20/01/2020 17:30
Les forces anti-émeutes ont tiré dimanche 19 janvier à Beyrouth des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants antigouvernementaux qui leur jetaient des pierres, au deuxième jour d'affrontements violents qui ont fait 145 blessés dans le pays en crise.
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Des heurts entre manifestants antigouvernementaux et forces de sécurité à Beyrouth, le 19 janvier. Photo : AFP/VNA/CVN

En deux jours, plus de 520 personnes ont été blessées dans les violences. Les accrochages de samedi 18 janvier qui ont blessé 377 personnes ont été d'une violence inédite depuis le début le 17 octobre de la contestation contre une classe politique jugée corrompue et incapable de sortir le Liban du marasme économique.

Pour le deuxième soir consécutif, des centaines de manifestants se sont rassemblés dans le centre-ville à l'entrée d'une avenue menant au Parlement. Aux cris de "Révolution, Révolution", ils ont jeté des pierres et des pétards sur les policiers bloquant l'avenue. Ces derniers ont répliqué avec des balles en caoutchouc, un canon à eau et des lacrymogènes.

La Croix-Rouge libanaise a fait état de 145 blessés, dont 45 hospitalisés. Deux journalistes ont été blessés dont l'un à la main par une balle en caoutchouc selon son média.

En fin de soirée et face au nuage de gaz lacrymogène et aux pluies diluviennes, les manifestants se sont retirés du principal point de rassemblement et les heurts ont cessé. Seule une poignée de contestataires sont restés dans les rues voisines.

"On en a marre"!

En trois mois de contestation, la colère n'a fait que grandir parmi les manifestants qui fustigent l'inertie des dirigeants : la crise économique s'aggrave avec des licenciements en masse, des restrictions bancaires drastiques et une forte dépréciation de la livre libanaise face au dollar.

"On en a marre des hommes politiques. Après trois mois de révolution, ils nous prouvent qu'ils ne changent pas, qu'ils n'écoutent pas, qu'ils n'apportent rien", s'insurge Mazen, 34 ans.

Sur Twitter, les forces de sécurité ont appelé les manifestants à ne pas "attaquer" la police.

Samedi 18 janvier, les forces de l'ordre ont aussi tiré des balles en caoutchouc dans le centre-ville, après que des manifestants ont lancé des pierres et des poteaux de signalisation sur elles.

Une télévision locale et des internautes ont partagé des témoignages de familles dont les enfants, parfois âgés de 18 ans, ont été touchés samedi 18 janvier à l'oeil par des balles en caoutchouc.

"Il n'y avait aucune justification pour le recours brutal à la force par la police anti-émeute", a estimé Human Rights Watch, accusant les policiers d'avoir "tiré des balles en caoutchouc dans les yeux".

Face à cette escalade, le président Michel Aoun a convoqué lundi 20 janvier une réunion de sécurité en présence des ministres de la Défense et de l'Intérieur, selon l'agence officielle ANI.

AFP/VNA/CVN

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