Le pétrole chute, avec les espoirs d'une réouverture du détroit d'Ormuz

Les cours du pétrole ont nettement reculé le 27 mai, le marché tablant sur une résolution prochaine du conflit entre les États-Unis et l'Iran, ainsi que la réouverture du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

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Navire pétrolier sous pavillon iranien et un navire de guerre américain, le 8 mai.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juillet, a perdu 5,31% à 94,29 dollars après avoir glissé jusqu'à 94,13 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison le même mois, a chuté de 5,55% à 88,68 dollars. Il a touché un plus bas à 87,77 dollars en séance.

"L'opinion générale est qu'une solution va être trouvée pour rouvrir le détroit d'Ormuz", résume Robert Yawger, de Mizuho USA.

Près d'un cinquième du pétrole mondial transite d'ordinaire par ce goulet d'étranglement, de facto bloqué par Téhéran depuis les premières frappes israélo-américaines en Iran, fin février.

Donald Trump a dit le 27 mai qu'il n'était "pas satisfait" des propositions iraniennes, tandis que Téhéran a jugé peu probable la reprise des hostilités.

Pour Robert Yawger, les deux parties "subissent de fortes pressions politiques" pour que "ce passage soit rouvert et que le pétrole puisse circuler le plus rapidement possible."

Côté américain, le conflit propulse les prix à la pompe à quelques mois des élections de mi-mandat, et le président américain voit les mauvais sondages s'accumuler.

"Les dirigeants iraniens subissent eux aussi des pressions pour parvenir à un accord qui leur permette de recommencer à exporter du pétrole et, peut-être même, de récupérer une partie de leurs avoirs gelés auprès des banques occidentales à travers le monde", note M. Yawger.

Si la navigation à travers ce passage reprenait, les prix de l'or noir pourraient descendre jusqu'à 80 dollars le baril, ajoute l'analyste.

Mais ils ne reviendraient pas à leurs niveaux du début d'année et resteraient significativement plus élevé car "les stocks mondiaux doivent être reconstitués, les capacités de raffinage endommagées doivent être restaurées, la production de pétrole à l'arrêt dans la région doit être relancée et, enfin, le pétrole brut et les produits raffinés doivent être acheminés", relève Arne Lohmann Rasmussen, de Global Risk Management.

Un retour à la normale des flux pétroliers pourrait nécessiter plusieurs semaines, voire plusieurs mois, estiment de nombreux spécialistes, notamment en raison des opérations de déminage pour sécuriser les voies maritimes.

AFP/VNA/CVN

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