10/10/2021 09:40
Hanoï est réputée pour son patrimoine architectural. Parmi celui-ci se trouve notamment les portes de l’ancienne ville, comme Ô Quan Chuong. Quelles étaient-elles par le passé et à quoi servaient-elles ?
>>Le Vieux quartier de Hanoï vise à être reconnu par l’UNESCO
>>La porte Quan Chuong, témoigne historique de Hanoï
>>Hanoï à travers le temps avec les ponts
>>La grandeur de la capitale millénaire en ligne

La porte Quan Chuong autrefois.
Photo : Archives - NSHN/CVN


Située aux berges du fleuve Rouge, Hanoï est la capitale historique, économique, culturelle et artistique du Vietnam. En 1010, le roi Ly Công Uân (Ly Thai Tô, 974-1028) transféra la capitale de Hoa Lu (actuelle province septentrionale de Ninh Binh) à Dai La (Hanoï actuelle).

Selon les archives, après le transfert de la capitale, le roi Ly Công Uân ordonna de mettre en chantier de nombreux ouvrages impériaux, dont la citadelle de Thang Long qui fut construite selon l’architecture "tam trùng thành quach" (littérairement trois anneaux de citadelles). La citadelle la plus intérieure s’appelait Citadelle interdite ("Cung thành" en vietnamien) et fut le lieu d’habitation du roi, de ses proches et des mandarins. Venait ensuite la citadelle du milieu ("Hoàng thành"), aussi appelée Cité impérial. Enfin, à l’extérieur, se trouvait la citadelle extérieure ("La thành") ou citadelle de Dai La, qui était utilisée comme une digue pour protéger les citadelles face aux crues du fleuve Rouge et de la rivière Tô Lich. Dans cette dernière partie, plusieurs portes et postes de garde furent construits. Il s’agit sans doute des premières portes de Hanoï.

Points du trafic clés

Mais le nom "cua ô" (porte) n’a été utilisé qu’après que le maire du palais Trinh Doanh (1720-1767) ordonna de reconstruire en 1749 le mur de 16 km de long qui avait été construit sous la dynastie des Mac (1527-1677).

Le terme "cua ô" désigne les portes reliant le centre de la capitale et ses périphéries, et à travers lesquelles les habitants pouvaient passer pour faire du commerce. Les portes étaient ouvertes le jour et fermées la nuit. Les gardes effectuaient des patrouilles régulières pour prévenir la criminalité et les incendies.

À cette époque, huit portes furent construites pour faciliter la circulation des habitants. Ces structures ont la même architecture et même dimension, avec une porte (allée) principale au centre et deux autres plus petites à gauche et à droite. Au-dessus de la porte principale se trouvait un belvédère pour les gardiens.

Plan de Hanoï en 1866-1876 avec 15 portes.
Photo : Archives - NSHN/CVN

Le nombre de portes a changé lors de chaque nouvelle dynastie féodale. Certains documents historiques tels que Bac thành du dia chi (Livre géographique sur la citadelle du Nord) rédigé par le gouverneur Lê Chât sous le règne du roi Minh Mang (1791-1841) ou Phuong Dinh du dia chi loai (Livre géographique de Phuong Dinh), rédigé en 1882 par Nguyên Van Siêu et Bùi Ngoc Quy, indiquent qu’Hanoï disposait 21 "cua ô".

Sur la carte de Hanoï dessinée en 1831 par Lê Duc Lôc et Nguyên Công Tiên, puis redessiné en 1956 par Trân Huy Ba, la capitale n’avait que 16 portes. Toujours selon les documents historiques, la plupart des portes s’ouvraient vers le fleuve Rouge et la rivière Tô Lich afin de faciliter les activités commerciales entre les citadins et les campagnes environnantes. 

Sur la carte en 1866, sous le règne du roi Tu Duc, il n’en existait plus que 15. En 1890, une carte en français indiquait également certaines des portes restantes, dont la Porte Mandarine (Ô Dông Lâm), la Porte du Roi (Ô Cho Dua), la Porte de Sontay (Ô Câu Giây) ou la Porte de Hué (Ô Câu Dên), etc.

En ce qui concerne la forme des portes, il en existait deux types : celle ayant un dôme abritant un belvédère (comme Ô Quan Chuong) et celle, plus simple, soutenues seulement par deux piliers et deux portes en bois.

Nouvelle physionomie à l’époque moderne

Au début du XXe siècle, Hanoï ne disposait plus que cinq portes que sont Ô Câu Giây, Ô Câu Dên, Ô Cho Dua, Ô Dông Mac et Ô Dông Hà ou Ô Quan Chuong. Aujourd’hui, seule Ô Quan Chuong, située rue Hàng Chiêu, a survécu aux affres du temps. Les quatre autres ont disparu mais leurs noms sont restés et ont été donnés à des districts de la capitale.

Ainsi, Ô Câu Giây se situait au carrefour entre les routes de Lang, Buoi, l’arrondissement de Câu Giây et la rue Kim Ma. Ô Câu Dên, au carrefour reliant les rues Huê, Bach Mai, Dai Cô Viêt et Trân Khat Chân. Ô Cho Dua est actuellement le point d’intersection de six rues (Xa Dàn, Khâm Thiên, Tôn Duc Thang, Tây Son, Dê La Thành et Ô Cho Dua). Ô Dông Mac se situait à la fin de la rue Lo Duc, à l’intersection avec les rues Trân Khat Chân et Kim Nguu. 

Si les portes ont disparu au fil du temps, les noms restent néanmoins, vestiges de la culture millénaire de la capitale.

My Anh - BTT/VNA/CVN



 


Réagir à cet article
Commentaire:*
E-mail:*
Nom:*
Espace francophone
Les œuvres en galets uniques d’une jeune Hanoïenne

Un stupa centenaire révèle la culture de l’ethnie Lào Le stupa Muong Và, patrimoine culturel de 400 ans de la province montagneuse de Son La (Nord), a longtemps été considéré comme un chef-d’œuvre d’architecture reliant le passé au présent tout en défendant les valeurs spirituelles uniques.