Discours du dirigeant Tô Lâm à l'ONU : une vision humaniste et responsable pour un monde en mutation

Le 22 septembre (heure locale), au siège des Nations unies à New York, le secrétaire général du Parti communiste du Vietnam (PCV) et président de la République, Tô Lâm, a prononcé un discours important lors du débat général de haut niveau de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies.

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Le secrétaire général du Parti communiste du Vietnam et président de la République, Tô Lâm, prononce un discours au débat général de haut niveau de la 81e session de l’Assemblée générale de l’ONU, le 22 septembre à New York. 
Photo : VNA/CVN

À cette occasion, le professeur associé-docteur Bùi Hoài Son, membre permanent de la Commission de la culture et de l’éducation de l'Assemblée nationale, a accordé une interview à l'Agence Vietnamienne d'Information (VNA) pour partager ses analyses sur cette intervention.

Selon lui, le message central du discours réside dans le fait que, dans un monde en mutation rapide, l’humanité ne doit pas considérer la confrontation comme une fatalité, mais doit gérer activement ces transformations par la confiance, le respect du droit international, le dialogue, la coopération et la responsabilité partagée.

Cette façon d'aborder le problème est remarquable car le discours n'élude pas les dures réalités du monde actuel : les risques de conflit, la course aux armements, la fragmentation économique, les ruptures des chaînes d’approvisionnement, le changement climatique, les pandémies, les inégalités et les nouveaux risques liés aux technologies. Toutefois, au lieu de conduire au pessimisme, ce constat appelait à l’action. Il a notamment relevé l’idée selon laquelle le changement serait inévitable, mais que les conflits et la confrontation ne constitueraient pas une fatalité.

Cette approche allie la reconnaissance de la réalité de la concurrence à la nécessité de préserver un espace de dialogue et de coopération. La restauration de la confiance serait ainsi essentielle pour empêcher que la concurrence ne se transforme en confrontation et que les divergences ne conduisent aux conflits.

Le professeur associé-docteur Bùi Hoài Son, membre permanent de la Commission de la culture et de l’éducation de l'Assemblée nationale.
Photo : VNA/CVN

Le professeur associé Bùi Hoài Son a également souligné que le Vietnam réaffirmait de manière constante son choix en faveur de la paix, de la coopération et du développement, ainsi que son attachement à la Charte des Nations unies, au droit international et au multilatéralisme. Cette posture est indissociable de l’expérience historique du peuple vietnamien, qui a traversé la guerre et connaît la valeur inestimable de l’indépendance, de la paix et de la réconciliation.

Il a particulièrement relevé que le discours plaçait l’être humain au centre, en soulignant que la confiance, les institutions internationales, le développement durable et la gouvernance technologique devaient avant tout contribuer à une vie plus pacifique et plus sûre, offrir davantage de possibilités de développement et permettre aux populations de bénéficier des fruits du progrès. Cette approche conférait au message du Vietnam une dimension culturelle et humaniste claire.

Bùi Hoài Son a insisté sur trois axes majeurs du discours. Le premier concerne la restauration de la confiance et la gestion responsable des divergences dans les relations internationales. Le deuxième porte sur un modèle de développement équitable, humain, inclusif et durable, qui ne doit pas être mesuré uniquement à l'aune de la croissance économique, mais aussi par la qualité de vie, l’égalité des chances, la justice sociale et la protection de l’environnement, tout en respectant les spécificités historiques et culturelles de chaque nation.

Le troisième aspect concernait le lien entre l’autonomie stratégique du Vietnam et un nouveau modèle de développement fondé sur la productivité, la qualité, la valeur ajoutée, les sciences et technologies, l’innovation et la transformation numérique. L’autonomie ne devrait pas signifier l’isolement, mais plutôt la capacité à renforcer les ressources internes afin de coopérer avec le monde sur une base plus active et plus équitable.

S'agissant des sciences, des technologies, de la transformation numérique et de l’intelligence artificielle, Bùi Hoài Son a indiqué que la science, la technologie, la transformation numérique et l'intelligence artificielle offrent d'immenses possibilités d'accroître la productivité, d'élargir l'accès au savoir, d'améliorer la gouvernance et de créer de nouveaux modèles de développement. Toutefois, sans principes de gouvernance appropriés, la technologie peut creuser les inégalités de développement, engendrer de nouvelles formes de dépendance, amplifier les inégalités, porter atteinte à la vie privée, présenter des risques pour la sécurité et éroder la confiance sociale.

Il a donc mis l'accent sur la nécessité de participer activement à la définition des règles de gouvernance technologique. Celles-ci doivent être inclusives, sûres, transparentes et responsables, dans le respect de la souveraineté nationale, de la souveraineté numérique et du droit de chaque pays à son propre développement.

Enfin, il a souligné que les pays en développement doivent pouvoir participer pleinement à l’élaboration des règles internationales et bénéficier d’un meilleur accès aux infrastructures, aux compétences numériques et aux avancées scientifiques et technologiques. Pour le Vietnam, cette approche constitue à la fois une exigence d’intégration internationale et une priorité pour le renforcement de ses capacités nationales.

VNA/CVN

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