France 24 diffuse un reportage sur les séquelles de l'agent orange/dioxine au Vietnam

France 24 a diffusé un reportage consacré aux séquelles persistantes de l'agent orange/dioxine au Vietnam, mettant en lumière les conséquences sanitaires et environnementales de ce défoliant, ainsi que les défis de la dépollution, de la prise en charge des victimes et de la quête de justice, plus de cinquante ans après la guerre.

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Des représentants d'organisations lors d'un rassemblement réclamant justice pour les victimes de l'agent orange/dioxine, à la place de la Bastille à Paris, le 20 juin. 
Photo : Huu Chiên/VNA/CVN

France 24 a récemment diffusé un long reportage consacré aux conséquences persistantes de l'agent orange/dioxine au Vietnam.

Le reportage s'ouvre dans le service de pédiatrie de l'Hôpital central de Huê, où sont soignés de nombreux nouveau-nés atteints de graves pathologies, telles que l'hydrocéphalie, des malformations congénitales ou des troubles du développement. Selon les médecins, le service accueille chaque année plus de 1.700 enfants souffrant de maladies congénitales.

Selon Lê Thi Công Hoa, cheffe du service de réanimation pédiatrique et néonatale de l'Hôpital central de Huê, la plupart de ces enfants proviennent du Centre du Vietnam, l'une des régions les plus fortement touchées par les épandages d'agent orange durant la guerre du Vietnam. Elle estime que ces maladies sont liées aux séquelles du conflit.

Le reportage rappelle qu'entre 1961 et 1971, l'armée américaine a déversé plus de 80 millions de litres de défoliants, dont l'agent orange contenant de la dioxine, sur de vastes zones du Sud du Vietnam afin de détruire le couvert forestier servant de refuge aux forces adverses. Plus de trois décennies après la guerre, ce produit chimique continue de laisser de lourdes séquelles.

France 24 donne également la parole à un ancien combattant ayant servi dans les montagnes de Thua Thiên-Huê. Il raconte que les soldats ignoraient alors la nature du produit chimique répandu par les avions américains. Ils traversaient régulièrement des forêts tout juste aspergées, étaient directement exposés aux substances toxiques et consommaient même des poissons retrouvés morts dans les rivières, sans en connaître la cause. Plusieurs années plus tard, il a été diagnostiqué d'un cancer des os.

Selon France 24, environ cinq millions de personnes ayant vécu dans les zones aspergées d'agent orange/dioxine ont été directement affectées par ce défoliant. Les scientifiques vietnamiens interrogés expliquent que la dioxine se dégrade extrêmement lentement dans la nature et peut persister pendant des dizaines, voire des centaines d'années.

Le reportage présente aussi les travaux d'un spécialiste qui étudie depuis de nombreuses années la contamination à la dioxine dans le Centre du Vietnam. Selon lui, dans certaines zones fortement polluées, la dioxine est toujours présente dans les sols. Le bétail qui y broute continue d'introduire cette substance toxique dans la chaîne alimentaire. Il estime qu'il faudra près d'un siècle pour que les concentrations de dioxine dans les sols reviennent à un niveau sûr.

Le reportage évoque notamment la zone de l'aéroport de Dà Nang, où l'armée américaine stockait autrefois les fûts de produits chimiques et chargeait les défoliants à bord des avions avant les opérations d'épandage. Selon l'Association vietnamienne des victimes de l'agent orange, ce site figurait parmi les plus gravement contaminés, avec des concentrations de dioxine de 300 à 400 fois supérieures aux seuils admis au niveau international. En raison de cette pollution, l'accès au site a longtemps été restreint.

Le reportage met également en lumière les efforts des scientifiques vietnamiens pour traiter les sols contaminés par la dioxine. Ceux-ci soulignent toutefois que les recherches progressent lentement en raison du manque de ressources et de financements.

France 24 s'est rendue dans un centre d'accueil pour les victimes de l'agent orange, où de nombreux enfants handicapés bénéficient d'une rééducation grâce à des équipements financés par des organisations non gouvernementales étrangères. Selon le responsable du centre, les soins et la réadaptation reposent principalement sur des bénévoles, faute de personnel médical qualifié. Il estime que le Vietnam aurait besoin d'environ 1.000 centres de ce type pour répondre aux besoins d'environ 150.000 enfants victimes de l'agent orange.

France 24 consacre également une partie du reportage aux souffrances psychologiques des familles. Une mère de deux enfants atteints de malformations congénitales confie qu'elle doit rester auprès d'eux presque en permanence. Ce qui la fait le plus souffrir est d'entendre l'un de ses enfants lui demander : "Pourquoi m'as-tu donné la vie pour que je vive ainsi ?". Selon elle, cette douleur est encore plus grande que la maladie elle-même.

Le reportage souligne également que les Vietnamiens interrogés n'expriment pas de haine. Le responsable d'une organisation de soutien aux victimes, né après la guerre, estime que l'essentiel est aujourd'hui d'aider les victimes et de regarder vers l'avenir plutôt que d'entretenir le ressentiment.

Sur le plan juridique, France 24 rappelle que les entreprises chimiques ayant fabriqué l'agent orange continuent de rejeter toute responsabilité, faisant valoir que leurs produits avaient été fournis au gouvernement américain dans le cadre de commandes militaires en temps de guerre. De leur côté, les organisations représentant les victimes vietnamiennes poursuivent leurs démarches afin d'obtenir une aide et une indemnisation pour les personnes affectées.

En conclusion, France 24 estime que, plusieurs décennies après la fin de la guerre, l'agent orange continue de peser sur les populations et l'environnement au Vietnam, tandis que la dépollution, la prise en charge des victimes et la réparation des conséquences du conflit demeurent un défi de longue haleine.

VNA/CVN


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