Moyen-Orient : les dettes d'États toujours sous pression, les Bourses reculent

Le marché de la dette des États reste sous pression et les places boursières reculent à nouveau lundi 18 mai, alors que la peur de l'inflation s'est réinstallée dans l'esprit des investisseurs, face au blocage persistant du détroit d'Ormuz.

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La salle de contrôle d'Euronext, société qui gère la Bourse de Paris.
Photo : AFP/VNA/CVN

On assiste à des "craintes croissantes autour d'un retour durable des pressions inflationnistes", résume John Plassard, responsable de la stratégie d'investissement chez Cité Gestion Private Bank.

Après avoir flambé vendredi 15 mai, les taux d'intérêt des dettes des États sont à nouveau en hausse lundi 18 mai. En Europe, le rendement de la dette allemande à échéance dix ans, référence sur le continent, grimpait à 3,19% vers 07h30 GMT, contre 3,16% vendredi 15 mai en clôture et 3,04% jeudi soir14 mai.

Son équivalent français gagnait lui encore 0,02 point de pourcentage par rapport à vendredi 15 mai, à 3,84%. Jeudi 14 mai, ce taux n'était qu'à 3,66%.

Le rendement de l'obligation italienne frôlait lui les 4%, à 3,97%.

En Asie, la dette japonaise à 30 ans s'installait au-dessus de la barre des 4%, à 4,09%, du jamais-vu depuis son lancement en 1999. Le taux de l'emprunt à dix ans atteignait 2,72%, contre 2,61% jeudi dernier 14 mai.

Le blocage d'Ormuz pèse

"La rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping" de la semaine dernière "n'a pas abouti à des résultats spectaculaires, se limitant à la poursuite de la trêve commerciale et à l'annonce de nouveaux mécanismes de dialogue", expliquent les analystes de Natixis.

Le détroit d'Ormuz, par lequel transite d'ordinaire un cinquième du brut mondial, reste donc toujours irrémédiablement bloqué en l'absence d'accord entre Téhéran et Washington, ce qui continue de maintenir la pression sur les prix du pétrole.

Vers 07h30 GMT, le cours du baril de WTI nord-américain prenait donc 1,87% à 107,39 dollars. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché européen, montait de 1,48% à 110,88 dollars.

Or, la hausse du pétrole commence à infuser dans la hausse des prix des principales économies mondiales, où des indicateurs publiés ces dernières semaines montrent une hausse de l'inflation, de l'Asie à l'Amérique du Nord, en passant par l'Europe.

Cette inflation "alimente les anticipations d'un resserrement monétaire des principales banques centrales" ce qui "renforce les perspectives d'une hausse des taux", explique Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote Bank.

Interrogée en marge du G7 Finances sur ce mouvement de hausse des taux, la présidente de la Banque centrale européenne Christine Lagarde a voulu rassurer, disant être "toujours préoccupée, c'est mon job !"

Joachim Nagel, le président de la banque centrale allemande a assuré pour sa part que l'institution pouvait "faire beaucoup, voire tout ce qui est en notre pouvoir, pour apaiser les marchés et créer une dynamique positive".

Les Bourses en recul

Mais sur le terrain, rien ne permet aux investisseurs de se rassurer.

Le président américain Donald Trump a en effet proféré de nouvelles menaces contre l'Iran, tandis qu'un drone s'est abattu près d'un site nucléaire aux Émirats arabes unis ce week-end.

"Il ne restera rien" de l'Iran si ce pays n'arrive pas rapidement à un accord avec les États-Unis, a averti dimanche 17 mai le président américain Donald Trump , ajoutant à la nervosité des opérateurs.

Dans ce contexte d'inquiétude, les marchés boursiers européens ont commencé la semaine en reculant. Vers 07h30 GMT, dans les premiers échanges, Paris perdait 0,94%, Francfort 0,26% et Milan 1,85%. Londres restait stable (-0,02%).

En Asie, Tokyo a perdu 1,42%.

Seules "les publications trimestrielles du géant Nvidia", première capitalisation mondiale, attendues mercredi soir 20 mai après la clôture de Wall Street, "devraient susciter de l'attente", note Andreas Lipkow pour CMC Markets.

Côté changes, le dollar, monnaie internationale sur le marché pétrolier et qui joue son rôle de valeur refuge depuis le début du conflit au Moyen Orient restait stable, cédant 0,10% face à l'euro à 1,1638 dollar pour un euro.

AFP/VNA/CVN

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