï, dans un discours au pupitre.

"Fort de son équipe de 40 enseignants qualifiés et compétents, et d’environ 500 étudiants, le Département a défini clairement ses stratégies et proposé des solutions faisables aux enjeux de l’économie planétaire et aux exigences du marché du travail, explique-t-il, tourné vers son avenir : à savoir, l’articulation entre l’enseignement et la recherche en lien direct avec le monde d’entreprise, l’amélioration de la qualité de formation universitaire marquée par la rénovation du programme de formation à l’orientation professionnelle et par la multiplication des stages professionnels sur le terrain".

Tisser des liens entre aînés et étudiants

Une formation tournée vers une meilleure intégration sur le marché du travail que le doyen du Département de français, Dinh Hông Vân, souhaite lui aussi mettre en avant : "Fêter ses 60 ans, c’est un évènement qui arrive rarement dans la vie d’une personne, et encore moins dans celle d’une institution. À cette occasion, c’est toute une série d’activité que nous avons organisé, dans l’objectif de rassembler les jeunes et les anciennes générations". Et de justifier : "Parce que le passé n’a de signification que si nous pouvons perdurer. C’est en tissant des liens entre les étudiants et leurs aînés que nous pouvons les aider à mieux appréhender leur avenir professionnel".

Apprendre de ses aînés, tel est le mot d’ordre de la journée, et le riche parcours de Nguyên Huu Thinh, ancien élève désormais âgé de 70 ans, semble lui donner raison. Un temps enseignant de français, il a ensuite travaillé au Fonds des Nations unies pour l’enfance au Vietnam, avant de prendre sa retraite en tant que consultant pour les enjeux sociaux auprès du gouvernement, et guide touristique à ses heures perdues.

Pour lui, diplômé de la 4e promotion, le français a toujours été un moteur : "Je suis très fier d’avoir obtenu mon diplôme il y a de ça plus de 50 ans, s’exclame-t-il plein d’entrain, avant de préciser : le Département de français m’a donné les fondements et l’amour de la langue, un enseignement qui m’a servi tout au long de mon parcours".

Le Vietnam porte la francophonie en Asie

Si le Département a été fondateur pour le parcours de Nguyên Huu Thinh, sa contribution à la francophonie est encore plus grand. "Pour l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), le Département représente pour un édifice précieux. Cela prouve la contribution de longue date du Vietnam, qui participe activement à différentes commissions de la francophonie, pour son développement dans le monde", affirme Trân Thi Mai Yên, représentante par intérim pour l’Asie-Pacifique de l’OIF et directrice du Centre régional francophone d’Asie-Pacifique.

"Le Vietnam tient en effet une place particulière dans le développement de la francophonie en Asie du Sud-Est, notamment pour des raisons historiques et économiques. Ici, le français n’est pas seulement une langue étrangère, il est aussi un outil de transmission de cultures et de traditions que les générations précédentes souhaitent transmettre à leurs enfants, ce qui témoigne d’un ancrage culturel très important de la francophonie", expose-t-elle.

Une place importante que rapporte Junior Nitcheu, un étudiant camerounais de 27 ans venu étudier l’informatique à l’Institut francophone international. "De ce que je peux observer, nombreux sont les partenariats entre pays francophones organisés par le Vietnam, notamment en terme de recherche et d’enseignement. Si la francophonie continue dans ce sens dans le pays, elle aura de beaux jours devant elle", affirme-t-il. Lui et des camarades de sa promotion, étudiants africains eux-aussi, sont venus représenter l’Afrique francophone et promouvoir leur formation, témoins des liens qu’est capable de tisser la langue française entre les pays et les générations.

La fête s’est achevée dans l’enthousiasme général, conclue avec une photo de famille, rassemblant tous les anciens élèves que le Département de français a pu former au long de ces soixante dernières années ainsi que leurs professeurs, tous de précieux contributeurs de la francophonie au Vietnam.

Texte : Jules Bois/CVN
Photos : Leo Paul Guyot/CVN