La Bourse de Paris toujours suspendue à la géopolitique, avant les premiers résultats d'entreprises

La Bourse de Paris a clôturé sa séance en baisse lundi 13 avril, minée par la perspective d'un blocus du détroit d'Ormuz promis par l'administration américaine, et en attendant les premiers résultats d'entreprises pour le premier trimestre.

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Entrée du siège de l'opérateur boursier Euronext, dans le quartier d'affaires de La Défense aux portes de Paris. 
Photo : AFP/VNA/CVN

L'indice des 40 principales entreprises françaises a perdu 0,29%, soit 23,62 points, à 8.235,98 points.

Sur l'ensemble de la semaine dernière, le CAC 40 avait rebondi de 4% avec l'annonce d'un cessez-le-feu et de négociations entre l'Iran et les États-Unis.

Mais les négociations du weekend ont échoué, le président Trump a même annoncé un "blocus" sur le détroit d'Ormuz, renvoyant les investisseurs à la crainte de voir rester paralysé ce passage stratégique, par lequel transite quelque 20% des flux mondiaux de pétrole et de gaz.

Reste que l'heure fixée par les États-Unis pour le blocus des ports iraniens, à 14h00 GMT lundi 13 avril, est passée, sans que l'armée américaine ne confirme l'effectivité du blocus.

Ce regain de tensions autour du détroit d'Ormuz a de nouveau propulsé les prix du pétrole au-dessus du seuil des 100 dollars le baril.

"L'Europe est beaucoup plus sensible au coût de l'énergie que les États-Unis", note Alexandre Baradez, responsable de l'analyse marché à IG France, pour qui l'activité des entreprises européennes pourrait donc être davantage affectée que celle des entreprises américaines.

C'est justement lundi soir 13 avril que s'ouvre la saison des résultats du premier trimestre.

Si les effets du conflit au Moyen-Orient et les tensions commerciales qu'elle engendre pourraient être limités dans les résultats des entreprises sur les trois premiers mois de l'année, ce sont surtout "les projections" pour les mois à venir qui vont être "surveillées" par les investisseurs, selon Alexandre Baradez.

"Les communiqués qui vont accompagner les résultats seront au moins aussi, voire plus importants que les résultats eux-mêmes", poursuit l'analyste, qui constate "assez peu de surprises dans la lecture du marché actions depuis le début de la crise : lorsque la situation géopolitique se tend, les banques, le luxe et l'industrie souffrent, et inversement, le secteur énergétique en profite".

"Cela montre surtout à quel point le CAC est sensible à la géopolitique", conclut Alexandre Baradez.

Première entreprise du CAC à publier ses résultats, le numéro un mondial du luxe LVMH a dévoilé lundi 13 avril après la clôture des Bourses un chiffre d'affaires en repli de 6% au premier trimestre, pénalisé notamment par le conflit au Moyen-Orient, qui a fortement réduit ses ventes dans cette région.

De janvier à fin mars, le mastodonte français (Louis Vuitton, Dior, Moët Hennessy, Tiffany...) a enregistré 19,1 milliards d'euros de ventes. À taux de change et périmètre comparables, elles ont progressé de 1%, le conflit coûtant environ 1% de croissance durant la période, précise-t-il.

Au Moyen-Orient, où LVMH réalise environ 6% de son activité, l'impact reste difficile à évaluer pour 2026 en fonction de la durée du conflit. Pour le seul mois de mars, il y a enregistré un repli de 3% de ses ventes.

AFP/VNA/CVN

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