L'inflation dans la zone euro à un nouveau sommet depuis trois ans

L'inflation dans la zone euro a grimpé en septembre à un nouveau sommet depuis trois ans, en raison de la flambée des prix de l'énergie provoquée par le conflit au Moyen-Orient, selon des données officielles publiées vendredi 2 octobre.

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Un panneau affiche les prix du carburant dans une station-service à Berlin, le 2 octobre.
Photo : AFP/VNA/CVN

La hausse des prix dans les 21 pays partageant la monnaie unique européenne a accéléré à 3,8%, contre 3,2% en août, selon une première estimation d'Eurostat, soit près du double de l'objectif de la Banque centrale européenne (BCE), fixé à 2%.

C'est du jamais-vu depuis septembre 2023, dans le sillage du conflit en Ukraine depuis février 2022, qui avait entraîné un bond sans précédent des prix en zone euro.

Cette accélération en septembre, liée à l'envolée des prix du pétrole depuis la reprise des hostilités au Moyen-Orient début juillet, est supérieure aux attentes des analystes interrogés par Bloomberg, qui tablaient sur un taux de 3,7%.

Selon Eurostat, la hausse des prix de l'énergie a atteint 18,8% en septembre dans la zone euro, contre 14,3% le mois précédent.

Et le prix à la pompe du gazole vient d'atteindre un nouveau sommet historique dans l'UE avec une moyenne hebdomadaire de 2,24 euros le litre, selon une compilation des données nationales publiées jeudi 1er octobre par la Commission européenne.

Selon Eurostat, les prix des services ont de leur côté légèrement accéléré dans la zone euro en septembre (+0,2 point à 3,2%), ainsi que ceux de l'alimentation (+0,3 point à 1,4%). En revanche, la hausse des prix des biens industriels a un petit peu ralenti (-0,1 point à 1,1%).

Tensions sur les prix

L'inflation sous-jacente, qui exclut les prix des biens les plus volatils (dont l'énergie et l'alimentation), a quant à elle très légèrement augmenté, à 2,5% (+0,1 point).

L'accélération de l'inflation, qui pèse sur les ménages et les entreprises européennes, a poussé ces derniers mois la BCE à durcir sa politique monétaire.

Elle a déjà relevé deux fois ses taux d'intérêt directeurs cette année, portant le principal à 2,5%, et n'a pas formellement écarté l'éventualité d'un nouveau resserrement monétaire dans les mois qui viennent, en raison des tensions sur les prix.

L'institution financière va désormais devoir surveiller de très près les risques de diffusion de la hausse des prix de l'énergie au reste de l'économie, a estimé dans une note Bert Colijn, économiste à la banque néerlandaise ING, qui dit percevoir déjà "quelques signaux" en ce sens, même s'ils restent très précoces.

Il fait ainsi référence à la hausse des prix alimentaires et au niveau de l'inflation sous-jacente.

"La BCE a encore du pain sur la planche", a-t-il prévenu.

AFP/VNA/CVN

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