21/06/2021 16:59
Pour son dernier 50m avant les Jeux de Tokyo (23 juillet-8 août), Florent Manaudou, qui ambitionne d'y reconquérir l'or olympique de l'aller simple, a été battu par Maxime Grousset aux Championnats de France, dimanche 20 juin à Chartres. Au niveau national, ça ne lui était plus arrivé depuis neuf ans.
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Maxime Grousset s'élance à l'assaut du 50m papillon lors des Mondiaux de natation de Gwangju, en République de Corée, le 21 juillet 2019.
Photo : AFP/VNA/CVN

À l'époque, en mars 2012, c'était Amaury Leveaux qui avait devancé Manaudou aux sélections olympiques pour Londres, de deux centièmes (21.93 contre 21.95).

Dimanche 20 juin soir, Grousset (22 ans) s'est imposé en 21 sec 74, avec pile un dixième d'avance sur le champion olympique 2012 et vice-champion olympique 2016 du 50 m (21.84). En plus de s'offrir un deuxième billet pour Tokyo après celui obtenu sur 100 m, le Néo-Calédonien a abaissé son record personnel de 12 centièmes.

"Quand on nage vite, on peut me battre, je ne suis pas imbattable, loin de là", constate Manaudou, qui restait sur sept 50 m au-dessus des 22 sec depuis début juin avant cette finale. Le dernier en séries matinales, 22 sec 20 précisément, déjà derrière Grousset (21.94).

C'est devenu une tendance lourde depuis sa reprise post-confinement : le sprinter marseillais, qui s'est empressé de retirer sa médaille d'argent une fois descendu du podium, n'est pas parvenu à accélérer franchement, et a nagé dans les eaux de sa cinquième place européenne mi-mai (21.81). Pendant ce temps-là, Caeleb Dressel, champion du monde en titre et prétendant N°1 à l'or olympique, a lui fusé en 21 sec 29 aux sélections américaines.

"Pas encore au point" 

Si Manaudou "ne s'attendait pas forcément à beaucoup mieux" et a répété que "l'objectif est dans six semaines", il a reconnu avoir eu de mauvaises sensations.

Le sprinteur Florent Manaudou s'élance sur 50m nage libre des Championnats d'Europe de Budapest on May, le 22 mai.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Je ne me suis vraiment pas senti bien ce soir. Il me manque un peu de force dans l'eau, je n'ai pas trop de feeling, je ne sentais pas trop mes appuis, je fais une coulée très, très courte, une ondulation de moins, et après, ça perturbe pas mal de choses, je n'arrive pas pile sur le mur, décrit-il. Je n'aurais pas fait 21 sec 2/10e non plus, peut-être 21 sec 6/10e ou 21 sec 7/10e."

"Ma nage de 50m n'est pas trop au point encore, je me pose beaucoup trop de questions, convient-il. Ce soir, j'ai essayé de poser le cerveau, malheureusement ça a été un peu moins vite, mais le temps n'est pas nul non plus. Je vais prendre un ou deux jours de repos et faire le plein de bonne énergie pour arriver aux Jeux dans les meilleures conditions et essayer d'être compétitif."

Encore loin du compte il y a deux jours sur 100m (4e en 48.93 pour 48.57 demandées), Mehdy Metella, au ralenti depuis une opération de l'épaule gauche il y a un an et demi, a connu une soudaine embellie sur 100m papillon. De quoi s'inviter haut la main à Tokyo.

La soudaine embellie Metella 

Le Guyanais de 28 ans s'est imposé en 50 sec 87 (pour 51.96 demandées), un chrono du niveau d'une finale mondiale, et à deux centièmes seulement de son record de France datant du printemps 2019.

En séries matinales déjà, il avait impressionné en bouclant son aller-retour en 51 sec 18.

Et dire qu'il y a un mois, aux Championnats d'Europe à Budapest, Metella n'avait même pas passé le cap des séries (52.31, 19e chrono).

"J'ai réussi mon pari, commente le médaillé de bronze mondial 2017 du 100m, qui, maintenant qu'il a obtenu sa qualification individuelle, pourrait encore le nager en épreuve complémentaire à Tokyo. J'ai dit à Flo (Manaudou) que c'était la pire année de ma carrière. C'était le bordel dans ma vie privée, à la piscine, c'était n'importe quoi. Et il m'a dit : +T'arrives toujours à t'en sortir+."

"Il a eu une année en dents de scie, ça a vraiment été des hauts et des bas", racontait Arnaud Rondan, un des entraîneurs marseillais, à Budapest. Mais "on ne sait jamais avec lui, on n'est pas à l'abri d'une surprise".

Metella, quinzième et dernier qualifié olympique en individuel, l'a prouvé une fois de plus.

Marie Wattel et Léon Marchand ont eux profité de cette ultime journée pour étoffer leur menu tokyoïte : la première avec le 50 m (24.54, record personnel, pour 24.77) en plus du 100m et du 100 m papillon, le second avec le 200m 4 nages (1:58.03 pour 1:59.67) en plus du 400 m 4 nages.
 
AFP/VNA/CVN
 
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