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| Lê Thuong, présidente de l'Association vietnamienne de la région du Kansai, s'est vue décerner le "Prix communautaire pour les citoyens du monde", par l'IHA. |
| Photo : NDEL/CVN |
Ne considérant pas cette distinction comme l'aboutissement d'un parcours individuel, Lê Thuong y voit avant tout la reconnaissance d'années d'engagement de la communauté vietnamienne au Japon en faveur du dialogue, de la transmission culturelle et de l'amitié entre les deux pays.
Seule personnalité étrangère récompense cette année, la présidente de l'Association des Vietnamiens du Kansai a été honorée par l'Organisation internationale pour la promotion de l'amitié (IHA - International Friendship Promotion Association) pour son action en faveur des échanges culturels, du rapprochement entre les peuples et du développement de passerelles de coopération entre le Vietnam et le Japon dans les domaines de la culture, de l'éducation, de l'économie et de la formation des ressources humaines.
Pour Lê Thuong, pourtant, l'essentiel n'est pas la distinction elle-même. "Ce prix n'est pas seulement un honneur personnel. C'est aussi une reconnaissance pour l'Association des Vietnamiens du Kansai et pour toute la communauté vietnamienne au Japon".
À l'émotion s'ajoute immédiatement le sens des responsabilités. "Cette distinction ne m'appartient pas uniquement ; elle représente aussi l'image de toute la communauté vietnamienne au Japon".
Cette reconnaissance devient ainsi un encouragement à poursuivre un engagement de longue haleine : rapprocher les communautés, favoriser les échanges culturels et contribuer, par des initiatives concrètes, au développement des relations d'amitié entre le Vietnam et le Japon.
Une distinction qui honore toute une communauté
À titre personnel, cette récompense constitue, confie-t-elle, "un immense encouragement". Mais ce sont surtout les effets qu'elle peut produire au-delà de sa personne qui retiennent son attention.
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| Un représentant de l'Organisation internationale pour la promotion de l'amitié a lu la décision d'attribuer le prix à Lê Thuong (ao dài). |
| Photo : Nguyên Tuyên/VNA/CVN |
"J'espère qu'elle contribuera à diffuser l'image d'une communauté vietnamienne responsable, bien intégrée et pleinement engagée dans le développement de la société japonaise".
À la tête de l'Association des Vietnamiens du Kansai, Lê Thuong et son comité exécutif ont multiplié les initiatives en faveur des Vietnamiens installés au Japon : accompagnement des nouveaux arrivants, préservation de la langue vietnamienne, valorisation de l'identité culturelle et renforcement des liens avec les autorités locales ainsi qu'avec les organisations japonaises grâce à une diplomatie de proximité.
Cet engagement est également salué par les partenaires japonais. Le président de l'IHA, Shinjo Takeshi, estime que les actions menées par Lê Thuong ont permis de "renforcer les liens entre les communautés, promouvoir les échanges entre les peuples et diffuser l'esprit d'amitié internationale".
De son côté, Yamamoto, membre de l'organisation, souligne le dynamisme de la communauté vietnamienne, qu'il considère comme l'une des communautés étrangères les plus actives du Japon, apportant une contribution significative au développement économique et social du pays d'accueil.
La portée de cette distinction dépasse ainsi largement la réussite d'un parcours individuel. Elle consacre aussi le rôle grandissant d'une communauté qui, au fil des années, contribue à renforcer la confiance mutuelle et le dialogue entre les sociétés vietnamienne et japonaise.
Une diplomatie des peuples, ce "pont invisible"
Si cette distinction vient couronner un parcours, celui-ci repose avant tout sur une conviction que Lê Thuong défend depuis de nombreuses années : les relations entre les États ne se construisent pas uniquement par les accords officiels ou les cadres institutionnels, mais aussi par les liens tissés entre les individus.
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| Lê Thương et des enfants vietnamiens participent à un festival culturel organisé en début d'année au Japon. |
| Photo : NVCC/CVN |
"La diplomatie populaire et les échanges culturels constituent un +pont invisible+, dont les effets sont durables et profonds".
À ses yeux, la diplomatie d'État fixe les orientations et le cadre de la coopération ; la diplomatie des peuples, elle, agit au plus près des femmes et des hommes. "C'est là que naissent naturellement la compréhension mutuelle, la confiance et la sympathie".
Cette conviction explique l'importance qu'elle accorde aux initiatives culturelles, éducatives et communautaires. Qu'il s'agisse de manifestations artistiques, d'actions solidaires ou de projets destinés à accompagner l'intégration des Vietnamiens au Japon, chacune de ces initiatives devient une occasion de rapprocher les deux sociétés, de dépasser les différences culturelles et de favoriser une meilleure connaissance réciproque.
Dans un monde où les échanges humains n'ont jamais été aussi intenses, Lê Thuong estime que la culture ne se limite pas à faire connaître l'identité d'un peuple ; elle crée aussi un espace où chacun peut apprendre de l'autre.
"Comprendre pour mieux coopérer, plutôt que coopérer pour apprendre à se comprendre". À ses yeux, c'est cette compréhension qui donne toute sa solidité à une relation appelée à durer.
Entre le Vietnam et le Japon, cette vision prend une résonance particulière. De plus en plus présente dans la vie économique et sociale de l'Archipel, la communauté vietnamienne participe, à travers les nombreuses initiatives menées par l'Association des Vietnamiens du Kansai et d'autres organisations, à consolider la confiance entre les deux peuples, tout en facilitant l'intégration des nouveaux arrivants.
"C'est ce qui permet à la coopération de s'inscrire non seulement au niveau des États, mais aussi au cœur des communautés et des générations futures".
Cette philosophie inspire également sa définition du "citoyen du monde". Pour Lê Thuong, l'ouverture internationale n'implique pas de renoncer à ses racines. Elle suppose au contraire de trouver un équilibre entre intégration et identité.
Selon elle, trois qualités sont essentielles : la capacité de s'ouvrir au monde grâce aux langues étrangères, à la connaissance internationale et à l'adaptation à un environnement multiculturel ; le sens des responsabilités, fondé sur le respect des lois et de la culture du pays d'accueil ; enfin, l'attachement durable à la langue vietnamienne, à la culture nationale et aux valeurs héritées de ses origines.
C'est cette recherche d'équilibre qui guide, depuis des années, les actions qu'elle mène avec la communauté vietnamienne du Kansai.
Préserver la langue vietnamienne, faire rayonner l'image du Vietnam
Pour Lê Thuong, cette vision de l'engagement ne relève pas seulement des principes. Elle se traduit, depuis des années, par des actions concretes au service de la communauté vietnamienne au Japon.
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| L'Association vietnamienne de la région du Kansai a été organisatrice et co-organisatrice de nombreux festivals culturels vietnamiens, comme le Festival culturel vietnamien 2026. |
| Photo : NVCC/CVN |
Au Kansai, l'Association des Vietnamiens est devenue un véritable point d'appui pour de nombreuses familles, tout en jouant un rôle d'interface avec les collectivités locales et les organisations japonaises.
Lê Thuong elle-même consacre depuis près de dix ans une partie de son temps au bénévolat : interprétariat, actions de protection de l'environnement, accompagnement des établissements scolaires ou encore soutien aux structures médicales.
Parmi les initiatives les plus emblématiques figure le Festival de la culture vietnamienne au Japon, organisé ou coorganisé par l'association depuis neuf années consécutives.
Bien au-delà de la gastronomie, de l'áo dài ou des arts traditionnels, cet événement est devenu un espace de rencontre où Vietnamiens et Japonais apprennent à mieux se connaître, tout en offrant au public japonais une image vivante et contemporaine du Vietnam.
La transmission de la langue maternelle constitue un autre axe majeur de cet engagement. Avec la création de l'École vietnamienne Cây Tre et du Centre d'études vietnamiennes au Japon, l'association permet aux enfants de la diaspora de découvrir la langue, l'histoire et la culture de leur pays d'origine, afin de préserver le lien avec leurs racines.
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| Lê Thương (centre) à la journée d'ouverture de l'année scolaire 2026-2027 des Bamboo Vietnamese Language Schools. |
| Photo : NVCC/CVN |
Pour Lê Thuong, il ne s'agit pas simplement d'enseigner une langue. "Où que l'on vive, il faut continuer à chérir la langue vietnamienne, la culture vietnamienne et l'esprit de nos origines".
À ses yeux, l'intégration ne prend tout son sens que si elle s'accompagne de la préservation de son identité culturelle. Être un citoyen du monde ne signifie pas s'effacer dans la mondialisation, mais porter avec soi les valeurs de son pays pour dialoguer avec les autres.
"Lorsque ces trois dimensions s'équilibrent, chacun peut véritablement devenir un citoyen du monde".
Cette distinction, conclut-elle en filigrane, ne marque donc pas l'aboutissement d'un parcours. Elle ouvre au contraire un nouveau chapitre, nourri par la même volonté de servir la communauté et de renforcer l'amitié entre le Vietnam et le Japon.
Entre le Vietnam et le Japon, les ponts les plus solides ne sont pas toujours ceux que l'on inaugure. Ce sont parfois ceux que des femmes et des hommes bâtissent patiemment, loin des projecteurs, par la confiance, la persévérance et la force des engagements quotidiens.
Depuis des années, Lê Thuong contribue, avec toute une communauté, à faire vivre ces passerelles invisibles qui rapprochent les deux peuples.
Câm Sa/CVN







