Liberté religieuse : besoin de clarification et d’informations vérifiées

Le rapport annuel 2022 de la Commission américaine sur la liberté religieuse internationale (USCIRF) contient des estimations partielles et injustes ainsi que des informations inexactes et non vérifiées sur la situation au Vietnam. Analyse.

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Le Vietnam est un pays multireligieux.
Photos : VNA/CVN

Au Vietnam, toute personne a le droit à la liberté de croyance et de religion, respectée et protégée par l’État. On est libre de suivre une religion ou de n’en suivre aucune. Toutes les religions sont égales devant la loi. Ceci est écrit dans l’Article 24 de la Constitution de 2013.

La Loi sur les croyances et les religions, adoptée le 18 novembre 2016 par l’Assemblée nationale de la XIVe législature, et l’arrêté gouvernemental N°162 datant de 2017 guidant son application permettent de concrétiser ce principe fondamental.

Dans la foulée, plusieurs lois ont été amendées pour être conformes aux réglementations liées à la liberté de religion ou de conviction, telles que le Code civil, la Loi foncière, la Loi sur le patrimoine ou encore la Loi sur l’éducation.

Être prêt au dialogue avec quiconque

Actuellement, on estime que 95% des Vietnamiens sont croyants, dont plus de 26,5 millions d’adeptes religieux, ce qui représente 28% de la population nationale, avec des dizaines de milliers de lieux de culte.

Au Vietnam, toutes les religions sont égales devant la loi. Photo : Phuong Nga/CVN
Au Vietnam, toutes les religions sont égales devant la loi. Photo : VNA/CVN
Au Vietnam, toutes les religions sont égales devant la loi. Photo : VNA/CVN

Le pays compte 43 organisations de 16 religions reconnues par l’État : bouddhisme, catholicisme, protestantisme, caodaïsme, bouddhisme Hoà Hao, islam, bahaïsme, “Tịnh độ Cư sĩ Phật hội” (Association du bouddhisme de la Terre Pure), “Cơ đốc Phục lâm” (Église adventiste du septième jour), bouddhisme “Tứ Ân Hiếu Nghĩa” (Reconnaissance), “Minh Sư đạo”, “Minh lý đạo - Tam Tông Miếu”, brahmanisme, mormonisme, bouddhisme “Hiếu Nghĩa Tà Lơn”, “Bửu Sơn Kỳ Hương”.

En plus de créer des conditions favorables à la pratique religieuse des citoyens, l’État fait en sorte que les organisations religieuses élargissent leurs échanges internationaux. Chaque année, des centaines de délégations religieuses vietnamiennes participent à des activités à l’étranger et de très nombreux dignitaires étrangers viennent au Vietnam.

Au Vietnam, les activités de croyance et religieuse se déroulent de manière dynamique.
Phuong Nga/CVN

Le pays ne rate aucune occasion pour informer de manière proactive la communauté internationale de ses progrès accomplis en matière de liberté religieuse, que ce soit lors de réunions, de forums bilatéraux et multilatéraux ou de dialogues annuels sur les droits de l’homme avec les États-Unis, l’Australie, la Norvège et l’Union européenne.

En marge de la 26e Conférence des parties (COP 26) tenue en novembre 2021 au Royaume-Uni, le Premier ministre Pham Minh Chinh a affirmé : “Je suis prêt à dialoguer avec n’importe qui sur les questions des droits de l’Homme”. Cela montre la bonne volonté et l’ouverture du Vietnam en la matière.

Défigurer la vérité

Malgré tout, certaines organisations malveillantes, dont notamment la Commission américaine sur la liberté religieuse internationale (USCIRF), émettent régulièrement des commentaires négatifs à propos du Vietnam.

Au Vietnam, on est libre de suivre une religion ou de n’en suivre aucune. Photo : VNA/CVN
Au Vietnam, on est libre de suivre une religion ou de n’en suivre aucune. Photo : VNA/CVN

Dans son rapport annuel 2022 sur les évolutions en 2021, l’USCIRF estime que l’application de la Loi sur les croyances et les religions ne serait pas cohérente dans certaines localités du Vietnam et que ses services compétents continueraient “de réprimer et de harceler les fidèles et les organisations religieuses qui n’ont pas encore été reconnues par l’État, d’arrêter, de poursuivre en justice et de juger des activistes religieux”. L’USCIRF cite comme exemple Nguyên Bac Truyên, qu’elle considère comme un “prisonnier de conscience”, et qui, en réalité, a été condamné pour avoir enfreint la loi.

Dans son rapport annuel 2022, l’USCIRF recommande au Département d’État américain de désigner 15 pays dont le Vietnam comme “pays particulièrement préoccupants” (CPC). Il faut savoir que les informations inexactes et non vérifiées qu’elle a utilisées dans ce rapport proviennent toutes d’organisations réactionnaires basées en dehors du territoire vietnamien. Parmi celles-ci, qui maintiennent des contacts étroits avec certains extrémistes au Vietnam, figurent Boat People SOS et Table ronde multi-religieuse au Vietnam.

L'ancienne église de Tùng Son dans le district de Hoa Vang, ville de Dà Nang (Centre).
Photo : VNA/CVN

L’USCIRF a nié la réalité vietnamienne même si elle a été maintes fois, avec d’autres organisations internationales intéressées par cette question, invitée par le gouvernement vietnamien à venir voir de ses propres yeux ce qui se passait dans le pays. Elle a sans doute oublié que dans n’importe quel pays, les activités religieuses sont régulées par la loi et doivent se conformer à la loi.

“À mon avis, ce rapport ne fait presque aucune différence avec les précédents du Département d’État et de la Commission des États-Unis sur la liberté religieuse internationale. Il poursuit le ton de la propagande et de la distorsion de la réalité de la situation religieuse et de la liberté de conviction et de religion au Vietnam. L’USCIRF réitère les cas où elle prétend que nous faisons obstacle à l’exercice du droit à la liberté de croyance religieuse”, a estimé le Professeur agrégé - Docteur Chu Van Tuân, directeur de l’Institut d’études religieuses de l’Académie des sciences sociales du Vietnam.

D’après lui, l’approche de ce rapport et de ses précédents ainsi que le point de vue de la partie américaine sur la liberté religieuse au Vietnam ne changent pas, c’est-à-dire basés sur les histoires de dissidents et d’extrémistes qui violent la loi et les politiques du Parti et de l’État ou qui incitent et rassemblent des gens pour troubler la sécurité publique. Ces personnes organisent même des mouvements insurrectionnels pour fonder leur soi-disant propre État. Et l’USCIRF se base sur leurs histoires pour conclure qu’il n’y a pas de liberté religieuse au Vietnam.

Le rapport montre également des soi-disant preuves de restrictions à la liberté religieuse, mais il s’agissait en fait d’activités de maintien de l’ordre public des autorités vietnamiennes. Les organisations religieuses ou les individus religieux qui violent les lois et politiques juridiques du Vietnam seront jugés pour leurs actes, pas pour leur religion.

Assurer les activités des minorités religieuses

“Les adeptes religieux sont, eux-aussi, des citoyens. Ils doivent donc se conformer à la loi. En réalité, ce rapport transforme la véracité des faits en déclarant que le Vietnam restreint les activités religieuses pour lui exercer des pressions politiques”, a analysé Chu Van Tuân.

La liberté religieuse des minorités ethniques est bien garantie. Photo : VNA/CVN
La liberté religieuse des minorités ethniques est bien garantie. Photo : VNA/CVN
La liberté religieuse des minorités ethniques est bien garantie. Photo : VNA/CVN

Selon lui, dans les rapports des États-Unis sur la liberté religieuse au Vietnam, ils décrivent toujours que le pays limite la pratique religieuse des groupes ethniques, en particulier ceux situés dans des régions reculées, frontalières, insulaires. Ils prétendent que les minorités religieuses sont restreintes, même empêchées par les autorités de pratiquer leur culte.

En fait, leur vie religieuse est très libre, et ils ont aussi des établissements pour pratiquer leur religion. On ne peut donc pas dire que la liberté de conviction des minorités ethniques soit discriminée ou opprimée. “Dans les régions du Vietnam où je suis venu, non seulement dans le Nord-Ouest, mais aussi le Centre, le Tây Nguyên (hauts plateaux du Centre) et le Sud-Ouest, les gens peuvent la vivre en toute liberté” tant qu’ils respectent strictement la loi en général et les politiques juridiques sur les croyances religieuses en particulier.

“Je n’ai pas vu de pays où tous les droits de l’homme et la liberté de religion sont absolument garantis. Car la plupart stipulent que toute activité des organisations religieuses affectant les intérêts sociaux, la sécurité politique et l’ordre public, ou les droits et intérêts légitimes d’autres doit être restreinte. Des pays asiatiques qui nous sont proches comme Singapour, le Japon, la République de Corée ont aussi de telles réglementations. Selon l’approche américaine, il est clair qu’aucun pays ne peut garantir absolument la liberté religieuse, même les États-Unis”, a conclu Chu Van Tuân.

Le Vietnam recommande donc à l’USCIRF de trouver des informations exactes et d’adopter une approche impartiale et constructive lorsqu’elle élabore ses rapports annuels sur la liberté religieuse, non seulement au Vietnam mais aussi dans d’autres pays. Voilà le comportement digne d’une organisation qui déclare vouloir promouvoir la liberté de religion dans le monde.

Phuong Nga/CVN

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