21/06/2021 17:22
Garantir la tenue d'élections en Libye en fin d'année et écarter troupes étrangères et mercenaires. Les principaux pays impliqués dans le conflit se réunissent mercredi 23 juin à Berlin pour un nouveau sommet.
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Les participants à la conférence sur la Libye à Berlin, le 19 janvier.
Photo : AFP/VNA/CVN

Pour la première fois, le gouvernement de transition libyen participera à cette conférence des ministres des Affaires étrangères. 

Le 19 janvier 2020, une première conférence avait réuni dans la capitale allemande, sous l'égide des Nations unies, les dirigeants des pays impliqués dans le conflit et était parvenue à un accord fragile pour mettre fin au conflit.

Dix ans après le renversement de Mouammar Kadhafi, les participants feront notamment le point sur la transition politique en Libye depuis la précédente conférence et "les prochaines étapes vers une stabilisation durable", explique le ministère allemand des Affaires étrangères, hôte de la conférence.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, devrait intervenir en vidéo. Les États-Unis seront aussi représentés via le secrétaire d'État américain, en tournée européenne.

Les divisions ressurgissent 

Le principal enjeu sera de garantir la tenue simultanée des  élections présidentielle et législatives le 24 décembre, que le gouvernement de transition, dirigé par le Premier ministre Abdelhamid Dbeibah, a promis d'organiser.

Des doutes subsistent néanmoins sur la réelle volonté du pouvoir en place de voir se dérouler ce scrutin.

L'ancien ministre de l'Intérieur libyen Fathi Bachagha, probable candidat à cette première élection présidentielle au suffrage direct, a ainsi mis en demeure, le 2 juin, le gouvernement de ne pas retarder leur tenue.

"Il est clair que le gouvernement actuel préférerait ne pas avoir d'élections", déclarait-il. "Mais c'est un engagement qui doit être mené à terme", a-t-il averti.

Ce sommet de Berlin peut se limiter à de "simples déclarations d'intention" mais il peut aussi permettre des "progrès" sur la voie d'élections en décembre, avec un possible accord en juillet sur les bases juridiques du scrutin, explique Jalel Harchaoui, spécialiste de la Libye au sein du think-tank Global Initiative.

Après une décennie d'échecs à sortir la Libye du chaos, la formation de ce nouveau cabinet au terme d'un processus politique parrainé par l'ONU avait sonné comme l'espoir que l'on n'attendait plus.

Le Premier ministre libyen Abdelhamid Dbeibah, le 10 avril à Tripoli.
Photo : AFP/VNA/CVN

L'Union européenne mise de surcroît sur le pouvoir en place pour régler le problème des migrants qui quittent les côtes libyennes, souvent sur des embarcations surchargées et peu sûres, pour tenter de rejoindre l'Europe.

Mais les divisions entre les deux pouvoirs rivaux, en Tripolitaine (Ouest) et Cyrénaïque (Est) ont resurgi ces dernières semaines.

Une trêve officielle est en vigueur depuis octobre, mais l'envoyé des Nations unies pour la Libye, Jan Kubis, a lui-même reconnu en mai que les progrès concernant l'unification des institutions divisées et le retrait des forces étrangères étaient au "point mort".
 
AFP/VNA/CVN
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