>> L’agriculture vietnamienne maintient sa croissance au premier semestre
>> Vietnam : l’agriculture durable, un nouvel "or vert" sur les marchés internationaux
>> Vers une agriculture vietnamienne plus verte et durable
![]() |
| Transformation de poulpes pour le marché japonais chez Huy Nam, dans la province d’An Giang. |
| Photo: VNA/CVN |
Les exportations de produits agro-sylvicoles et aquatiques demeurent un pilier de l’économie nationale, malgré les nombreuses barrières commerciales et administratives auxquelles elles sont confrontées. Afin d’atteindre l’objectif de 74 milliards de dollars en 2026, plusieurs associations professionnelles appellent les autorités à accompagner les entreprises dans la résolution des difficultés persistantes.
Cette question était au cœur d’une conférence consacrée à la promotion des exportations au second semestre 2026, organisée le 30 juillet à Hô Chi Minh-Ville par le ministère de l’Agriculture et de l’Environnement.
Selon le ministère, à la fin du mois de juillet, le chiffre d'affaires à l'exportation de ce secteur est estimé à près de 42,6 milliards de dollars, soit une hausse de 7% par rapport à la même période en 2025, atteignant ainsi 57,6% du plan annuel. Plusieurs filières, notamment les fruits et légumes, les produits aquatiques, le poivre et le bois, maintiennent une croissance soutenue. De plus, le système national de traçabilité des produits, opérationnel depuis le 1er juillet 2026, renforce la transparence et la compétitivité des produits vietnamiens sur la scène internationale.
Toutefois, le secteur se heurte à des défis majeurs. La valeur d'exportation de produits clés tels que le riz, le café, le caoutchouc et le thé a décliné en raison de la chute des prix mondiaux, tandis que les pays importateurs durcissent leurs normes sur la qualité, la traçabilité et le développement durable. Notamment, le Règlement de l'Union européenne sur la déforestation (EUDR) impose des exigences strictes aux entreprises et à l'ensemble de la chaîne de production.
Simplifier les procédures par la numérisation
Concernant le riz, Dô Ha Nam, président de l'Association des vivres du Vietnam, a souligné que malgré une forte demande, les nouvelles politiques d'importation des Philippines, premier marché du Vietnam, freinent les exportations. L'association préconise un dialogue direct entre les autorités et les organisations professionnelles des deux pays pour établir une coopération durable. Il est également recommandé de soutenir les entreprises vers de nouveaux marchés comme l'Afrique afin de réduire la dépendance aux débouchés traditionnels. Par ailleurs, une gestion flexible des récoltes est nécessaire pour stabiliser les prix et garantir les profits des agriculteurs. L’accès au crédit pour le stockage ainsi que l’accélération du remboursement de la TVA par le ministère des Finances sont également considérés comme des mesures essentielles.
Pour la filière des fruits et légumes, Nguyên Thanh Binh, président de l'Association des fruits et légumes du Vietnam, a pointé la complexité de l'octroi des codes de zones de culture et des unités d'emballage. Les disparités entre les pratiques de production locales et les exigences internationales, ainsi que l'usage incontrôlé de produits chimiques, nuisent à la réputation des produits vietnamiens. L'association propose de simplifier les procédures par la numérisation, de passer d'un contrôle a priori à un contrôle a posteriori, et de renforcer la surveillance des intrants agricoles.
L'Association des fruits et légumes du Vietnam a également appelé à lever rapidement les obstacles liés à la TVA, aux remboursements de TVA et aux justificatifs de transaction, à accélérer les négociations avec la Chine en vue de la reconnaissance mutuelle des résultats des contrôles sanitaires et phytosanitaires ainsi que de l'interconnexion des données douanières afin de raccourcir les délais de dédouanement, tout en encourageant les investissements dans les infrastructures logistiques et les systèmes de contrôle dans les zones de production.
Le ministre de l’Agriculture et de l’Environnement, Trinh Manh Hung, a averti que le contexte international resterait complexe au second semestre 2026, marqué par les tensions géopolitiques et la montée du protectionnisme. Sur le plan national, les catastrophes naturelles et les épidémies nécessitent une capacité d’adaptation accrue.
Le ministère accordera la priorité au développement des marchés à fort potentiel, notamment ceux de l'ASEAN, de l'Asie du Sud, du Moyen-Orient, de l'Afrique et de l'Amérique latine. Il poursuivra également l'extension du Système national de traçabilité des produits agricoles, sylvicoles et aquatiques afin d'aider les entreprises à exploiter les données au service des négociations et du développement des marchés d'exportation.
VNA/CVN



