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| Le secrétaire général du Comité central du Parti communiste du Vietnam et président de la République, Tô Lâm, s'adresse aux chefs de délégation, experts internationaux, universitaires et représentants d'organisations internationales réunis à Hanoï le 9 juin pour le Forum de l'avenir de l'ASEAN 2026. |
| Photo : VNA/CVN |
Mesdames et Messieurs les délégués,
Au nom des dirigeants du Parti et de l’État vietnamiens, je vous souhaite chaleureusement la bienvenue à Hanoï à l’occasion de la troisième édition du Forum de l’avenir de l’ASEAN. Je me réjouis de la participation cette année des Premiers ministres du Laos, du Cambodge, de la Thaïlande et du Timor-Leste, ainsi que des dirigeants et représentants des États membres de l’ASEAN, de ses partenaires de dialogue, de nombreuses organisations internationales et régionales, d’universitaires et d’instituts de recherche. Cette présence témoigne de l’intérêt commun porté à l’avenir de la région et de la volonté de débattre ensemble des enjeux auxquels l’ASEAN est confrontée dans cette nouvelle phase de son développement.
Je partage et approuve pleinement nombre des réflexions pertinentes qui ont été exprimées. L’ASEAN entre dans la première année de mise en œuvre de la Vision de la communauté de l’ASEAN 2045, porteuse de nouvelles attentes mais aussi d’exigences accrues en matière de proactivité, d’efficacité et de résultats concrets. C’est précisément cet esprit que j’ai souhaité transmettre lors du récent Dialogue de Shangri-La.
Pour l’ASEAN, cet esprit puise sa force dans la solidarité, le dialogue, la confiance et la coopération. C’est également dans cette optique que nous avons lancé l’Initiative du Forum de l’avenir de l’ASEAN, avec l’ambition d’offrir un espace supplémentaire d’échanges ouverts et concrets venant compléter les mécanismes de coopération existants de l’ASEAN. L’objectif est de permettre à chacun de partager ses idées, de renforcer les connexions et d’explorer de nouvelles pistes de coopération, plus pragmatiques et bénéfiques pour l’avenir de la région.
À cette occasion, je souhaiterais partager avec vous quelques questions.
1. Un monde en mutation exige une nouvelle réflexion régionale
Le monde traverse actuellement une période de transformations profondes. Les trois grandes crises que nous observons aujourd’hui - touchant l’ordre international, les modèles de développement et la confiance stratégique - ne se manifestent pas dans un espace lointain ; elles se reflètent avec une acuité particulière dans notre région.
La compétition stratégique entre les grandes puissances s’intensifie et s’étend désormais à des domaines déterminants pour l’avenir, tels que les technologies, les données, les chaînes d’approvisionnement et les nouvelles normes de gouvernance. L’intelligence artificielle, les mégadonnées ou encore les technologies quantiques ouvrent des perspectives considérables de développement, tout en faisant émerger de nouveaux risques. Parallèlement, les défis liés au climat, à l’énergie, aux ressources en eau, au vieillissement démographique, à la désinformation, à la manipulation de l’information et à la sécurité humaine exercent une influence croissante sur la stabilité sociale et les capacités de développement de chaque pays.
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| Panorama de la rencontre. |
| Photo : VNA/CVN |
Les avantages traditionnels du développement ne génèrent plus le même élan qu’auparavant. De nombreuses approches éprouvées ne répondent plus aux nouvelles exigences. La taille de la population, les ressources naturelles ou les capitaux demeurent des facteurs importants, mais la compétitivité dépend de plus en plus de la capacité d’innovation, d’adaptation et du degré de préparation face aux nouvelles tendances du développement.
Cette exigence concerne directement l’ASEAN. L’Asie du Sud-Est se trouve aujourd’hui au carrefour de profondes transformations. La région dispose d’importantes opportunités pour attirer davantage de ressources, bénéficier des relocalisations des chaînes d’approvisionnement, développer l’économie numérique, accélérer la transition verte et promouvoir les nouvelles industries technologiques. Cependant, les opportunités ne se transforment pas automatiquement en avantages. Elles ne deviennent de véritables atouts que si la région possède les capacités nécessaires pour les saisir, la détermination de se réformer et l’assurance de préserver un environnement stable propice au développement.
Mesdames et Messieurs,
2. L’ASEAN doit préserver ses acquis stratégiques tout en renouvelant son mode de fonctionnement
Avec la Vision de la communauté de l’ASEAN à l’horizon 2045, l’ASEAN a clairement défini son orientation pour les décennies à venir. Toutefois, il ne s’agit là que d’un point de départ. À mon sens, le succès dépendra de la capacité de l’ASEAN à mener simultanément deux tâches essentielles. D’une part, elle doit continuer à préserver et à valoriser les acquis stratégiques accumulés au fil des décennies : la solidarité, le rôle central de l’ASEAN, ainsi que les principes de consensus et d’unité dans la diversité. D’autre part, elle doit profondément renouveler sa "réflexion fondée sur les valeurs" afin de transformer ces acquis en capacités d’adaptation, d’action et de mise en œuvre.
Ces acquis stratégiques sont le fruit d’un long processus de construction de la confiance, fondé sur un dialogue constant, la concertation, la gestion des divergences et la recherche du consensus entre les États membres. Dans la nouvelle phase de développement, le rôle central de l’ASEAN ne pourra produire pleinement ses effets que si l’organisation maintient sa solidarité, son autonomie stratégique, une approche inclusive, ainsi que sa capacité à coordonner et à orienter l’agenda commun de la région.
Le potentiel de l’ASEAN est considérable, mais sa transformation en véritable force demeure un défi. L’intégration régionale doit être approfondie ; les infrastructures, la logistique, la connectivité numérique et énergétique doivent être davantage harmonisées ; les écarts de développement et les fractures technologiques doivent être réduits. De même, la mise en œuvre des engagements et des accords, ainsi que la coordination face aux défis communs, doivent être renforcées.
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| Le secrétaire général du Comité central du Parti communiste du Vietnam et président de la République, Tô Lâm et les chefs de délégation, des experts internationaux, des universitaires et des représentants d'organisations internationales réunis à Hanoï le 9 juin pour le Forum de l'avenir de l'ASEAN 2026. |
| Photo : VNA/CVN |
Le monde évolue à un rythme accéléré et les défis auxquels l’ASEAN est confrontée sont profondément différents de ceux du passé. La "réflexion fondée sur les valeurs" doit donc être renouvelée grâce à des méthodes de travail plus souples et plus efficaces. Il convient d’abord de passer d’une logique de processus à une logique de résultats, afin de traduire les engagements inscrits dans les documents en réalisations concrètes. Il convient également d’évoluer d’une approche fondée principalement sur la consultation vers une coordination plus substantielle, afin que les mécanismes de coopération puissent réagir avec davantage de rapidité et d’efficacité aux enjeux transversaux et interconnectés. Et il est nécessaire de passer d’un consensus de principe à un consensus dans l’action, afin que la voix commune de l’ASEAN se traduise par des programmes, des ressources et des résultats tangibles.
Autrement dit, je considère que le principal critère d’évaluation dans les années à venir ne résidera pas dans le nombre de nouveaux documents, mécanismes ou plans d’action adoptés par l’ASEAN, mais dans la mesure où ses engagements seront effectivement mis en œuvre, produiront des changements concrets pour la région et apporteront des bénéfices réels aux populations, aux entreprises et aux économies des États membres.
Dans un contexte de concurrence de plus en plus intense, avancer trop lentement peut signifier perdre des opportunités. L’ASEAN doit donc faire preuve d’une plus grande proactivité : sur le plan stratégique pour anticiper les tendances et définir ses priorités ; sur le plan de l’adaptation pour tirer parti des nouvelles dynamiques et répondre efficacement aux défis émergents ; et sur le plan de l’innovation institutionnelle pour contribuer à façonner les normes et les cadres de coopération régionaux.
Mesdames et Messieurs,
3. Le Forum de l’avenir de l’ASEAN contribue à compléter les processus de coopération de l’ASEAN
À la lumière des échanges tenus lors de cette édition, je suis convaincu que le Forum de l’avenir de l’ASEAN peut continuer à jouer le rôle d’un espace de dialogue ouvert, franc et substantiel sur les enjeux de long terme de la région. En tant que canal de concertation complémentaire, sa valeur réside dans sa capacité à apporter de nouvelles perspectives, des éléments de réflexion pour les politiques publiques et des pistes d’idées susceptibles d’enrichir les processus de coopération de l’ASEAN. Dans cette optique, le Forum pourrait accorder une attention particulière à plusieurs axes.
Premièrement, les discussions du Forum peuvent contribuer à identifier plus tôt les questions émergentes et les tendances de fond susceptibles d’influencer directement l’avenir de la région. Nombre de défis actuels ne se présentent plus de manière isolée, mais s’entrecroisent : la transformation technologique est liée à l’emploi et à la gouvernance ; la transition verte est indissociable des questions énergétiques, alimentaires et des moyens de subsistance ; l’espace informationnel est étroitement lié à la confiance sociale et à la capacité de gouvernance. Plus l’ASEAN sera en mesure d’anticiper ces évolutions, mieux elle pourra s’y préparer.
Deuxièmement, le Forum peut favoriser une meilleure mise en réseau des décideurs politiques, des universitaires, des centres de recherche et du monde des affaires. Les enjeux régionaux deviennent de plus en plus complexes, transversaux et dépassent les approches traditionnelles. Les processus de l’ASEAN ont donc besoin d’un éventail plus large de perspectives, d’expériences et d’initiatives provenant de différents canaux afin d’enrichir l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques.
Troisièmement, le Forum pourrait davantage s’orienter vers l’émergence d’idées concrètes et à forte valeur opérationnelle. Les échanges menés dans le cadre du Forum de l’avenir de l’ASEAN, s’ils sont convenablement synthétisés et valorisés, peuvent apporter de nouvelles perspectives, ouvrir des pistes de coopération et formuler des recommandations utiles aux mécanismes pertinents de l’ASEAN. Il s’agit notamment de promouvoir des solutions concrètes dans des domaines tels que la prévention des conflits, le développement de l’intelligence artificielle, l’énergie, la coopération en faveur de la jeunesse ainsi que la coopération dans la sous-région du Mékong.
Dans cet esprit, nous espérons continuer à bénéficier de l’attention, du soutien et de la participation active des États membres, des partenaires, des universitaires, des centres de recherche et des entreprises. C’est grâce à votre engagement, à vos contributions et à votre accompagnement que le Forum de l’avenir de l’ASEAN pourra s’affirmer davantage comme une plateforme d’échanges utile et concrète, venant compléter les processus de l’ASEAN, tout en contribuant à nourrir l’esprit de dialogue, de coopération et d’action collective au service de l’avenir commun de notre région.
Mesdames et Messieurs,
4. Les contributions du Vietnam
Depuis son adhésion à l’ASEAN en 1995, le Vietnam a toujours considéré l’ASEAN comme le noyau central de sa politique étrangère de multilatéralisation et de diversification. Sa participation active et responsable à la Communauté de l’ASEAN a contribué de manière importante à permettre au Vietnam de préserver un environnement de paix et d’indépendance, de promouvoir une intégration économique approfondie au service du développement du pays et de renforcer sa position sur la scène internationale. Le Vietnam a toujours souhaité et s’est toujours efforcé, avec les autres pays de l’ASEAN, de construire une communauté solidaire, résiliente, engagée en faveur du développement durable et capable de préserver son rôle central dans l’architecture régionale de sécurité.
Pour sa part, le Vietnam est également confronté aux profondes mutations du monde actuel, qui exigent un renouvellement plus ambitieux de sa vision du développement, de son modèle de croissance et de ses capacités de gouvernance. Les défis auxquels l’ASEAN doit faire face sont aussi ceux du Vietnam : comment préserver la paix et la stabilité, maintenir les grands équilibres macroéconomiques afin d’assurer une croissance rapide et durable, tout en réalisant des percées permettant de renforcer la compétitivité nationale ? Il est également nécessaire de mettre en œuvre des solutions stratégiques pour réduire les écarts de développement, s’adapter de manière proactive aux évolutions en cours et renforcer la résilience face aux chocs, qu’ils soient internes ou externes.
L’esprit qui prévaut aujourd’hui est celui d’une action plus résolue, d’une mise en œuvre plus rapide et d’une évaluation fondée sur les résultats concrets. Choisir la bonne orientation est essentiel, mais dans le contexte actuel, avancer dans la bonne direction sans agir suffisamment vite peut également conduire à manquer des opportunités. C’est pourquoi le Vietnam s’attache à lever les obstacles, à mobiliser plus efficacement les ressources, à développer les infrastructures stratégiques et numériques, à former des ressources humaines hautement qualifiées et à créer un environnement plus favorable aux citoyens, aux entreprises et aux localités.
Pour le Vietnam, le développement ne constitue pas seulement un objectif économique ; il représente aussi le fondement de la stabilité sociale et de l’amélioration du bien-être de la population. Cette approche rejoint les exigences auxquelles l’ASEAN est confrontée dans cette nouvelle phase de son développement.
Parallèlement à ses efforts de développement socioéconomique, le Vietnam mène une politique étrangère davantage orientée vers l’efficacité et les résultats concrets, étroitement liée aux objectifs stratégiques du pays et visant à contribuer de manière plus responsable à la paix, à la coopération et au développement durable de la région.
Nous poursuivons avec constance une politique étrangère d’indépendance, d’autonomie, d’autosuffisance, de paix, d’amitié, de coopération et de développement, fondée sur la multilatéralisation et la diversification des relations extérieures, tout en assumant pleinement nos responsabilités au sein de la communauté internationale. Le Vietnam attache une grande importance à ses relations avec ses pays voisins, avec l’ASEAN, avec ses partenaires majeurs et avec ses amis traditionnels. Il œuvre à approfondir les cadres de coopération afin de les rendre plus stables, plus fiables et plus durables, tout en participant de manière active et responsable au traitement des questions régionales et internationales d’intérêt commun.
L’ASEAN demeure une priorité stratégique de la politique étrangère vietnamienne. Nous sommes déterminés à œuvrer aux côtés de tous les membres de la grande famille de l’ASEAN pour préserver la solidarité régionale, renforcer concrètement la centralité de l’Association et promouvoir le respect du droit, le dialogue et la coopération.
Dans cet esprit, le Vietnam souhaite contribuer davantage aux domaines de coopération prioritaires de l’ASEAN ainsi qu’aux partenariats entre l’ASEAN et ses partenaires extérieurs, notamment dans les domaines de la connectivité stratégique, de la transition verte, de la transformation numérique, du développement des ressources humaines et du renforcement des capacités de réponse aux défis communs. Tous ces domaines sont directement liés au développement de chaque pays, au bien-être des populations et à la résilience collective de la région.
Nous sommes convaincus que contribuer à l’ASEAN commence d’abord par l’accomplissement exemplaire de nos propres responsabilités, tout en faisant preuve d’un engagement accru et d’un plus grand sens des responsabilités dans les affaires communes. Dans cet esprit, le Vietnam souhaite que son processus de renouveau et de développement donne naissance à "un Vietnam" plus dynamique, plus engagé, plus efficace dans sa participation et plus concret dans ses contributions, afin de construire avec les autres États membres une communauté de l’ASEAN plus solidaire, plus résiliente et plus proche des citoyens.
Après près de six décennies d’existence, l’ASEAN a bâti des fondations solides de coopération et un vaste réseau d’interconnexions. Notre mission consiste désormais à transformer cet héritage de valeurs en une capacité d’action plus forte et plus efficace.
Je suis convaincu qu’avec un esprit de solidarité, d’innovation et d’action, l’ASEAN continuera d’être un espace de développement dynamique, résilient et digne de confiance, tant dans la région qu’à l’échelle mondiale, au bénéfice concret des populations de chacun de nos pays.
Je vous remercie de votre attention.
VNA/CVN





