29/03/2020 22:52
La plus importante opération d'évacuation de malades du coronavirus est lancée : les deux TGV médicalisés qui doivent rejoindre dimanche 29 mars la Nouvelle-Aquitaine depuis le Grand Est, ont quitté quasi simultanément vers 10h45 les gares de Mulhouse et de Nancy avec 36 malades à leur bord.
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Des équipes médicales transportent des patients contaminés par le coronavirus dans un TGV médicalisé, le 29 mars 2020 à la gare de Mulhouse, pour les évacuer vers des hôpitaux de la Nouvelle-Aquitaine.
Photo : AFP/VNA/CVN

L'embarquement de ces patients en réanimation avait débuté aux premières heures du jour dans les deux gares où des norias d'ambulances se sont succédé.

Puis, des dizaines de membres du personnel soignant ont hissé à bout de bras les civières dans les trains, protégés de pied en cap par des combinaisons, des sur-blouses, des masques et des charlottes.

L'objectif est de désengorger les hôpitaux du Grand Est, l'une des régions les plus lourdement touchées par l'épidémie qui comptait samedi 3.777 personnes hospitalisées, dont 786 en réanimation, et 757 décès.

"Libérer des lits" 

"Il faut libérer des lits, il faut absolument donner de l'air aux services de réanimation. On est toujours dans une augmentation continue du nombre de patients", a exhorté le chef des urgences du centre hospitalier régional (CHR) de Metz, François Braun.

Les 12 patients en provenance de Mulhouse doivent être répartis dans l'après-midi depuis la gare de Poitiers dans des hôpitaux de cette ville, de La Rochelle, Niort et Angoulême. Les 24 malades partis de Nancy en direction des gares de Bordeaux et Bayonne seront acheminés vers des établissements de ces villes, mais aussi de Libourne et Pau.

Il s'agit de patients, positifs au coronavirus, atteints d'un "syndrome de détresse respiratoire modéré à sévère, (...) qui ne sont pas dans la phase la plus aiguë, qui viennent juste d'arriver en réanimation" et sont âgés de "60 ans en moyenne voire un peu moins", a précisé le Dr. Lionel Lamhaut, du Samu de Paris, qui coordonnait les opérations à Nancy.

Des dizaines de malades ont déjà été évacués ces dernier jours du Grand Est par des moyens civils et militaires, terrestres et aériens, vers des hôpitaux d'autres régions françaises mais aussi d'Allemagne, de Suisse et du Luxembourg.

Un tout premier transfert en TGV médicalisé jeudi 26 mars avait déjà permis de conduire 20 patients vers des hôpitaux des Pays-de-Loire. Et de nouveaux moyens sont sans cesse mis en oeuvre, notamment par l'armée qui a engagé pour la première fois un hélicoptère samedi pour transporter deux malades entre Metz et Essen (ouest de l'Allemagne).

À bord des TGV, - baptisés "Chardon 2" et "Chardon 3" et aménagés en hôpital roulant-, quatre patients devaient être installés dans chaque voiture avec pour chacune d'entre elles un anesthésiste-réanimateur ou un urgentiste senior, un interne, une infirmière anesthésiste, trois infirmières et éventuellement un logisticien, a indiqué à l'AFP le ministère des Solidarités et de la Santé.

La vague est attendue
 
Un membre du personnel médical mobilisé sur les trains médicalisés, à Mulhouse, ce dimanche 29 mars. Photo : AFP/VNA/CVN

Le TGV présente l'avantage d'être "particulièrement stable par rapport aux autres vecteurs et finalement particulièrement sécuritaire. Nous avons plus de place, plus d'équipes à l'intérieur, plus de matériels", a expliqué le docteur Braun samedi 28 mars sur France inter.

Avec 490 hospitalisations en cours comptabilisées samedi 28 mars, dont 127 personnes en réanimation ou soins intensifs, la Nouvelle-Aquitaine figure parmi les régions les moins touchées par l'épidémie.

Selon des chiffres communiqués vendredi 27 mars, 188 lits de réanimation sont disponibles sur 561 places, une marge de manœuvre qui lui permet donc de participer encore à ce "grand mouvement d'accueil" même si, ici aussi, on s'attend à une saturation des services.

"Nous avons aussi pensé que le fait de les accueillir tout de suite nous permettrait de faire en sorte que la plupart sortent en bonne forme avant que l'essentiel de la vague ne nous frappe (en Nouvelle-Aquitaine)", a expliqué vendredi 27 mars Michel Laforcade, directeur général de l'Agence régionale de santé (ARS) Nouvelle-Aquitaine.

"La guerre, nous la gagnerons probablement sur la question des lits de réanimation, avec notre capacité au niveau du territoire national à bien utiliser, de manière intelligente, bien coordonnée, nos moyens en réanimation, en se soutenant les uns les autres à l'intérieur d'une région et entre les régions", a souligné la directrice générale du CHR de Metz, Marie-Odile Saillard.

VNA/CVN
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