Ebola : l'Europe vérifie l'efficacité des contrôles, la psychose gagne

Les craintes d'une propagation de l'épidémie d'Ebola se sont fait de plus en plus pressantes jeudi 16 octobre, les appels se multipliant en Europe et aux États-Unis notamment pour vérifier les contrôles au départ des pays africains les plus touchés par le virus.

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Réunion des ministres européens de la Santé consacrée à l'épidémie Ebola, le 16 octobre à Bruxelles.
Photo : AFP/VNA/CVN

Pour tenter de limiter la propagation d'Ebola, qui a déjà fait près de 4.500 morts, 15 pays africains frontaliers ou proches de la zone la plus touchée vont bénéficier d'une aide accrue, a indiqué l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

L'Union européenne va de son côté "immédiatement procéder à une vérification" de l'efficacité des contrôles anti-Ebola mis en place dans les aéroports des trois pays africains les plus touchés par l'épidémie (Liberia, Guinée et Sierra Leone), a annoncé jeudi 16 octobre le commissaire européen à la Santé, Tonio Borg.

Cet audit sera mené en coopération avec l'OMS, dans le but de renforcer les contrôles si nécessaire, et de permettre une meilleure traçabilité de possibles porteurs du virus.

Aucun consensus ne s'est en revanche dégagé pour la mise en place de contrôles aux points d'entrée dans l'UE, comme Londres et Paris ont décidé d'en instaurer. Le dispositif sera effectif à partir de samedi 18 octobre dans l'aéroport parisien de Roissy-Charles-de-Gaulle.

Attention à ne pas donner "un faux sentiment de sécurité" ni à "faire preuve d'ostracisme" avec ce type de contrôles, a cependant mis en garde l'OMS, en relativisant leur efficacité. "La prise de température des voyageurs ne stoppe de toute façon que ceux qui ont des symptômes à ce moment. Ces symptômes peuvent se déclarer après le passage de la douane et l'entrée sur le territoire", a souligné une responsable de l'organisation.

Cas suspects

De nombreux pays font face à l'apparition de cas suspects et les mises en quarantaine de personnes malades se sont multipliées ces dernières heures.

Des ambulances transportant un malade suspecté d'être atteint par le virus Ebola dans les rues de Madrid est en route vers l'hôpital Carlos III, le 16 octobre.
Photo : AFP/VNA/CVN

À Madrid, un passager d'Air France, pris de tremblements pendant un vol en provenance de Paris, a été soumis à un contrôle médical à l'atterrissage d'un avion de la compagnie aérienne, suivant le protocole d'urgence pour Ebola.

Toujours en Espagne, un missionnaire en provenance du Liberia et appartenant au même ordre que deux religieux espagnols rapatriés en août et septembre et décédés des suites d'Ebola, devait être hospitalisé jeudi 16 octobre à Madrid pour cause de fièvre.

En France, une infirmière ayant traité une personne atteinte du virus et souffrant d'une "fièvre suspecte", a également été hospitalisée près de Paris. Les résultats des premiers tests sont négatifs.

Au Liberia, la ministre des Transports, Angela Cassell-Bush, s'est volontairement placée en quarantaine à la suite du décès de son chauffeur personnel, du virus Ebola.

À Dubaï, un passager qui arrivait du Liberia via le Maroc, a été placé en quarantaine en raison de symptômes suspects. Le Maroc, l'un des rares pays à avoir maintenu ses liaisons aériennes directes avec les principaux foyers de l'épidémie en Afrique de l'Ouest, a annoncé un "plan national" pour "empêcher l'entrée du virus Ebola" dans le royaume.

Mesures additionnelles

Aux États-Unis, les autorités sanitaires étaient pour leur part sur la sellette en raison de manquements après les contaminations de deux infirmières à Dallas, là où est décédé un patient libérien atteint du virus.

Le président américain Barack Obama avait promis le 15 octobre une réponse "beaucoup plus agressive" pour éviter de nouveaux cas de virus Ebola et limiter tout risque de nouvelles transmissions.
Photo : AFP/VNA/CVN

Les responsables de santé publique des États-Unis ont toutefois tenté de rassurer les Américains, le docteur Thomas Frieden, directeur des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), défendant devant des parlementaires très incisifs les mesures mises en place pour stopper l'épidémie.

"Ebola n'est pas nouveau, même s'il est nouveau aux États-Unis. Nous savons comment mettre Ebola sous contrôle", a déclaré Thomas Frieden.

Face à l'urgence, le président américain Barack Obama avait promis mercredi 15 octobre une réponse "beaucoup plus agressive" pour éviter de nouveaux cas et limiter tout risque de nouvelles transmissions.

Signe de l'inquiétude croissante, deux écoles dans l'Ohio (Nord) et au Texas (Sud) ont été fermées jeudi 16 octobre par crainte que des élèves ou des enseignants aient eu des contacts avec la deuxième infirmière contaminée qui a pris l'avion entre ces deux États. Des voix s'élèvent aussi depuis plusieurs jours au Congrès pour fermer le territoire américain aux ressortissants des trois pays les plus affectés par Ebola.

Des mesures additionnelles de contrôle devaient entrer en vigueur dans quatre aéroports américains : les aéroports Liberty à Newark (près de New York), O'Hare à Chicago, Hartsfield à Atlanta, et Washington-Dulles.

Selon le dernier bilan de l'OMS, la fièvre hémorragique a fait 4.493 morts sur 8.997 cas enregistrés dans sept pays (Liberia, Sierra Leone, Guinée, Nigeria, Sénégal, Espagne et États-Unis). Mais l'OMS craint une envolée du nombre de contaminations, qui pourrait grimper à 10.000 nouveaux cas par semaine d'ici à la fin de l'année en Afrique de l'Ouest, pour un millier actuellement.

AFP/VNA/CVN

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