26/07/2020 07:30
Le marché boursier vietnamien a fêté ses 20 ans le 20 juillet. Il est devenu un important moyen de mobilisation de capitaux tout en assurant un rôle de thermomètre pour évaluer la santé de l’économie nationale.
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À sa création en juillet 2000, la Bourse vietnamienne ne représentait que 0,5% du Produit intérieur brut (PIB) national. L’objectif d’alors était d’atteindre 20% du PIB en 2020. Les objectifs sont largement dépassés.

En 2000, le marché des valeurs comptait seulement sept sociétés cotées et une de gestion de fonds.

Entre 2000 et 2010, il a représenté 42% du montant total des diverses émissions d’obligations et de titres garantis par le gouvernement.

En juin 2020, l’ensemble des capitalisations boursières représentait 86% du PIB national.
Photo : VNA/CVN

Fin janvier 2020, la Bourse du Vietnam, comprenant la Bourse de Hanoï (HNX), celle de Hô Chi Minh-Ville (HoSE) et le marché des sociétés non cotées (UPCoM), comptait 898 sociétés et une cinquantaine de sociétés de gestion. En juin 2020, l’ensemble des capitalisations boursières repré-sentait 86% du PIB national, se félicite Trân Van Dung, président de la Commission boursière d’État (SSC).

"Le marché boursier contribue à financer l’économie et les entreprises. Au moment de sa création, personne n’osait imaginer qu’en l’espace de dix ans, le Vietnam verrait sa première entreprise atteindre une valeur d’un milliard d’USD", estime-t-il. Et d’ajouter : "Elles sont une bonne vingtaine aujourd’hui, ces entreprises d’un milliard d’USD et plus. Jamais le gouvernement n’aurait pu mobiliser autant de capitaux et à un prix aussi intéressant que sur le marché boursier pour investir dans le développement. Enfin, le marché boursier a permis au secteur privé de décoller".

De frontière à émergent

En 2018, les indices boursiers FTSE Russell, qui permettent aux investisseurs de suivre les performances des différents segments de marché dans le monde entier, ont pris le Vietnam sur la liste des pays qui pourraient quitter la catégorie "frontière" pour rejoindre celle des “émergents”. L’entreprise de services financiers MSCI envisage également d’inscrire le marché financier vietnamien dans la catégorie des marchés frontières (places émergentes secondaires).

D’après l’américain Bloomberg, le manque de liquidité est l’un des plus grands défis à relever pour les investisseurs étrangers au Vietnam. Afin de résoudre cette problématique, le régulateur du marché a cherché à augmenter les ventes d’actions et à introduire un certain nombre de produits tels que les produits dérivés financiers en 2017 et les warrants (bons d’option) en 2019.

"Nous avons investi et nous continuons la recherche de solutions. Le Vietnam a des perspectives prometteuses à moyen terme",  indique Bloomberg en citant les propos de Joshua Crabb, gestionnaire de portefeuille chez Robeco Hong Kong. Bloomberg a en outre estimé que le Vietnam avait pris une série de mesures efficaces pour contenir l’épidémie de COVID-19.

Le Fonds monétaire international (FMI) a prévu que la croissance économique du Vietnam serait la plus élevée d’Asie cette année, alors que la récession s’abattait sur un bon nombre de ses voisins asiatiques. Le Vietnam s’attend à émerger sur la scène financière internationale comme un haut lieu des investissements étrangers au moment de la réouverture économique mondiale.

Selon Bloomberg, les fonds d’investissement mondiaux commencent à revenir sur le marché financier vietnamien dans le contexte où le pays s’affirme comme l’un des rares endroits sortis presque indemnes du COVID-19. En plus de lutter avec succès contre l’épidémie, le gouvernement du Vietnam a également restructuré de manière active les créances irrécouvrables des banques, reporté ou réduit les dettes ou exonéré les intérêts des entreprises et lancé des mesures de soutien, notamment un plan de secours de 62.000 milliards de dôngs destiné aux travailleurs.

En 2003, le Vietnam avait également été salué par les médias internationaux pour sa bonne gestion de l’épidémie de SRAS.

Depuis mars, des fonds comme Ashmore Group Plc et Coeli Asset Management ont augmenté leurs capitaux d’investissement sur le marché vietnamien. Les flux de capitaux étrangers combinés aux investissements nationaux ont permis à l’indice de la Bourse vietnamienne Vn-Index de croître de 28% au cours du 2e trimestre, classant le marché financier national au rang de 2e plus fort marché au monde, malgré une baisse totale de 6% au cours des quatre dernières séances.

Plus de 34.000 nouveaux investisseurs

Cérémonie en l’honneur du 20e anniversaire de la Bourse vietnamienne, le 20 juillet à Hô Chi Minh-Ville.
Photo : VNA/CVN

Au cours des cinq premiers mois de l’année, le nombre de comptes titres nationaux a augmenté de 130.800. Rien qu’en mai, plus de 34.000 nouveaux investisseurs sont entrés sur le marché. En effet, pendant la période de distanciation sociale, les réunions et contacts directs ayant été limités, la Bourse est alors devenue un canal d’investissement pratique, avec des échanges et des négociations possibles sur des plateformes en ligne.

L’essor de la technologie a ainsi fait grimper le marché financier. Par rapport à il y a deux ans, la vitesse de développement des applications de négociation d’actions s’est considérablement améliorée. De plus en plus d’investisseurs choisissent le trading en ligne comme canal de placement d’ordres par défaut, remplaçant les canaux traditionnels. Grâce à la technologie, l’enregistrement pour ouvrir un compte en ligne et négocier des titres devient facile et pratique.

En outre, en raison de la forte baisse du marché boursier (fin mars, le VN-Index a chuté de plus de 31% par rapport à fin 2019), les organes compétents ont réduit de nombreux types de coûts sur les transactions..., attirant ainsi de nombreux investisseurs. Selon Pham Tân Nhât, chef du groupe d’analyse de la Société boursière Sài Gòn - Hà Nôi (SHS), la Bourse du Vietnam a reçu des signes positifs suite à l’assistance du ministère des Finances. Dans sa circulaire datant du 18 mars 2020, celui-ci a révisé à la baisse 15 frais de services pour des transactions boursières. En particulier, il a décidé l’exonération de six sortes de services. Ce texte fixe sa durée d’application du 19 mars au 31 août 2020. "Il s’agit d’une mesure opportune et adéquate pour convaincre les investisseurs d’attendre une relance prochaine du marché", analyse Pham Tân Nhât.
 
Thê Linh/CVN
 

 

 
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