Face à une crise de la presse qui s'aggrave, les syndicats tentent de mobiliser

Confrontés à une multiplication de plans sociaux et aux bouleversements de l'intelligence artificielle, les syndicats de journalistes veulent alerter l'opinion jeudi 18 juin sur la crise de la presse qui s'aggrave et la "menace démocratique" qu'elle engendre selon eux, à un an de la présidentielle.

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Dans un kiosque à journaux, à Paris, le 6 janvier 2025.
Photo : AFP/VNA/CVN

Cette journée de mobilisation doit se traduire par des appels à la grève et un cortège à Paris prévu pour se terminer à 12h00 devant le ministère de la Culture. Les syndicats de journalistes et d'autres métiers de la presse veulent y interpeller l'État sur "son manque de soutien", souligne auprès de l'AFP la secrétaire générale de la CFDT-Journalistes, Elise Descamps.

À l'instar d'autres pays, la presse française fait face depuis des années à une forte crise de son modèle économique, due notamment à une baisse d'appétit pour l'information payante et à la perte de revenus publicitaires captés par les grandes plateformes numériques.

Mais les plans d'économies et de suppressions d'emplois se sont multipliés ces derniers mois, de la presse régionale aux magazines. Parmi les cas les plus emblématiques figure l'annonce d'un vaste plan social qui prévoit la suppression de 40% des effectifs (279 suppressions de postes) au sein du groupe Prisma (Capital, Geo, Femme Actuelle, Voici...), dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré.

"Ce n'est plus seulement une crise économique avec des dégâts sociaux, mais une menace démocratique", estime Elise Descamps.

Après le groupe Centre France (La Montagne, Le Populaire du Centre), les syndicats redoutent aussi des suppressions de postes au sein d'EBRA, propriété du Crédit Mutuel, qui édite neuf titres régionaux, de L'Est Républicain au Progrès. Un comité social et économique y est attendu le 22 juin à l'échelle du groupe.

Les syndicats demandent aussi que l'intelligence artificielle soit "strictement encadrée et ne serve pas de prétexte à la suppression de métiers et d'emplois", après l'annonce au sein du groupe Infopro Digital (Le Moniteur, L'Usine Nouvelle) du projet de supprimer les 19 postes de journalistes secrétaires de rédaction, dont le travail consiste à corriger et éditer les articles, pour les remplacer par cinq "chefs d'édition" assistés par l'IA.

"L'État nous a complètement abandonnés", déplore Emmanuel Vire, membre du bureau national du SNJ-CGT, en soulignant que des États généraux de l'information, tenus à l'initiative d'Emmanuel Macron en 2023 et 2024, n'ont été suivis d'aucune traduction législative.

AFP/VNA/CVN

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