Le pétrole accélère sa hausse après la baisse surprise des stocks américains

Les cours du pétrole ont enchaîné une troisième séance de hausse mercredi 21 décembre, stimulés par la diminution inattendue des stocks américains de brut, ainsi que par l'annonce d'un retard dans la remise en service complète d'un oléoduc aux États-Unis.

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Le stockage du pétrole américain.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en février a gagné 2,76%, pour clôturer à 82,20 USD. Quant au baril de West Texas Intermediate (WTI) américain, également pour livraison en février, il a pris 2,70%, à 78,29 USD.

Le WTI est au plus haut depuis plus de deux semaines. Initialement, le marché a été porté par l'annonce de la prolongation de l'arrêt d'une partie de l'oléoduc Keystone, selon Andrew Lebow, de Commodity Research Group.

Le segment qui relie Steele City (Nebraska) au terminal de Cushing (Oklahoma), centre de stockage de référence aux États-Unis, demeure fermé, à indiqué le groupe canadien TC Energy, opérateur du pipeline, une semaine après la remise en service du reste de l'infrastructure. Ces perturbations sur l'oléoduc qui achemine du brut canadien vers les États-Unis sont liées à une fuite survenue, il y a deux semaines, dans le nord du Kansas.

Les opérateurs s'inquiètent également, selon Andrew Lebow, d'informations indiquant que les exportations de pétrole russe ont ralenti ces deux dernières semaines, depuis l'entrée en vigueur de l'embargo européen et du mécanisme de plafonnement des prix. Le curseur a été poussé plus loin dans le vert avec la publication de l'état des stocks aux États-Unis.

Les réserves commerciales de pétrole brut aux États-Unis ont chuté de 5,9 millions de barils la semaine dernière, selon des chiffres publiés mercredi par l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA), alors que les analystes attendaient une hausse de 2,5 millions.

Le mouvement de repli des stocks s'explique, pour partie, par le net ralentissement des importations (-15%), tandis que les exportations de brut sont demeurées inchangées. Pour Matt Smith, de Kpler, le fléchissement des importations tient à l'arrêt de l'oléoduc Keystone. Autre élément surprise, le rebond de la demande de produits raffinés (+4,8% sur une semaine), qui se situe désormais au-dessus de son niveau de la même période de l'an dernier.

L'EIA a notamment enregistré un regain de livraisons d'essence (+5,5%) ainsi que de produits distillés (+6,5%), qui comprennent, entre autres, le fioul domestique. Edward Moya, d'Oanda, a également relevé le haut niveau de consommation du kérosène, quasiment au plus haut depuis cinq ans pour la saison.

"La demande de kérosène est clairement repartie, alors qu'on approche de la saison des fêtes", a-t-il commenté, dans une note. "L'orientation des cours reste à la hausse pour les prix du pétrole", ajoute-t-il, "et cela devrait rester ainsi si (l'assouplissement des mesures sanitaires en Chine) ne rencontre pas d'obstacle majeur". 

APS/VNA/CVN

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