Ferveur catholique et legs maya  
La Semaine sainte au Guatemala au patrimoine de l'UNESCO

La Semaine sainte du Guatemala, fête populaire mélangeant héritage colonial et tradition maya, a été inscrite mercredi 30 novembre au patrimoine de l'humanité de l'UNESCO.

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Procession de Jésus Nazaréen à La Antigua Guatemala, un des rites importants de la Semaine sainte du Guatemala.
Photo : UNESCO/CVN

"La Semaine sainte au Guatemala est l'un des événements les plus importants dans le pays", souligne sur son site l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture, en faisant état de son inscription sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l'humanité.

Elle "comprend des processions, des veillées, des marches funèbres, la préparation de spécialités culinaires et la fabrication d'autels et de tapis de fleurs et de fruits", détaille l'organisation réunie en session à Rabat du 28 novembre au 3 décembre 2022.

"Des experts du monde entier ont étudié les éléments qui composent notre Semaine sainte", s'est réjoui le vice-ministre guatémaltèque du patrimoine culturel, Mario Maldonado, évoquant un vote "passionnant et historique".

"Nous vivons la Semaine sainte différemment du reste du monde", a souligné auprès de l'AFP le ministre de la Culture guatémaltèque Felipe Aguilar, expliquant que les coutumes du pays, ainsi que sa musique, sa nourriture et son art, sont le résultat d'une "fusion des cultures", expression du syncrétisme entre le catholicisme espagnol et les croyances mayas ancestrales.

La célébration de la Semaine sainte a débuté au Guatemala au XVIe siècle avec les conquistadors espagnols. Les autochtones mayas l'ont ensuite mélangée à leurs traditions et à leur vision du monde.

Les expressions culturelles mayas et espagnoles ont également été mélangées à celles des Afro-descendants et se sont transformées au fil des siècles.

À San Andrés Sajcabajá (Nord-Ouest), chaque Vendredi saint, une quinzaine de pénitents, vêtus de pagnes et le visage couvert, parcourent cinq kilomètres à genoux avec des épines sur la tête ou le dos. Pour qu'ils ne s'abîment pas les genoux, d'autres dévots placent des tapis sur le sol.

Il y a aussi des processions avec des milliers de fidèles revêtus de tuniques violettes ou noires, avec des visages encapuchonnés, portant des images du Christ et de la Vierge Marie.

Les Mayas, l'une des principales civilisations préhispaniques de la Méso-Amérique, représentent aujourd'hui 42% des 17 millions d'habitants du pays.

AFP/VNA/CVN

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