01/08/2020 16:04
Plongeon des économies, mesures sanitaires en ordre dispersé et bilan humain toujours plus lourd : les effets de l'épidémie de coronavirus vont se faire sentir pendant des "décennies", prédit l'OMS, alors que pointe déjà une bataille des vaccins.
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Anthony Fauci, directeur de l'Institut américain des maladies infectieuses témoignent à Washington DC le 31 juillet.
Photo : AFP/VNA/CVN
Aux États-Unis, pays le plus endeuillé, le nombre de morts en une journée dépasse les 1.200 depuis quatre jours.

Six mois après avoir décrété l'urgence mondiale, le Comité d'urgence de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) s'est réuni vendredi 31 juillet pour évaluer la pandémie. "Cette pandémie est une crise sanitaire comme on n'en voit qu'une par siècle, et ses effets seront ressentis pour les décennies à venir", a déclaré le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

À ce jour, la contagion s'est étendue à 17 millions de personnes dans le monde et a fait au moins 673.909 morts, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles vendredi à 11h00 GMT.

En sinistre position de tête, les États-Unis comptent 153.268 morts dont 1.442 vendredi 31 juillet, un décès toutes les minutes. Au 2e rang vient le Brésil, avec 91.263 morts, puis le Mexique qui a accusé un nouveau record de plus de 8.000 contaminations en 24 heures vendredi et 46.688 décès jusqu'ici. Le Royaume-Uni suit de près avec 46.119 morts.

La Colombie, 4e pays d'Amérique du sud le plus touché, a dépassé le cap des 10.000 décès vendredi 31 juillet, tandis que le Vietnam et les Fidji ont annoncé chacun leur premier mort.

Intense course aux vaccins 

Sur le front médical, signe de la compétition intense entre les États, les alliances se multiplient pour s'assurer un accès à un futur vaccin anti COVID-19 et les rivalités surgissent.

L'immunologue Anthony Fauci, voix de la raison scientifique aux États-Unis sur la pandémie, a jeté un pavé dans la mare vendredi en émettant des doutes sur la sécurité des vaccins actuellement développés par la Russie et la Chine.

"J'espère vraiment que les Chinois et les Russes testent leurs vaccins avant de les administrer à qui que ce soit", a-t-il déclaré lors d'une audition devant le Congrès américain.

Sans partager de données scientifiques sur la sécurité de ses projets de vaccins, Moscou a annoncé cette semaine espérer entamer dès l'automne la production industrielle de deux vaccins conçus par des chercheurs de centres étatiques.

En Chine, un projet de vaccins est conçu notamment par un institut de recherche militaire. L'armée chinoise en a autorisé fin juin l'utilisation dans ses rangs, alors même que les dernières phases de test n'avaient pas démarré.

Un soignant regarde son téléphone à l'extérieur du service des urgences de l'hôpital de Coral Gables près de Miami le 30 juillet en pleine épidémie de coronavirus. Photo : AFP/VNA/CVN

"Affirmer disposer d'un vaccin prêt à être distribué avant même de le tester est, selon moi, problématique, pour ne pas dire plus", a encore lancé le très respecté directeur de l'Institut américain des maladies infectieuses devant les élus.

Côté européen, le français Sanofi et le britannique GSK ont annoncé vendredi  31 juillet un accord avec les États-Unis, pour un financement de plus de 2 milliards d'USD contre la fourniture initiale de 100 millions de doses aux Américains. L'Union européenne s'est mise sur les rangs en réservant 300 millions de doses pour une somme indéterminée, pour l'année prochaine.

Le Japon a de son côté signé avec l'alliance germano-américaine Biontech/Pfizer pour s'assurer 120 millions de doses d'un vaccin potentiel. Cette âpre compétition fait polémique car elle pose la question de l'accès à l'immunisation des pays à bas revenus.

Économies en berne 

Sur le plan économique, les statistiques mondiales, plombées par les restrictions et mesures de confinement dans de nombreux pays, donnent le tournis.


La zone euro a enregistré au deuxième trimestre un plongeon historique de 12,1% de son PIB, a annoncé vendredi 31 juillet l'Office européen de statistiques.

En France, la chute du 2e trimestre est de 13,8%, en Espagne de 18,5%, en Allemagne, moteur économique de l'Europe, de 10,14%.

Aux États-Unis, le confinement a entraîné un effondrement du PIB de 32,9% pendant la même période en rythme annualisé. Par rapport au deuxième trimestre 2019, la baisse est de 9,5%.

Restrictions renouvelées 

Face à une pandémie que rien ne semble pouvoir arrêter, les autorités renouvellent les mesures sanitaires en ordre dispersé.

Le secteur aérien a dénoncé les restrictions de voyage "incohérentes" dans l'UE qui "sapent la confiance des consommateurs". "Certaines de ces mesures nationales unilatérales sont contraires aux conseils des experts", ont déploré les compagnies aériennes au sein notamment de l'Association internationale du transport aérien (Iata), réclamant davantage de coordination.

Plusieurs pays européens ont pris des mesures de quarantaine à l'encontre d'autres États ou régions de l'UE, comme le Royaume-Uni vis-à-vis de l'Espagne en raison d'un rebond de l'épidémie, prenant de court des milliers de touristes déjà sur place.

L'été, qui a fait un retour marqué avec des températures suffocantes en Europe de l'Ouest, a poussé les autorités à rappeler la persistance de l'épidémie à ceux qui se ruent sur les plages ou abandonnent le masque. En France, les préfets pourront désormais étendre l'obligation du port du masque à l'extérieur.

En Grèce, une prolongation jusqu'à fin août du confinement imposé aux migrants dans les camps surpeuplés a été décrétée alors que les cas de contamination augmentent dans le pays.

Londres a décidé de repousser d'au moins deux semaines la prochaine phase du déconfinement en Angleterre, prévue samedi avec la réouverture de certains lieux publics.

Dans un revirement de doctrine, le Danemark recommande désormais le port du masque dans les transports publics.

AFP/VNA/CVN

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