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>> La "classe ouverte" pour nourrir l’amour du patrimoine chez les jeunes
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| Une visiteuse scanne le code QR pour s’informer au site touristique de My Son, ville de Dà Nang (Centre). |
| Photo : VNA/CVN |
Datée du 7 janvier 2026, la Résolution N°80 du Politburo du Parti sur le développement de la culture vietnamienne propose une nouvelle approche : le patrimoine ne doit pas seulement être préservé, mais doit également devenir une ressource au service du développement du pays.
Dans le contexte de la transformation numérique, la numérisation, la normalisation des données et la valorisation du rôle de la jeunesse sont considérées comme des éléments clés pour rapprocher le patrimoine de la vie quotidienne et créer un nouvel espace de créativité.
La jeunesse, moteur de la transmission
Selon le Dr. Vo Xuân Vinh, directeur de l’Institut d’histoire, relevant de l’Académie des sciences sociales du Vietnam, la jeunesse d’aujourd’hui dispose d’atouts importants : formation solide, accès rapide aux connaissances et maîtrise des technologies. C’est une ressource précieuse pour valoriser l’histoire et la culture, à condition d’être correctement orientée.
Pour être efficace, il faut com-mencer par la sensibilisation et la compréhension, où l’histoire joue un rôle central. L’enseignement de l’histoire ne doit pas se limiter à transmettre des informations, mais doit construire une compréhension systématique et approfondie. Les limites actuelles ne concernent pas seulement les méthodes pédagogiques, mais aussi le contenu et la conception des programmes. Il est donc nécessaire de définir clairement les points centraux, tout en renouvelant les approches afin de stimuler l’intérêt et l’initiative des apprenants.
Le Dr. Vo Xuân Vinh souligne également qu’il faut considérer les jeunes non seulement comme des bénéficiaires, mais aussi comme des acteurs capables de diffuser la valeur de l’histoire. Grâce à leurs compétences numériques, ils peuvent créer des produits innovants tels que des plateformes numériques, des contenus numériques ou des expériences interactives, contribuant à rapprocher l’histoire de la société.
Dans la pratique, l’Institut d’histoire conserve de nombreux documents précieux, nationaux et internationaux.
La numérisation est intensifiée afin de constituer une base de données historique systématique. Selon M. Vinh, la numérisation ne se limite pas à l’archivage car elle permet de transformer les données en produits à forte valeur ajoutée. Lorsque les données fiables sont organisées scientifiquement, elles constituent une base solide pour la création et la diffusion des connaissances historiques.
Concernant la Résolution N°80, M. Vinh considère que l’objectif de numérisation complète du patrimoine témoigne de la volonté de moderniser la gestion culturelle. Cependant, l’essentiel ne réside pas seulement dans le taux de numérisation, mais dans l’approche adoptée pour les données. Il faut identifier clairement les valeurs essentielles, éviter la dispersion et garantir les principes de “juste, suffisant et systématique”, avec le rôle des historiens dans la sélection et la normalisation du contenu.
Pérenniser la mémoire par le multimédia
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| Des élèves s'initient à l'autoguide lors de leur visite du site commémoratif du président Tôn Duc Thang dans la commune de My Hoa Hung, province d’An Giang (Sud). |
| Photo : VNA/CVN |
Du point de vue culturel, le Dr. Lê Hoài Nam, directeur de l’Institut de recherche et de conservation de la culture et des croyances populaires du Vietnam, estime que la Résolution N°80 fixe clairement l’exigence de construire un système national de données culturelles, dont la numérisation constitue un élément central. Par rapport aux méthodes traditionnelles de conservation, facilement altérables avec le temps, le numérique permet de préserver le patrimoine de manière durable tout en élargissant l’accès.
Selon lui, la mise en œuvre doit garantir l’unité et la fiabilité des données, car il existe encore des informations historiques incohérentes ou approximatives. Construire un système de données numériques unifié contribue à assurer l’exactitude et l’authenticité des informations.
Pour le patrimoine immatériel, la numérisation est d’autant plus urgente, car de nombreuses valeurs se transmettent oralement ou par la pratique des artisans âgés. Si elles ne sont pas documentées à temps, le risque de disparition est élevé. La numérisation permet de conserver des éléments tels que le son, l’image ou les rituels, transformant le patrimoine de la mémoire en un bien numérique durable.
Le numérique ne se limite pas à la conservation : les données peuvent devenir des ressources éducatives et médiatiques. Intégrées aux plateformes numériques, elles peuvent être accessibles sous diverses formes visuelles, permettant aux jeunes de mieux comprendre et ressentir les expressions culturelle nationales.
Pour atteindre ces objectifs, il est nécessaire de mettre en place des mécanismes de soutien cohérents : financement, droits d’auteur, coordination entre artisans, chercheurs et entreprises technologiques. De plus, former les acteurs culturels aux compétences numériques et mettre en place un système d’identification des acteurs culturels sont essentiels pour s’adapter au nouvel environnement et renforcer la position de la culture vietnamienne dans le monde.
Dans l’ensemble, la numérisation du patrimoine n’est pas seulement une solution technique, mais constitue une base pour un développement durable. Lorsque les données sont normalisées et exploitées efficacement, le patrimoine peut servir à l’éducation, à la recherche et à la création, devenant ainsi une ressource importante pour le développement économique et culturel futur.
XUAN LOC/CVN




