Les métiers artisanaux et la croissance durable

Dans un contexte de développement durable, les villages de métiers artisanaux du Vietnam s’affirment comme des acteurs clés de l’économie culturelle, conciliant préservation des traditions, innovation et ouverture aux marchés internationaux.

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Le modelage des produits en céramique de Bat Tràng constitue une des étapes les plus complexes, nécessitant l’intervention d’artisan qualifié. 
Photo : VNA/CVN

Dans un nouveau contexte de développement, où la culture est de plus en plus considérée comme un pilier de la croissance durable, la Résolution 80 du Bureau politique ouvre une nouvelle approche en plaçant la culture à la fois comme fondement et moteur du développement. Dans cette dynamique, les métiers artisanaux et les villages de métiers d’art sont appelés à jouer un rôle clé dans la promotion de l’industrie culturelle et de l’économie fondée sur l’identité nationale.

Selon les experts, les villages de métiers ne se limitent pas à la préservation des valeurs traditionnelles, mais deviennent des acteurs créatifs de l’économie moderne. Chaque produit artisanal ne possède pas seulement une valeur utilitaire, mais porte également une histoire, une identité et des émotions propres à chaque région, constituant ainsi un avantage distinctif face aux produits industriels.

L’"Artiste du Peuple" Vuong Duy Biên, président de l’Association pour le développement des industries culturelles du Vietnam, a souligné que le pays dispose d’un réseau riche et diversifié de villages de métiers. Ceux-ci ont su préserver l’essence culturelle nationale tout en s’adaptant aux exigences du marché. Dans le contexte actuel, la culture doit non seulement conserver sa valeur spirituelle, mais aussi devenir un secteur capable de générer des revenus et de contribuer directement à la croissance économique.

Sur le terrain, l’innovation apparaît comme un facteur déterminant pour la pérennité des métiers traditionnels. Le village de céramique de Huong Canh, dans la province de Phu Tho, en est une illustration. Après une période de déclin face à la concurrence des produits industriels, ce village a retrouvé un nouvel élan grâce à la combinaison des techniques traditionnelles et du design moderne. Les produits en céramique, autrefois limités à l’usage quotidien, s’orientent désormais vers l’art décoratif et l’architecture.

L’implication de la jeune génération, notamment de l’artiste Nguyên Hông Quang, a contribué à insuffler une nouvelle dynamique. En associant savoir-faire traditionnel et formation artistique moderne, les produits de Huong Canh gagnent en diversité et en valeur esthétique, conquérant progressivement les marchés nationaux et internationaux.

Parallèlement, le village de Bat Tràng, à Hanoï, constitue un exemple typique de développement durable fondé sur une innovation continue. Fort de plusieurs siècles d’histoire, Bat Tràng a su moderniser sa production, diversifier ses produits et intégrer le tourisme expérientiel à son modèle économique. Aujourd’hui, le village compte près de 200 entreprises et environ 1.000 foyers de production, générant un chiffre d’affaires annuel supérieur à 2.000 milliards de dôngs. Ses produits sont exportés vers de nombreux marchés tels que le Japon, la République de Corée et l’Europe. En 2025, Bat Tràng a été reconnu comme membre du Réseau mondial des villes artisanales créatives.

Le village de dorure à la feuille d’or de Kiêu Ky, également à Hanoï, illustre quant à lui la capacité de préservation et d’adaptation. Unique en son genre au Vietnam, ce métier, riche de plus de 300 ans d’histoire, a été inscrit au patrimoine culturel immatériel national. Aujourd’hui, ses produits ne se limitent plus aux ouvrages cultuels, mais s’étendent aux domaines de la décoration intérieure et de l’art.

Face à une concurrence accrue, les villages de métiers doivent concilier préservation de l’identité et innovation. La Résolution 80 constitue ainsi une orientation stratégique pour valoriser les ressources endogènes, stimuler la créativité et accroître la valeur des produits artisanaux.

En tant que l’un des célèbres villages artisanaux traditionnels de Hanoï, le village de soie de Van Phuc a une longue histoire, existant depuis plus de 10 siècles. 
Photo : VNA/CVN

Le Vietnam compte actuellement environ 5.400 villages de métiers, dont 2.000 traditionnels, employant près de 11 millions de personnes. Leurs produits sont exportés vers plus de 160 pays et territoires, générant plus de 2 milliards de dollars par an.

Ainsi, grâce à des orientations appropriées, les métiers artisanaux ne se contentent pas de préserver la culture, mais deviennent un moteur essentiel du développement économique durable, contribuant à affirmer l’identité vietnamienne dans le processus d’intégration internationale.

VNA/CVN

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