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| Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger, lors d’une interview accordée à la presse vietnamienne, le 19 octobre à Hanoï. |
| Photo : Viêt Duc/CVN |
Quelques semaines après la visite en France de M. Tô Lâm, secrétaire général du Parti communiste vietnamien et président de la République, la ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger, Éléonore Caroit a effectué une visite de travail au Vietnam, du 17 au 19 octobre. Au-delà du suivi des engagements pris au plus haut niveau, ce déplacement a permis de réaffirmer les ambitions communes de la France et du Vietnam dans les transports, la santé, l’énergie, les minerais critiques et la recherche. Éléonore Caroit a également insisté sur la nécessité de renforcer les échanges culturels, universitaires et humains, avec une priorité : offrir davantage de perspectives aux jeunes générations.
Concrétiser les engagements dans les secteurs stratégiques
La visite d’Éléonore Caroit s’inscrit dans la continuité des échanges au sommet entre Paris et Hanoï. Les deux présidents ont identifié plusieurs domaines prioritaires pour approfondir leur partenariat, parmi lesquels le ferroviaire, la santé, les minerais critiques, l’énergie, la recherche, la sécurité et la défense.
"Il s’agit maintenant de faire le suivi de cette visite et de décliner concrètement les actions dans les différents secteurs que nous pouvons mener pour renforcer notre coopération", a souligné la ministre lors de la conférence de presse du 19 octobre.
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| Dévoilement d’une plaque commémorative de la ligne 3 du métro de Hanoï (Nhôn - gare de Hanoï), à l’occasion de la visite de travail au Vietnam de la ministre déléguée Éléonore Caroit. |
| Photo : VNA-CTV/CVN |
Le métro de Hanoï, visité l’après-midi même, en est l’illustration. Ce "projet phare" de la coopération dans les transports "n’est qu’un début", selon elle. Il sert les objectifs de réduction des émissions de CO2 et de mobilité propre, tout en permettant à 6,4 millions de voyageurs de se déplacer chaque année. L’expertise française, des études à la livraison des composantes, s’accompagne d’"un transfert de compétences et une formation qui permettent à ces projets d’être soutenables et au Vietnam d’assurer sa souveraineté".
La ministre a également évoqué sa visite dans la province de Phu Tho le 18 octobre, où elle a découvert le projet d’extension de la centrale hydroélectrique de Hoa Binh, mise en service en décembre 2025 avec le concours d’un prêt de l’Agence française de développement (AFD). "Tous ces projets ont des impacts très concrets dans les populations", souligne Mme Caroit, en les rattachant à l’objectif vietnamien de neutralité carbone d’ici 2050.
Autre axe prometteur : les minerais critiques. La lettre d’intention signée entre les deux pays est, pour la ministre, "une avancée considérable" : elle permet aux organismes français de recherche géologique et minière, à l’AFD et aux autorités géologiques vietnamiennes de partager leur expertise. "C’est bien l’exemple d’un partenariat où nous avons des objectifs partagés et l’intérêt à travailler ensemble", a-t-elle renchéri.
Au-delà des projets bilatéraux, Éléonore Caroit a rappelé la convergence des deux pays sur le multilatéralisme, le respect du droit international, la souveraineté des États et le règlement pacifique des différends. Elle a également souligné leur attachement à un commerce ouvert et régulé, dans le prolongement des accords conclus entre le Vietnam et l’Union européenne.
Investissements français : miser sur les complémentarités
L’attractivité du marché vietnamien constitue un autre enjeu de ce déplacement. La ministre souhaite encourager les entreprises françaises à prendre une part plus importante au développement du pays, notamment dans les secteurs stratégiques où leurs compétences peuvent répondre aux besoins exprimés par les autorités vietnamiennes.
"L’objectif de ma visite, c’est aussi de parler du Vietnam en France et d’attirer davantage d’investissements français dans votre pays", a-t-elle déclaré.
Les entreprises françaises déjà implantées au Vietnam disposent d’une connaissance du marché et d’une expérience qui pourraient être davantage mobilisées. Pour Éléonore Caroit, les perspectives sont particulièrement "intéressantes" dans les domaines liés à la "souveraineté économique", aux infrastructures et à la "durabilité".
La coopération minière illustre cette complémentarité : le Vietnam cherche à mieux connaître et valoriser ses ressources, tout en assurant leur extraction et leur transformation de manière durable. La France peut apporter son expertise scientifique, technique et financière, dans une logique de bénéfices mutuels.
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| La ministre déléguée Éléonore Caroit visite la centrale hydroélectrique de Hoa Binh élargie et effectue une visite de terrain du projet de développement urbain résilient au changement climatique dans la zone urbaine de Hoa Binh (province de Phu Tho). |
| Photos : VNA/CVN |
La ministre compte également sur le cadre européen pour approfondir ces échanges. "Je suis confiante pour ma part que l’accord entre l’Union européenne et le Vietnam favorisera encore davantage ces échanges dans un cadre élargi, dans un cadre européen", a-t-elle affirmé.
L’enjeu est donc de transformer les relations économiques existantes en nouvelles opportunités d’investissement, tout en veillant à ce que les projets contribuent aux objectifs de développement durable et au renforcement des capacités vietnamiennes.
Jeunesse, savoirs, patrimoine : la mobilité d’abord
Au cœur du déplacement figure une ambition qui dépasse les seuls échanges économiques : consolider les liens entre les sociétés française et vietnamienne, en donnant une place centrale à la langue française, à la culture, à l’enseignement supérieur et à la mobilité des jeunes.
"Je pense qu’il faut maintenant élargir ces coopérations pour favoriser le point qui me paraît essentiel, c’est la mobilité de notre jeunesse et les échanges qui peuvent se faire entre les jeunes générations", a insisté Éléonore Caroit.
La coopération éducative franco-vietnamienne s’appuie déjà sur des filières de formation établies depuis plusieurs décennies. La ministre a notamment rappelé que celles-ci ont permis de former plus de 3.000 médecins vietnamiens. Elle souhaite désormais accélérer les échanges et les étendre à de nouveaux secteurs d’avenir, comme l’intelligence artificielle, les technologies quantiques et le spatial.
Concrètement, cela passe par le développement de doubles diplômes, de formations conjointes, de séjours universitaires et de stages en entreprise. La ministre soutient également le programme de volontariat international en entreprise (VIE), qui permet à de jeunes professionnels français d’acquérir une expérience au Vietnam. Les échanges culturels et sportifs doivent, eux aussi, contribuer à rapprocher les nouvelles générations.
La valorisation du patrimoine constitue un autre volet important. À Hanoï, les itinéraires patrimoniaux visités par la ministre témoignent d’une coopération mobilisant chercheurs, conservateurs et spécialistes. Le partenariat entre le musée de la Victoire de Diên Biên Phu et le Mémorial de Caen illustre cette volonté de transmettre l’histoire aux jeunes générations. La restitution d’œuvres patrimoniales, dont un tambour de bronze de l’époque Dông Son, témoigne également de l’engagement contre le trafic illicite de biens culturels.
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| La ministre déléguée Éléonore Caroit participe à la cérémonie de lancement de la plateforme numérique "Itinéraires touristiques patrimoniaux dans la ville de Hanoï". |
| Photos : VNA/CVN |
Francophonie : faire du français "une langue d’opportunité"
Cette dynamique prend une dimension particulière à l’approche du Sommet de la Francophonie, qui se tiendra à Phnom Penh en novembre, "29 ans après" celui de Hanoï. Pour la ministre, ce rendez-vous doit "promouvoir la paix et le dialogue", à l’heure où "le multilatéralisme est remis en cause" et où des instances plus flexibles comme l’OIF "prennent aussi tout leur sens". Le sommet ne se limite pas aux chefs d’État : le forum FrancoTech, attendu par le secteur privé, des rencontres entre jeunes et entre élus figurent au programme.
"Ils souhaitent faire du français une langue d’opportunité, une langue de mobilité", a rappelé la ministre française, en évoquant les engagements des présidents français et vietnamien. Au Vietnam, cette ambition passe notamment par les réseaux des Instituts français et des lycées français, mais aussi par le développement de l’enseignement du français dans le système public vietnamien, notamment grâce au labelFrancÉducation.
L’enjeu est de montrer aux jeunes que la Francophonie ouvre des perspectives concrètes, qu’il s’agisse de poursuivre des études, de travailler à l’international, de rencontrer d’autres cultures ou de développer des projets professionnels.
"Pour développer la francophonie en Asie, il ne suffit pas de le dire, il faut encore démontrer aux jeunes d’Asie du Sud-Est que la francophonie est un facteur d’opportunité", a conclu Éléonore Caroit.
À travers cette visite, la France entend ainsi inscrire son partenariat avec le Vietnam dans la durée, en associant projets structurants, coopération culturelle et nouvelles perspectives pour les jeunes. La Francophonie apparaît comme l’un des leviers de cette ambition commune : faire de la langue française non seulement un héritage partagé, mais aussi un instrument d’ouverture, de mobilité et d’avenir.
Hông Anh/CVN






