14/06/2020 15:21
La crise du COVID-19 devrait coûter à elle seule près de quatre milliards d'euros de chiffre d'affaires à la Société nationale des chemins de fer français (SNCF), a estimé son Pdg Jean-Pierre Farandou, dans un entretien au Journal du Dimanche.
Un employé d'une société de nettoyage désinfecte une locomotive de TGV le 14 mai 2020 à Châtillon, France.
Photo : AFP/VNA/CVN

"La perte de chiffre d'affaires devrait être proche de 4  milliards d'euros, le TGV à lui tout seul en représentant la moitié", a déclaré Jean-Pierre Farandou, PDG de la SNCF. Si l'on ajoute celle liée aux grèves contre la réforme des retraites, évaluée à un milliard d'euros, la perte pour la SNCF est de quelque 5 milliards d'euros depuis décembre dernier.

Pendant la période du confinement, "seulement 7% des TGV ont roulé et ils n'ont transporté que 1% de la clientèle habituelle. Nous avons aussi enregistré des manques à gagner importants sur les trains de la vie quotidienne. Seul le fret a plutôt bien résisté, avec un taux d'activité supérieur à 60%", a déclaré M. Farandou.

Espérant une reprise la "plus rapide possible", M. Farandou a indiqué à propos des TGV que "quelques trains" étaient complets en juin : "pour juillet nous enregistrons en moyenne 20% de réservations, et pour août autour de 8%", a dit le patron de la SNCF, selon qui "on reste très loin de la rapidité du redémarrage observé après une grève".

Un employé d'une société de nettoyage désinfecte un wagon de TGV le 14 mai 2020 à Châtillon, France.
Photo : AFP/VNA/CVN

M. Farandou a par ailleurs exprimé sa volonté de remplacer d'ici 2030 par des trains roulant à l'hydrogène "tous les trains roulant au diesel sur le réseau qui n'est pas électrifié". "Avec les régions, nous mettrons en service les premiers prototypes en 2023. En attendant, nous développons avec Alstom des trains hybrides qui arriveront dès 2021 dans 4 régions. Ils roulent au diesel sur le parcours principal mais passent à l'électrique en entrant dans les villes. Ils font donc moins de bruit et polluent moins."

Il n'a pas chiffré le coût de ces mesures qui visent à atteindre le bilan carbone de "zéro émission en 2035". Interrogé sur un éventuel geste financier de l'État, M. Farandou, qui réclamait il y a trois semaines un plan de relance du ferroviaire, a répondu avoir "des échanges réguliers avec l'État".

Concernant l'emploi, il a de nouveau écarté l'hypothèse de licenciements : "au contraire, nous allons continuer à recruter cette année et l'année prochaine", a-t-il déclaré. Rappelant avoir fait deux levées de fonds de 1,2 milliard d'euros en Europe et aux États-Unis, il s'est engagé sur "un plan d'économies qui représente plusieurs centaines de millions d'euros", et qui porte notamment sur les achats de matériel et les frais de fonctionnement.
 
AFP/VNA/CVN
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