L'autorisation de voyage pour le Royaume-Uni bien anticipée par les voyageurs

Au milieu de la frénésie de la gare du Nord à Paris ou de la gare du Midi à Bruxelles, les voyageurs en partance pour Londres ont tous leur sésame. Ils ont bien anticipé la nouvelle obligation d'une autorisation de voyage électronique (ETA) pour les visiteurs européens souhaitant se rendre au Royaume-Uni.

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Un train à la gare du Nord à Paris. 
Photo : AFP/VNA/CVN

"Pour l'instant, on n'a pas encore eu de passagers refoulés à cause de l'ETA", affirme une agente d'escale d'Eurostar à Paris.

L'entreprise ferroviaire franco-britannique a prévu les éventuels oublis ou difficultés pour se procurer cette autorisation valable deux ans. "Toute personne qui n'a pas l'ETA fait ou approuvé aura un mois pour décaler son voyage, en attente" du document, précise l'agente.

Touristes et cadres se mêlent dans le hall de la gare parisienne.

Claude Allary, en route pour un voyage de trois jours avec sa femme, a appris la nouvelle règle "un petit peu par hasard, en lisant le journal", explique-t-il à l'approche des contrôles.

"J'ai réussi mais ce n'était pas facile", témoigne ce retraité de 70 ans, qui a réalisé les démarches via le site du gouvernement britannique plutôt que l'application dédiée "UK ETA".

"Suivre les instructions sur internet, mettre son passeport dans certaines positions, à l'envers, à l'endroit, attendre que ça capte... C'était un peu long", ajoute-t-il.

Vingt minutes

À Bruxelles dans la gare du Midi, les voyageurs sont aussi plutôt sereins ce mercredi matin 2 avril avant de prendre leur train.

"En vingt minutes j'avais l'autorisation dans ma boîte de réception pour voyager" se réjouit Jenna Ward, une voyageuse néerlandaise.

Demander l'ETA "est moins compliqué que l'exigence du passeport qui a été ajoutée il y a trois ans", affirme Vera, une voyageuse allemande, faisant référence à la règle en vigueur depuis octobre 2021 qui rendait obligatoire pour les voyageurs de l'Union européenne la présentation d'un passeport pour voyager au Royaume-Uni, conséquence directe du Brexit.

Pour certains habitués de l'itinéraire Paris - Londres, comme Renaud Ruer, les démarches ont été plus laborieuses.

Big Ben et le drapeau britannique à Londres. 
Photo : AFP/VNA/CVN

"C'est 20 minutes, une demi-heure, sur Internet pour essayer de remplir un truc, prendre une photo, envoyer le scan du passeport, faire un paiement qui ne marche pas toujours avec la carte bancaire, la photo détourée... C'est quand même une galère inutile", détaille ce professionnel dans le secteur du vin, avant d'ajouter que la validation "a mis deux jours".

La validation de l'autorisation peut être très rapide, mais le gouvernement britannique recommande toutefois de prévoir un délai de trois jours ouvrés pour une réponse.

Un possible frein

Si pour ce voyageur régulier ce n'est qu'une "formalité supplémentaire", il ne cache pas son opposition à cette nouvelle mesure. "C'est du racket. Quel est l'intérêt de faire payer un péage alors qu'on paye déjà tout cher quand on va en Angleterre", déplore-t-il.

L'ETA coûte à ce jour 10 livres soit environ 12 euros, et passera à 16 livres soit environ 19 euros dès le 9 avril.

"C'est une formalité qui est justifiée par les Anglais pour la sécurité. Moi je trouve qu'il y a une justification vraiment économique", conclut-il.

Un avis partagé par Simone de Oliveira, directrice adjointe dans une banque qui se rend environ une fois par an en Angleterre.

Elle n'a rencontré aucune difficulté pour obtenir le formulaire, grâce notamment à l'organisation de son entreprise, mais ne doute pas que ça puisse "freiner des gens", notamment "les jeunes, par rapport au fait d'aller travailler là-bas ou de trouver un job ou faire un stage d'études", explique-t-elle entre deux coups de téléphone.

Près de cinq ans après le retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne, cette nouvelle mesure marque une étape supplémentaire dans les relations européennes post-Brexit pour Valentina Vapnarsky, chercheuse en anthropologie au CNRS.

Alors qu'elle se rend en Angleterre pour un colloque, c'est à contre-coeur qu'elle s'est procurée l'ETA. Fervente défenseuse de la "libre circulation", elle considère que "ces nouvelles règles sont des divisions supplémentaires" et que l'objectif sécuritaire avancé par les autorités britanniques est surtout "très politique, au sens populiste".

AFP/VNA/CVN

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