09/12/2019 09:03
La campagne électorale pour la présidentielle prévue jeudi en Algérie, afin de remplacer l'ex-président déchu Abdelaziz Bouteflika, a pris fin dimanche 8 décembre après trois semaines marquées par un rejet massif du scrutin par la population.
>>Présidentielle : cinq candidats retenus, dont deux ex-Premiers ministres

Abdelaziz Belaid, candidat à la présidentielle algérienne, prend la parole lors d'un rassemblement électoral à Alger le 7 décembre. Photo : AFP/VNA/CVN

Les cinq prétendants ont eu le plus grand mal à faire passer leur message face au "Hirak", le mouvement de contestation qui ébranle l'Algérie depuis le 22 février, au point qu'il est difficile de désigner un favori. Vendredi encore, des foules immenses ont défilé à Alger et dans le reste du pays contre le pouvoir et la présidentielle de jeudi, en criant à l'unisson "Makach (pas de) vote".

Après avoir obtenu en avril la démission de M.Bouteflika, président pendant 20 ans, le "Hirak" réclame désormais le démantèlement du "système", au pouvoir depuis l'indépendance en 1962. Les contestataires estiment que la présidentielle ne vise qu'à permettre à un pouvoir discrédité de se régénérer.

Dans un ultime discours, le général Ahmed Gaïd Salah, chef d'état-major de l'armée et l'homme fort du régime depuis le départ de M. Bouteflika, s'est dit convaincu que "le peuple algérien (...) s'engagera dans cette échéance nationale cruciale à travers une participation massive dans les prochaines présidentielles, en toute liberté et transparence". À partir de dimanche minuit, la loi impose un silence électoral de trois jours avant le scrutin, durant lesquels toute forme de publicité en faveur d’un candidat est interdite.

Ils sont cinq - tous des hommes - en lice : Ali Benflis, Abdelmajid Tebboune, Azzedine Mihoubi, Abdelaziz Belaid et Abdelkader Bengrina. Tous ont participé ou soutenu, plus ou moins longtemps, la présidence d'Abdelaziz Bouteflika. Et ils ont dû tenir leurs meetings électoraux sous forte protection policière. La police a fait parfois usage de gaz lacrymogène après des jets de pierres de manifestants anti élections.

Selon les organisations de défense des droits humains Amnesty International et Human Rights Watch (HRW), la répression s'est "intensifiée" à l'approche du scrutin, avec des "arrestations arbitraires" et des incarcérations de manifestants, de militants et de journalistes.

Au dernier jour de la campagne, dimanche 8 décembre, les candidats ont tenu soit des meetings électoraux, à Alger ou en province, soit des conférences de presse. Hormis quelques endroits où ils avaient apposé leurs affiches, rapidement déchirées, la plupart des panneaux sont restés vierges ou ont été tagués de slogans hostiles.

AFP/VNA/CVN



 
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