Les États-Unis disent discuter d'un nouveau rendez-vous avec l'Iran

Washington a annoncé le 15 avril discuter de la tenue d'une deuxième session de négociations avec Téhéran, se disant "optimiste" sur les chances d'un accord, après la menace de l'Iran de bloquer la circulation en mer Rouge face au blocus américain de ses ports.

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Le président américain Donald Trump parle à la presse à l'extérieur du Bureau ovale de la Maison Blanche, le 13 avril à Washington.
Photo : AFP/VNA/CVN

L'Iran a pour sa part réaffirmé sa volonté de continuer à négocier, alors que le monde espère la prolongation du cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril, et la sortie d'un conflit qui a fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban, tout en secouant l'économie mondiale.

Des discussions ont lieu en vue d'une reprise des pourparlers à Islamabad, la capitale du Pakistan, "mais rien n'est officiel" encore, a déclaré Karoline Leavitt, la porte-parole de la Maison Blanche.

"Mais nous sommes optimistes quant à la perspective d'un accord", a-t-elle ajouté, tandis que le médiateur pakistanais poursuit ses efforts, après l'échec d'une première session de discussions à Islamabad le 12 avril.

L'influent chef de l'armée pakistanaise Asim Munir a été accueilli le 14 avril en Iran par le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi.

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a affirmé que "plusieurs messages avaient été échangés via le Pakistan" depuis trois jours.

Mais il a campé sur une exigence iranienne majeure : le droit au nucléaire civil ne peut être "retiré sous la pression ou à travers le conflit", a-t-il déclaré, ouvrant seulement la porte à des débats sur "le niveau et le type d'enrichissement" d'uranium.

Les objectifs d'Israël et des États-Unis concernant l'Iran "sont identiques", a assuré le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, citant notamment "l'abandon de la capacité d'enrichissement à l'intérieur de l'Iran".

Double blocus maritime 

Sur le terrain, Téhéran verrouille toujours le détroit d'Ormuz et Washington impose depuis le 13 avril un blocus sur les navires en provenance ou à destination des ports iraniens.

L'armée américaine a annoncé le 15 avril avoir empêché dix navires de quitter les ports iraniens. "Les forces américaines ont complètement mis à l'arrêt le commerce maritime" de l'Iran, a assuré le chef des forces américaines dans la région, Brad Cooper, soulignant qu'environ "90%" de l'économie iranienne en dépendaient.

Si les États-Unis "créent de l'insécurité pour les navires commerciaux de l'Iran et les pétroliers", cela constituera "le prélude" à une violation du cessez-le-feu, a rétorqué le général Ali Abdollahi, chef du Commandement des forces armées iraniennes.

L'Iran ne permettra "aucune exportation ou importation dans le Golfe persique, en mer d'Oman ou en mer Rouge", a-t-il ajouté, sans préciser la forme que prendrait le blocage en mer Rouge.

Le conseiller du guide suprême iranien Mohsen Rezaei a, lui, menacé de couler les navires américains s'ils tentaient de faire la "police" dans le détroit.

"Vos navires seront coulés par nos premiers missiles et c'est un danger pour les militaires américains", a-t-il menacé à la télévision iranienne.

Les ministres des Finances de 11 pays, dont le Royaume-Uni, le Japon et l'Australie, ont appelé "à une résolution négociée" du conflit, évoquant les menaces "sur la sécurité énergétique mondiale, les chaînes d'approvisionnement, ainsi que la stabilité économique et financière".

La Bourse de New York a terminé orientée à la hausse le 15 avril, le S&P 500 et le Nasdaq atteignant de nouveaux records, les investisseurs misant sur une poursuite des négociations américano-iraniennes.

Israël frappe 200 cibles du Hezbollah 

Au Liban, qu'Israël estime ne pas être concerné par la trêve, les hostilités avec le Hezbollah se poursuivent malgré des discussions le 14 avril entre les ambassadeurs des deux pays aux États-Unis en vue de négociations directes.

La diplomatie américaine a précisé que la date et le lieu "restaient à fixer d'un commun accord".

Donald Trump jugerait "bienvenue la fin des hostilités" au Liban, mais cette question ne figure pas à l'agenda des négociations avec l'Iran, a déclaré le 15 avril un haut responsable américain.

"Le démantèlement du Hezbollah" est le premier but de ces négociations entre Israël et le Liban, a réaffirmé le 15 avril M. Netanyahu.

La fumée d'une frappe aérienne israélienne sur le village de Qlaile, dans le Sud du Liban, le 14 avril.
Photo : AFP/VNA/CVN

L'armée israélienne a annoncé avoir frappé plus de 200 cibles du mouvement chiite dans les dernières 24 heures, et qu'Israël avait été visé par une trentaine de roquettes dans la matinée.

Elle a reçu l'ordre de tuer tout combattant du Hezbollah dans une zone allant de la frontière jusqu'au fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord, selon un communiqué militaire.

Le mouvement chiite a de son côté qualifié de "capitulation" les discussions entre les deux pays.

Un million de personnes ont été déplacées au Liban, soit un cinquième de la population, d'après l'ONU, qui a appelé la communauté internationale à apporter un soutien urgent à ce pays.

AFP/VNA/CVN

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