21/02/2020 15:21
Les syndicats opposés à la réforme des retraites ont lancé jeudi 20 février un nouvel appel à mobilisation le 31 mars, à l'issue d'une nouvelle journée interprofessionnelle qui a peiné à rassembler en pleines vacances scolaires, avec 92.000 manifestants dans toute la France selon le ministère de l'Intérieur, contre 121.000 précédemment.
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Manifestation à Bordeaux contre la réforme des retraites, le 20 février.
Photo : AFP/VNA/CVN

Lors de cette dixième journée interprofessionnelle d'actions jeudi 20 février, ils étaient 7.800 à Paris selon le ministère de l'Intérieur, 50.000 selon la Confédération générale du travail (CGT), contre respectivement 15.000 et 130.000 le 6 février.

Parmi les banderoles et pancartes brandies dans la capitale, on pouvait lire : "Battez en retraite!", "Retraites à points, travail sans fin" ou encore "Ce pouvoir est en-dessous de tout, même de la ceinture".

En régions, les préfectures ont compté 4.500 manifestants à Lyon, 2.700 à Toulouse, 2.200 au Havre, 2.000 à Clermont-Ferrand, 1.750 à Nantes, 1.500 à Rennes, 1.200 à Montpellier, 550 à Brest ou encore 500 à Quimper et Béziers, à l'appel de l'intersyndicale (CGT, FO, Solidaires, FSU, organisations de jeunesse et étudiantes) qui mène la fronde depuis deux mois et demi.

Lâcher ? "Ah non, ce n'est pas à l'ordre du jour", a martelé le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez dans le cortège parisien.

Alors que la discussion parlementaire a débuté lundi 17 février, "c'est grâce à la mobilisation qui dure depuis le 5 décembre qu'il y a un tel débat à l'Assemblée nationale", a fait valoir le leader de la CGT.

À l'issue d'une réunion intersyndicale dans la soirée, les syndicats ont lancé un nouvel appel à une journée interprofessionnelle le 31 mars, "pour faire échec à ce projet". D'ici là, ils invitent à "poursuivre les actions sans relâche, sous toutes les formes décidées localement".

De son côté, la CGT a annoncé dans un communiqué séparé une "grande journée d'action" le 27 février "afin de revendiquer l'arrêt de toutes les formes de répression syndicale et de discrimination".

"Je pourrais me dire que je ne suis pas concerné mais je pense à mes enfants et à mes petits-enfants. La solidarité intergénérationnelle est importante", a témoigné Jean-Claude, un retraité rencontré dans le défilé parisien.

Manifestation des opposants à la réforme des retraites, à Paris le 20 février.
Photo : AFP/VNA/CVN

À Toulouse, où défilait le numéro un de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon, Nathalie Del Vecchio, enseignante-chercheuse de 43 ans qui manifestait pour la première fois, avec sa fille de 13 ans, juge "important que nos enfants prennent conscience qu'on a un très beau système, que tout le monde envie, mais que c'est fragile".

"Le gouvernement reste sourd au mal-être de la population, c'est un grand recul social ce qu'il est en train de nous faire, et j'ai peur qu'après les retraites, il s'en prenne à la maladie, aux services publics, à la solidarité", s'inquiétait dans la manifestation lilloise Nathalie Delzongle, aide-soignante à domicile de 53 ans.

À Mulhouse, des avocats ont mis en vente leur robe sur le site de petites annonces "Le Bon Coin". Fortement mobilisés contre la réforme instituant un régime de retraite universel, les avocats craignent que la disparition de leur régime autonome entraîne un doublement de leurs cotisations.

Pendant ce temps, chaque camp affirme ses positions dans la conférence de financement des retraites, qui doit fournir fin avril des propositions pour ramener à l'équilibre le système de retraite en 2027.

Selon Yves Veyrier, le numéro un de Force ouvrière (FO), on va droit à un "naufrage". La discorde porte sur le montant du déficit évoqué dans les documents envoyés cette semaine par les animateurs de la conférence, selon lesquels, si rien n'est fait, le déficit cumulé entre 2018 et 2030 pourrait atteindre 113 milliards d'euros. La CGT a menacé mercredi 19 février de claquer la porte.  

AFP/VNA/CVN

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