16/11/2019 16:05
L'armée israélienne a bombardé, samedi 16 novembre, dans la bande de Gaza, des positions du Hamas, mouvement islamiste palestinien resté à l'écart cette semaine d'affrontements avec Israël, témoignant de la fragilité d'un cessez-le-feu en vigueur.
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Frappe israélienne sur Khan Younès, dans la bande de Gaza, le 15 novembre.
Photo : AFP/VNA/CVN

Peu après 05h00 (03h00 GMT) samedi 16 novembre l'armée israélienne a annoncé des frappes sur la bande de Gaza, après avoir intercepté selon elle deux roquettes grâce à son bouclier antimissile "Iron Dome".

Mais, changement important depuis le début de la semaine, Israël a dit avoir visé des "cibles du Hamas" et non du Jihad islamique, mouvement islamiste jugé plus radical mais moins puissant que le premier.

Des journalistes de l'AFP à Gaza ont pu constater les frappes israéliennes et fait état de ripostes depuis l'enclave.

Selon des sources sécuritaires palestiniennes, les frappes israéliennes visaient deux sites du Hamas dans le nord de cette enclave trois fois grande comme Paris et où vivent deux millions de Palestiniens sous blocus israélien.

Mardi dernier 12 novembre, l'armée israélienne avait mené une opération ciblée à Gaza contre un commandant du Jihad islamique, qui avait répliqué avec un tir de barrage de roquettes sur Israël.

En réponse à ces roquettes, l'armée israélienne avait multiplié les frappes visant, selon elle, des éléments du Jihad islamique sur Gaza mais en évitant de cibler le Hamas, mouvement qui contrôle l'enclave et dispose depuis des mois d'un accord de trêve avec Israël.

"Au cours de l'opération, nous avons établi une distinction entre le Hamas et le Jihad islamique", avait ainsi déclaré le porte-parole de l'armée israélienne Jonathan Conricus. "Nous avons voulu garder le Hamas hors des combats", avait-il résumé.

De son côté, le Hamas avait décidé de ne pas prêter main forte au Jihad islamique, le mouvement ne souhaitant vraisemblablement pas compromettre une trêve avec Israël - négociée sous l'égide de l'ONU, de l'Égypte et du Qatar - prévoyant des millions de dollars en aide mensuelle.

Après deux jours d'affrontements, qui ont fait 34 morts dans la bande de Gaza et aucun en Israël, cible de 450 roquettes, le Jihad islamique et l'État israélien avaient approuvé un cessez-le-feu entré en vigueur jeudi matin 14 novembre.

Mais ce cessez-le-feu reste depuis précaire, l'aviation ayant bombardé déjà vendredi 15 novembre Gaza après des tirs de roquettes depuis ce territoire palestinien intervenus après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu.

Victimes civiles "inattendues"


Peu avant l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, jeudi matin 14 novembre, les forces israéliennes avaient tué huit membres d'une même famille à Deir al-Balah, dans le sud de la bande de Gaza.

La frappe avait tué Rasmi Abou Malhous, présenté par les forces israéliennes comme un "commandant" du Jihad islamique mais par ce mouvement comme un simple "membre affilié", ainsi que ses deux épouses et cinq enfants.

Mais vendredi 15 novembre, Israël a reconnu que cette frappe sur la famille Abou Malhous avait fait des victimes civiles "inattendues".

Selon les informations dont l'armée disposait lors de la frappe, il n'était pas prévu que celle-ci fasse des victimes civiles, a indiqué vendredi 15 novembre l'armée dans une déclaration transmise à l'AFP, à propos de la frappe de Deir al-Balah.

"Les forces armées israéliennes enquêtent sur le tort causé à des civils lors de la frappe", a ajouté l'armée qui avait accusé cette semaine les combattants du Jihad islamique d'utiliser des "boucliers humains" pour se prémunir des frappes.

Des survivants de cette frappe, dont des enfants devenus orphelins, avaient été transportés dans un hôpital local.

"Ils sont innocents et ils n'auront que des souvenirs douloureux. Il leur faudra du temps pour récupérer", a dit jeudi 14 novembre Eid Abou Malhous, un membre de la famille élargie qui tentait de réconforter des survivants.

La séquence de mardi 12 novembre à  jeudi 14 novembre est la plus meurtrière à Gaza depuis des heurts entre soldats israéliens et Palestiniens ayant fait environ une soixantaine de morts le 14 mai 2018, jour de l'inauguration à Jérusalem de l'ambassade des États-Unis.
AFP/VNA/CVN

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