08/12/2019 14:50
Le président américain Donald Trump a eu de rares mots positifs samedi 7 décembre envers l'Iran, remerciant Téhéran après un échange de prisonniers organisé en Suisse et se réjouissant que les deux pays ennemis aient pu "accomplir quelque chose".
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Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo lors d'une conférence de presse le 18 novembre 2019 à Washington.  Photo : AFP/VNA/CVN

Un Américain emprisonné en Iran pendant plus de trois ans, Xiyue Wang, et un Iranien détenu aux États-Unis depusi 2018, Massoud Soleimani, ont été libérés samedi 7 décembre. "Je pense en fait que cela a été une excellente chose pour l'Iran. Cela a été fantastique de montrer que nous pouvons accomplir quelque chose. C'est peut-être le précurseur de ce qui peut être accompli", a déclaré Donald Trump à la Maison Blanche.

Un peu plus tôt, il avait tweeté : "Merci à l'Iran pour une négociation très juste. Vous voyez, nous pouvons parvenir à un accord ensemble". De son côté, le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif s'est dit "ravi que le professeur Massoud Soleimani et M. Xiyue Wang retrouvent leurs familles bientôt", sur Twitter.

Il a adressé "un grand merci à tous ceux qui sont impliqués, particulièrement au gouvernement suisse", qui représente les intérêts américains à Téhéran en l'absence de relations diplomatiques entre les deux pays depuis 1980. Xiyue Wang se trouve en Allemagne où il restera pour un "bref séjour" le temps d'effectuer des examens médicaux, même s'il est apparemment en bonne santé, a indiqué un haut responsable de l'administration américaine.

"Il n'y a eu absolument aucun paiement en liquide ou levée de sanctions" en échange de sa libération, a-t-il insisté. "La Suisse confirme son rôle dans le geste humanitaire qui a eu lieu aujourd'hui sur son territoire et a mené à la libération de MM. Soleimani et Wang", a précisé le ministère suisse des Affaires étrangères. Des photos publiées par Washington montrent M. Wang accueilli par des diplomates américains sur le tarmac de l'aéroport de Zurich.

"Pression maximale"

Xiyue Wang, chercheur américain d'origine chinoise, purgeait une peine de dix ans de prison pour espionnage en Iran. Doctorant en histoire à l'université de Princeton aux États-Unis, il menait des recherches sur la dynastie Qajar en Iran, où il avait été emprisonné en août 2016.

L'émissaire américain pour l'Iran Brian Hook (gauche) accueille en Suisse le chercheur américain Xiyue Wang après sa libération par Téhéran.
Photo : AFP/VNA/CVN

Massoud Soleimani, professeur à l'université Tarbiat Moddares de Téhéran et spécialiste des cellules souches, s'était rendu aux États-Unis le 22 octobre 2018 pour des travaux de recherche. Il avait été arrêté à son arrivée à l'aéroport de Chicago, selon l'agence d'Etat iranienne Irna. Dans un communiqué, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a remercié le gouvernement suisse et s'est réjoui que Téhéran "ait été constructif dans cette affaire". "Nous continuons d'appeler à la libération de tous les ressortissants américains injustement détenus en Iran", a-t-il ajouté.

Sous couvert d'anonymat, le haut responsable américain a confié espérer que la libération de M. Wang signale que "les Iraniens sont peut-être prêts à discuter de toutes ces questions", notamment de leurs programmes nucléaire et d'armement, des "otages américains" détenus en Iran et des "activités néfastes" de Téhéran dans la région. "La campagne de pression maximale que le président Trump a mise en place fonctionne", a-t-il ajouté, rappelant que le milliardaire s'était dit prêt à "rencontrer les Iraniens sans préconditions".

Accusations d'espionnage

M. Zarif a partagé sur Twitter des photos le montrant en compagnie de M. Soleimani dans un avion et écrit "retour à la maison". L'universitaire a été libéré "après un an de détention illégale et remis aux responsables iraniens en Suisse", a indiqué Irna.
 

Javad Zarif (gauche) s'entretient avec l'universitaire Massoud Soleimani après sa libération par les États-Unis, le 7 décembre 2019. Photo : AFP/VNA/CVN

"Une rare bonne nouvelle sur le front USA-Iran", a réagi Robert Malley, président de l'organisation International Crisis Group. Les relations entre Téhéran et Washington traversent une nouvelle crise depuis le retrait unilatéral des États-Unis en 2018 de l'accord sur le nucléaire iranien.

Les arrestations d'étrangers en Iran, notamment binationaux, souvent accusés d'espionnage, se sont multipliées depuis le retrait des États-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien et le rétablissement de dures sanctions américaines contre Téhéran. Le nombre d'Iraniens détenus à l'étranger n'est pas connu.

Privé des retombées économiques qu'il espérait de l'accord sur le nucléaire, l'Iran a commencé en mai 2019 à s'affranchir de certains de ses engagements pris dans le cadre de cet accord.


AFP/VNA/CVN

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