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| Réunion ministérielle du Numérique de l'ASEAN avec quatre partenaires (Chine, États-Unis, R. de Corée, Inde (ADGMIN+), à Hanoï le 16 janvier 2026. |
| Photo : VNA/CVN |
Ce rendez-vous apparaît ainsi comme un jalon stratégique appelé à orienter l’avenir de la région pour les décennies à venir. Dans cette dynamique, le rôle du Vietnam se distingue de plus en plus nettement : d’un membre "participant activement", il évolue progressivement vers celui d’"acteur de co-construction", contribuant à façonner les priorités stratégiques et les orientations de développement de l’ASEAN dans cette nouvelle phase.
Relier vision stratégique et actions concrètes
Dès la phase d’élaboration du concept ASEAN 2045, le Vietnam a participé activement et en profondeur aux discussions, en avançant de nombreuses propositions visant à garantir le caractère concret, réalisable et équilibré des intérêts entre les États membres. L’approche vietnamienne repose de manière constante sur le renforcement de la solidarité intra-régionale, l’amélioration de la résilience collective et la réduction des risques de fragmentation dans un contexte de compétition géopolitique croissante.
Fait notable, le Vietnam ne s’est pas contenté de contribuer à la définition des orientations stratégiques. Il a également pris l’initiative de promouvoir une meilleure articulation entre vision de long terme et mise en œuvre concrète. Cette dimension revêt une importance particulière, alors que l’un des principaux défis de l’ASEAN réside depuis longtemps dans l’écart entre les engagements pris et leur application effective. Réduire cette distance permettrait non seulement d’améliorer l’efficacité de la coopération régionale, mais aussi de renforcer la crédibilité et la centralité de l’ASEAN dans l’architecture régionale.
Alors que les chocs extérieurs se multiplient, notamment les répercussions du conflit au Moyen-Orient sur les chaînes mondiales d’approvisionnement énergétique, le Vietnam a démontré son rôle proactif en proposant des initiatives destinées à renforcer la capacité de résilience de l’ASEAN. L’une des idées marquantes consiste à créer une réserve stratégique régionale de produits pétroliers, afin de promouvoir une approche collective de la sécurité énergétique et de réduire la dépendance à l’égard des approvisionnements extérieurs.
Parallèlement, le Vietnam encourage activement la coopération énergétique intra-régionale, notamment en coordination avec Singapour pour le développement du réseau électrique de l’ASEAN à travers des études techniques et des systèmes de câbles sous-marins transfrontaliers. Si ce projet se concrétise, il pourrait constituer la base d’un marché régional intégré de l’énergie, facteur essentiel pour garantir la stabilité de l’approvisionnement et accompagner la transition vers les énergies propres.
Autre évolution notable de l’approche vietnamienne : l’élargissement du champ de coopération de l’ASEAN au-delà des frontières régionales. Face aux développements complexes au Moyen-Orient affectant directement les citoyens des pays membres, le Vietnam a proposé la mise en place d’un mécanisme de coordination consulaire entre les États de l’ASEAN afin de renforcer la protection des ressortissants dans les pays tiers. Cette initiative contribue à donner une dimension plus concrète au concept de "Communauté de l’ASEAN", en apportant des bénéfices concrets aux populations.
Un facteur de consensus et de stabilité régionale
Dans un contexte où l’Asie du Sud-Est subit de plus en plus les effets de la rivalité stratégique entre les grandes puissances, le maintien de la solidarité et de l’unité internes devient une condition essentielle pour préserver le rôle central de l’ASEAN. Dans ce processus, le Vietnam apparaît comme un important facteur de conciliation.
Le Vietnam poursuit avec constance une approche équilibrée, flexible mais fidèle aux principes, en particulier ceux du consensus, de la non-ingérence et du règlement pacifique des différends sur la base du droit international. Ces principes constituent le "ciment" permettant aux États membres, malgré leurs divergences d’intérêts, de parvenir à des positions communes.
Ce rôle s’illustre particulièrement dans des dossiers sensibles tels que la Mer Orientale ou la crise au Myanmar, où le Vietnam privilégie généralement une approche fondée sur le dialogue, la réduction des divergences et la recherche du consensus régional. Cette méthode contribue également à renforcer la position collective de négociation de l’ASEAN vis-à-vis de ses partenaires extérieurs.
Dans le domaine économique et commercial, face aux mesures de pression extérieures, le Vietnam affiche clairement son soutien à la coopération, évite les logiques de confrontation et encourage l’ASEAN à coordonner ses actions plutôt qu’à réagir de manière isolée. Cette approche reflète une vision stratégique de long terme : renforcer les capacités internes afin de réduire les risques, plutôt que de se laisser entraîner dans les spirales de compétition.
Sous cet angle, le Vietnam n’est plus seulement un membre actif, mais joue également le rôle d’un véritable "coordinateur stratégique", contribuant à orienter la réponse collective de l’ASEAN vers davantage de stabilité et de durabilité.
Un moteur de l’intégration économique
Sur le plan économique, le Vietnam demeure l’un des moteurs de l’intégration régionale grâce au développement du commerce, des investissements et de la connectivité des infrastructures. Au-delà de la mise en œuvre des engagements existants, le pays propose activement de nouvelles initiatives dans des secteurs clés tels que les chaînes d’approvisionnement, l’énergie ou encore les infrastructures numériques.
Le Vietnam joue également un rôle important dans la réduction des écarts de développement, notamment à travers la coordination de l’Initiative pour l’intégration de l’ASEAN (IAI). En favorisant la connectivité logistique, l’économie numérique et les infrastructures, il contribue à promouvoir une intégration plus inclusive et à limiter les risques de fragmentation susceptibles d’affaiblir la cohésion régionale.
Il convient de souligner que les propositions vietnamiennes s’inscrivent pleinement dans les tendances de transformation de l’économie régionale, où les technologies numériques, les énergies propres et la connectivité des infrastructures deviennent de nouveaux moteurs de croissance. Cela témoigne d’une vision d’une ASEAN non seulement liée par des politiques communes, mais aussi profondément intégrée sur les plans économique et infrastructurel.
Une empreinte vietnamienne de plus en plus visible
Selon le secrétaire général de l’ASEAN, Kao Kim Hourn, le Vietnam est, depuis plus de trente ans, un membre important et constructif, ayant apporté des contributions remarquables dans les trois piliers de la communauté : politique-sécurité, économie et socio-culturel. Dans le contexte de la mise en œuvre de la Vision 2045, son rôle devrait continuer à se renforcer.
Le secrétaire général de l’ASEAN a estimé que la première participation du Premier ministre Lê Minh Hung au sommet en tant que chef du gouvernement illustre la stabilité et la vision stratégique de la nouvelle direction vietnamienne, créant une base favorable à des contributions plus approfondies au processus régional.
Du point de vue des partenaires, l’ambassadrice de Nouvelle-Zélande auprès de l’ASEAN, Joanna Anderson, a salué le rôle de coordination flexible du Vietnam, notamment dans les domaines de la sécurité énergétique et de l’économie. De son côté, l’ambassadeur d’Indonésie auprès de l’ASEAN, Derry Aman, a souligné que le Vietnam constituait un facteur de cohésion, démontrant constamment un engagement fort envers les principes fondamentaux de l’ASEAN.
Ces appréciations traduisent la reconnaissance croissante de la communauté internationale à l’égard du rôle de plus en plus proactif et substantiel du Vietnam au sein de l’ASEAN.
Le rôle du Vietnam au sein de l’ASEAN évolue ainsi vers une implication plus profonde et plus structurante. En combinant vision stratégique de long terme et actions concrètes et pragmatiques, le pays imprime une marque de plus en plus visible dans le processus de développement régional.
Dans un contexte d’intégration marqué par de nombreuses turbulences, le parcours du Vietnam au sein de l’ASEAN dépasse désormais le simple stade de l’adaptation pour entrer dans une véritable phase de co-construction, contribuant à façonner une ASEAN plus solidaire, résiliente et tournée vers l’avenir.
VNA/CVN




