Production verte et chaînes de valeur, moteurs de la filière fruits et légumes en 2026

Face à la pression croissante des normes internationales et domestiques, la filière des fruits et légumes du Vietnam accélère sa transition vers un modèle de production vert, durable et sécurisé.

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Le secteur agricole vietnamien traverse une phase de mutation profonde pour répondre aux exigences de plus en plus strictes en matière de sécurité sanitaire.
Photo : VNA/CVN

La transition vers un modèle de production vert, durable et sécurisé de la filière fruits et légumes ne se limite pas à un simple changement des méthodes agricoles, mais s’étend à l’ensemble de la chaîne de valeur, de la culture à l’exportation, avec un accent particulier sur la normalisation et la construction de marques.

Ces efforts visent à concrétiser les objectifs de croissance fixés pour l’année 2026, dans un contexte de concurrence de plus en plus intense.

Le secteur agricole vietnamien traverse une phase de mutation profonde pour répondre aux exigences de plus en plus strictes en matière de sécurité sanitaire, de traçabilité et de respect de l'environnement. Les barrières techniques imposées par les marchés mondiaux ne se limitent plus à la simple vérification de la qualité visuelle, mais englobent désormais le contrôle rigoureux des résidus de pesticides, la réduction des émissions de carbone et une transparence totale sur l'ensemble de la chaîne de production. Cette réalité oblige l'ensemble de la filière, des agriculteurs aux exportateurs, à réviser intégralement leurs méthodes de travail, du champ jusqu'au conditionnement final.


La directrice adjointe du Département de la production et de la protection des plantes relevant du ministère de l’Agriculture et de l’Environnement, Nguyên Thi Thu Huong, souligne qu’en l’absence d’une transformation structurelle, les produits agricoles vietnamiens risquent de rencontrer des difficultés non seulement sur les marchés étrangers, mais également sur le marché domestique, où la concurrence devient de plus en plus forte.

Cette situation pourrait entraîner une instabilité de la production et exposer les agriculteurs à des fluctuations importantes des prix, notamment lors des périodes de forte production.

La directrice adjointe du Département de la production et de la protection des plantes, Nguyên Thi Thu Huong.
Photo : ST/CVN

Pour briser ce cercle, le déploiement du projet de production à faibles émissions pour la période 2025-2035 sert désormais de fondation technique. Actuellement, près de 60 modèles de culture respectueux du climat ont été mis en place, visant une réduction de 15% des émissions de gaz à effet de serre grâce à une gestion optimisée des semences, de l’irrigation et des engrais, a indiqué la responsable.

Ces deux dernières années, Cân Tho a mis en œuvre 65 modèles couvrant 7.830 ha de riz de haute qualité à faibles émissions. 
Photo : VNA/CVN

En outre, l’attribution et la gestion de codes pour les zones de culture deviennent une exigence incontournable. Ces codes ne servent pas uniquement à l’exportation, mais jouent également un rôle essentiel dans le contrôle de la qualité et de l’hygiène alimentaire des produits dès du phare de production. À ce jour, le pays compte plus de 9 300 codes de zones de production et plus de 1 300 centres de conditionnement certifiés au service de l’exportation vers des marchés exigeants tels que l’Europe, les États-Unis, le Japon, l’Australie ou encore la République de Corée.

Au niveau local, plusieurs initiatives ont déjà démontré leur efficacité. La province de Son La, par exemple, compte 216 zones de culture enregistrées, couvrant plus de 2 800 hectares, dont 200 destinés à l’exportation. Les produits issus de ces zones sont exportés vers de nombreux marchés exigeants. De son côté, Hanoï a créé cinq zones de culture destinées à l’exportation, totalisant 37,23 ha.

Les ramboutans de Cu Lao Dung (Can Tho) sont étiquetés avec un code QR pour une traçabilité facilitée. Photo : VNA/CVN
Application de lecture de codes QR pour retracer l’origine des produits agricoles de Khanh Hoa. Photo : VNA/CVN
Des fruits de la passion de Gia Lai garantissent une qualité optimale pour les marchés nationaux et étrangers. Photo : VNA/CVN
Le scan des codes QR pour la traçabilité des produits de la coopérative de légumes biologiques Thanh Xuan (Hanoï). Photo : VNA/CVN

La normalisation des zones de culture contribue non seulement à améliorer la qualité des produits, mais également à renforcer la confiance des partenaires commerciaux. Cette dynamique a permis à la filière de maintenir une croissance positive malgré un environnement international complexe.

Au premier trimestre de l’année 2026, les exportations nationales de fruits et légumes ont ainsi atteint près de 1,48 milliard de dollars, enregistrant une hausse de 27% en glissement annuel. Ces résultats témoignent de l’efficacité des efforts engagés et soulignent l’importance de la sécurité alimentaire dans le développement de la filière.


Malgré ces avancées, plusieurs défis subsistent, notamment en ce qui concerne la maîtrise des risques liés à l’hygiène alimentaire. Les experts soulignent la nécessité de mettre en place des mesures synchronisées, allant de la planification des zones de production à la surveillance de l’environnement, en passant par l’élaboration de cartes de risques.

Le contrôle régulier de la qualité des sols, de l’eau et des cultures est indispensable pour détecter rapidement les éventuels problèmes et y remédier.

Les ravageurs et maladies des plantes représentent également une menace importante pour la qualité des produits. L’utilisation excessive de produits chimiques pour lutter contre ces nuisibles peut entraîner des résidus nocifs et nuire à la réputation des produits vietnamiens sur les marchés internationaux.

Des agents du Centre national de vulgarisation agricole utilisent des instruments de mesure pour inspecter les terres destinées à la culture dans la commune de Hoang Giang, en octobre 2025. 
Photo : VNA/CVN

Pour protéger cette réputation, les autorités locales encouragent l’adoption de méthodes de gestion intégrée des ravageurs, privilégiant les solutions biologiques plutôt que les pesticides de synthèse.

Du point de vue du développement des marchés, Hà Nhu Huê, directeur du Service de l'industrie et du commerce de la province de Son La, a déclaré que pour atteindre l'objectif d'exportations de 235 millions de dollars américains en 2026, la province met en œuvre de nombreuses solutions globales. En particulier, une attention particulière est portée à la diffusion d'informations sur les marchés, à l'accompagnement des entreprises dans leurs démarches auprès des grands réseaux de distribution et à leur participation aux salons internationaux.

Le directeur du Service de l'industrie et du commerce de la province de Son La, Hà Nhu Huê. Photo: BNN/CVN

En outre, la coordination avec les localités frontalières telles que Quang Ninh, Lang Son et Lào Cai pour la mise à jour des informations relatives au dédouanement permet aux entreprises d’être plus proactives dans leurs activités d’exportation et de réduire les risques de congestion des marchandises.

Un autre axe stratégique majeur pour 2026 réside dans le développement de la transformation en profondeur. Le vice-ministre de l’Agriculture et de l’Environnement, Hoàng Trung, estime que l’exportation exclusive de produits frais comporte des risques élevés liés à la conservation et aux fluctuations saisonnières.

Production d’ail noir à la société DORI, dans la province de Quang Ngai. Photo : VNA/CVN
Production de fromage frais à la société Cheese 4PSm dans la province de Lam Dong. Photo : VNA/CVN
Gelée de noix de coco certifiée OCOP 4 étoiles de la société Co Co Vietnam Food, GC Foodm dans la province de Dong Nai, est désormais présente sur les marchés de 27 pays. Photo : VNA/CVN
Transformation de produits agricoles destinés aux exportations à la société B'LaoFood, dans la province de Lam Dong. Photo : VNA/CVN

La solution réside dans la promotion de produits à forte valeur ajoutée, tels que les fruits séchés, les jus de fruits ou les produits congelés. La transformation industrielle permet non seulement de prolonger la durée de conservation mais aussi de stabiliser les revenus des agriculteurs durant les pics de récolte. C'est une direction incontournable pour assurer une rentabilité à long terme et une présence durable sur les rayons des supermarchés mondiaux.

Dans un contexte d’intégration économique internationale de plus en plus poussée, la filière des fruits et légumes ne peut plus se contenter d’une croissance fondée uniquement sur l’augmentation des volumes. Elle doit désormais privilégier une approche axée sur la qualité, la sécurité et la durabilité.

Dans la commune de Cù Lao Dung, ville de Cân Tho, des agriculteurs ont réussi à croiser la variété de prune rose San Tiên et appliquent des méthodes d'agriculture biologique rigoureuses. 
Photo : VNA/CVN

La production respectueuse de l’environnement, la maîtrise rigoureuse de la chaîne de valeur et le développement de marques constituent les trois piliers essentiels pour renforcer la compétitivité du secteur. Les efforts engagés dans ces domaines permettent d’envisager des perspectives positives pour l’année 2026 et au-delà.

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