07/05/2021 09:42
Alors que l'accueil des Jeux olympiques de Tokyo continue d'inquiéter la population japonaise, les laboratoires Pfizer et BioNTech ont promis jeudi 6 mai de donner des vaccins contre le COVID-19 aux participants, inégalement protégés pour l'heure selon les pays.

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Des flacons vides du vaccin anti-COVID Pfizer-BioNTech, au Centre de vaccination régional, le 22 janvier à Lduwigsburg.
Photo : AFP/VNA/CVN


Les deux entreprises, dont le vaccin domine les campagnes mondiales de vaccination, "se coordonneront avec les comités olympiques à travers le globe" pour organiser cette distribution, indiquent-elles dans un communiqué.

Le Comité international olympique (CIO) a toujours exclu de rendre la vaccination obligatoire pour les Jeux olympiques (23 juillet-8 août) ou de réclamer une priorisation des sportifs difficilement justifiable sur le plan éthique, mais il encourage depuis des mois un maximum de participants à se faire vacciner.

Les premières livraisons du vaccin BioNTech-Pfizer devraient débuter "fin mai où c'est possible", "en vue de s'assurer que les membres des délégations participantes reçoivent leur deuxième dose avant leur arrivée à Tokyo", précisent les deux groupes.

Ces doses viendront s'ajouter aux livraisons déjà prévues dans le cadre des commandes passées par les gouvernements ou par l'initiative internationale Covax.

"Notre vaccin n'est disponible que dans 91 pays", alors que 200 nations participent aux Jeux o
lympiques (JO), et "le CIO voulait s'assurer que toutes les délégations pourraient y avoir accès", a déclaré le Pdg de Pfizer, Albert Bourla.


"C'est un effort logistique pour proposer des doses à tous les participants qui le souhaitent (...) Nous discuterons dans chaque pays avec le comité national olympique et le gouvernement. Rien ne peut être fait sans l'approbation des autorités", a-t-il souligné.

Le processus pourrait prendre du temps si des feux verts réglementaires sont nécessaires.

Des 11.000 sportifs 

"Ce don de vaccins est un autre instrument dans la boîte à outils des mesures qui aideront à faire de ces Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo-2020 un évènement sûr et sécurisé, tout en affichant notre solidarité avec notre hôte, le Japon", a salué le président du CIO, Thomas Bach.

 

Le président du CIO, l'Allemand Thomas Bach, lors d'une conférence de presse, le 16 novembre 2020 à Tokyo.
Photo : AFP/VNA/CVN


Les JO doivent accueillir environ 11.000 sportifs, mais nombre d'entre eux ont déjà été vaccinés via leurs programmes nationaux "ou ont reçu la promesse de l'être", selon le CIO.

L'accord avec Pfizer-BioNTech pourrait concerner quelques milliers de sportifs, mais aussi l'ensemble des membres des délégations.

"En acceptant le vaccin, (les sportifs et membres des délégations) peuvent envoyer un message puissant, que ce n'est pas seulement leur santé personnelle qui est en jeu, mais également la solidarité et le bien-être des autres", a expliqué Thomas Bach.

Le CIO, basé à Lausanne (Suisse), promet depuis des mois des JO "sûrs" même sans vaccination généralisée. Il insistait encore récemment sur les "340 événements sportifs majeurs" qui ont pu rassembler "plus de 41.000 athlètes" malgré la pandémie, grâce à une batterie de précautions sanitaires.

Huis clos ? 

Mais l'accord avec Pfizer est un jalon d'autant plus important que Tokyo et plusieurs départements japonais sont de nouveau placés en état d'urgence face à l'augmentation des cas de COVID-19, entretenant un doute persistant sur le maintien des Jeux.

Le 11 mars, le CIO avait annoncé qu'il achèterait à la Chine ses "doses additionnelles de vaccins". Une première tentative d'accélérer les efforts de couverture des participants, restée très floue, et sans calendrier.

De son côté, Pfizer avait soumis sa proposition d'aide au Premier ministre japonais Yoshihide Suga le mois dernier, a précisé jeudi 6 mai à Tokyo la ministre des JO, Tamayo Marukawa.

"En tant que gouvernement, nous accueillons (cet accord) positivement et voulons prendre des dispositions rapides avec les organisations concernées" pour le concrétiser, a-t-elle indiqué.

Pour l'heure, les JO font toujours figure de casse-tête sanitaire majeur au Japon, qui commence très lentement sa propre campagne vaccinale et a d'ores et déjà décidé de bannir les spectateurs venus de l'étranger.

Alors que le système hospitalier japonais est sous pression, Tokyo-2020 a été critiqué pour avoir demandé la collaboration de personnel médical japonais, et les organisateurs envisagent de tenir la grand-messe olympique à huis clos pour la première fois de son histoire.

Pour tenter d'apaiser le scepticisme de la population japonaise, largement en faveur d'un nouveau report ou d'une annulation, Tokyo-2020 a renforcé la semaine dernière les mesures antivirus imposées aux délégations olympiques comme aux médias.


AFP/VNA/CVN

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