>> Plus de 500 enseignants unis pour transmettre le vietnamien aux enfants de la diaspora
>> Créativité et promotion du vietnamien à l'étranger
>> Une nouvelle méthode ludique pour apprendre le vietnamien à l’étranger
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| Une classe de la langue vietnamienne en France. |
| Photo : UGVF/CVN |
Au delà des classes spontanées, l’enseignement du vietnamien s’organise progressivement en réseaux, se renouvelle dans ses méthodes et s’oriente vers un écosystème durable - où la langue n’est pas seulement apprise, mais pleinement vécue dans le quotidien de la diaspora.
Des initiatives communautaires à un réseau mondial
La série d’événements marquant le 5e anniversaire du Forum pour la préservation du vietnamien et de la culture vietnamienne à l’étranger, organisée à Paris (France), constitue une étape importante dans la structuration du mouvement de promotion de la langue au sein de la diaspora.
Elle s’ouvre avec le concours mondial de création "Vietnam - mon pays bien-aimé ! " destiné aux jeunes de moins de 35 ans à travers le monde, avec une diversité de formats allant de la littérature et des arts visuels aux productions multimédias.
Trân Anh Tuân, du Centre de langue vietnamienne de Budapest (Hongrie), responsable du concours, souligne : " Le comité d’organisation encourage une large participation à travers des épreuves individuelles réparties en quatre tranches d’âge, ainsi qu’une épreuve collective. La structure des prix est attractive, avec une valeur totale avoisinant 3.000 euros. Mais au-delà de l’aspect matériel, il s’agit surtout d’une occasion de raconter le Vietnam avec une voix positive et inspirante, portée par la jeunesse mondiale. Nous espérons que ce concours aura un impact fort au sein des communautés vietnamiennes à l’étranger".
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| Cérémonie de remise des prix du concours de langue vietnamienne en Hongrie. |
| Photo : CTV/CVN |
Parallèlement, des initiatives de terrain sont mises en œuvre de manière active. En Hongrie, le groupe Jeunesse vietnamienne organise une série de programmes de découverte culturelle à l’école maternelle Szivárvány Kispest, où les enfants locaux expérimentent le vietnamien à travers des activités immersives : décoration du Têt, apprentissage de comptines, danses traditionnelles.
Ces modèles d’"apprentissage par la culture" s’imposent progressivement comme des approches efficaces, permettant de sortir le vietnamien du cadre strictement académique.
Point culminant de cette séquence : le colloque international du 21 juin au Centre culturel du Vietnam en France, réunissant des experts venus d’Europe, d’Asie et du Vietnam.
Lê Xuân Lâm, président du colloque, affirme : "Au cours des cinq dernières années, le Forum a enregistré des résultats significatifs, notamment dans la constitution d’un réseau d’acteurs spécialisés, tout en accumulant un corpus d’expériences très riche en matière de préservation du vietnamien à l’étranger".
"À l’occasion de cet anniversaire, nous souhaitons collaborer avec le Centre culturel du Vietnam en France - un lieu emblématique et un espace culturel central pour la communauté vietnamienne au cœur de l’Europe - afin d’organiser cette série d’événements. La tenue, pour la première fois, d’un colloque en présentiel à Paris, avec la participation de représentants venus d’Europe, d’Asie et du Vietnam, marquera une étape de maturité et permettra de définir des objectifs plus concrets et opérationnels pour le Forum", ajoute-t-il.
Réinventer les méthodes pour réinscrire le vietnamien dans la vie quotidienne
Si Paris constitue un point de convergence symbolique, les colloques organisés en Corée du Sud et à Taïwan (Chine) abordent plus directement les enjeux pratiques de l’enseignement du vietnamien dans un environnement multilingue.
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| Cérémonie d'ouverture des cours de vietnamien en faveur des enfants à Gwangju-Jeonnam, en République de Corée, le 12 avril. |
| Photo : Duc Thang/VNA/CVN |
À Gwangju, la vice-présidente du Comité d’État chargé des Vietnamiens d’outre-mer (ministère des Affaires étrangères), Ngô Thi Thanh Mai, souligne que la préservation du vietnamien "n’est pas seulement un besoin culturel, mais aussi une base essentielle pour renforcer l’identité nationale et la cohésion communautaire à travers les générations".
De son côté, le vice-chef du Département des relations extérieures populaires auprès du Comité central du Front de la Patrie du Vietnam, Dang Thanh Phuong, précise que le vietnamien constitue " un pont culturel", appelant à une mobilisation coordonnée de l’ensemble de la société.
Les discussions mettent en évidence une réalité claire : le défi ne réside pas dans l’ouverture de classes, mais dans leur maintien et dans la création d’un environnement propice à l’usage de la langue. Les témoignages de parents, évoquant le "fossé linguistique" entre enfants et grands-parents, soulignent l’urgence de réintégrer le vietnamien dans la sphère familiale.
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| Nguyên Duy Anh (droite) et des représentants de de l'Association des Vietnamiens à Gwangju-Jeonnam, en République de Corée, le 12 avril. |
| Photo : Duc Thang/VNA/CVN |
À Taïwan (Chine), Nguyên Duy Anh, membre du Comité central du Front de la Patrie du Vietnam, président d’honneur de l’Association des Vietnamiens à Fukuoka et secrétaire général du Réseau mondial pour l’enseignement de la langue vietnamienne et de la culture, déclare : "Le vietnamien n’est pas seulement un outil de communication. Il est l’origine - la mémoire, la famille, la patrie et le lien sacré qui unit les générations de Vietnamiens à travers le monde".
"Ouvrir une classe de vietnamien n’est pas difficile. Mais assurer sa pérennité, sa qualité, fidéliser les apprenants, impliquer les parents et générer un impact au sein de la communauté - voilà le véritable défi", affirme-t-il.
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| Le Professeur Nguyên Minh Thuyêt à Gwangju-Jeonnam, en République de Corée, le 12 avril. |
| Photo : CTV/CVN |
Sur le plan pédagogique, le Professeur Nguyên Minh Thuyêt, rédacteur en chef du programme d’éducation générale 2018 et auteur principal de la collection Vui học tiếng Việt (Apprendre le vietnamien avec plaisir), analyse : "Il n’est pas possible d’enseigner le vietnamien aux enfants vivant à l’étranger selon des méthodes traditionnelles. Ils ont besoin d’une approche fondée sur l’expérience, la culture et le plaisir, afin de s’approprier la langue de manière active, et non sous contrainte".
Cette approche se concrétise notamment à travers la collection pédagogique Vui học tiếng Việt , qui privilégie l’interaction et l’expérience.
Vers un écosystème durable du vietnamien
Les différents forums mettent en lumière une évolution majeure : le passage d’initiatives dispersées à la construction d’un véritable "écosystème du vietnamien", structuré, connecté et orienté sur le long terme.
À Taïwan (Chine), Ngô Phuong Thao, vice-directrice du Bureau économique et culturel du Vietnam à Taipei, souligne que les activités d’enseignement "restent dispersées, manquent de coordination et ne s’appuient pas encore sur un écosystème suffisamment solide pour un développement durable".
De son côté, Vo Duc Thang (président du Réseau vietnamien d'innovation et de connaissances à Taïwan (Chine)- VIN Taïwan) plaide pour la mise en place d’un réseau local d’enseignants, afin de favoriser le partage de ressources pédagogiques et d’expériences.
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| Le Professeur Nguyên Minh Thuyêt fait don de la collection "Vui học tiếng Việt" aux enfants à Gwangju-Jeonnam, en République de Corée, le 12 avril. |
| Photo : Duc Thang/VNA/CVN |
Dans les faits, le Réseau mondial pour l’enseignement du vietnamien et la préservation de la culture vietnamienne a déjà amorcé cette dynamique en connectant des centaines d’enseignants issus de plus de 130 pays et territoires, en organisant des formations, en numérisant les ressources pédagogiques et en développant des outils tels qu’une cartographie mondiale des classes de vietnamien.
Un principe clé se dégage des échanges : pour se développer durablement, le vietnamien doit devenir une langue "vécue". Au-delà de l’école, il doit s’inscrire dans tous les espaces de la vie communautaire.
Lorsque familles, institutions éducatives et organisations agissent de concert, la langue ne se contente pas d’être préservée - elle se diffuse comme une véritable valeur vivante.
Dans un contexte d’intégration internationale accélérée, le vietnamien dépasse ainsi son statut de langue pour devenir un levier stratégique d’identité et de rayonnement culturel. Porté par une diaspora engagée, soutenu par l’innovation pédagogique et structuré par des réseaux globaux, son avenir s’inscrit dans une dynamique collective, durable et prometteuse.
Cycle mondial de colloques 2026
• 18 avril : Fukuoka (Japon)
• 27 avril : Vientiane (Laos)
• 29 avril : Thaïlande
• Mai : Singapour, Malaisie
• Juin : Europe et Australie
Duy Anh - Câm Sa/CVN








