15/01/2021 08:21
Joe Biden a dévoilé jeudi 14 janvier un nouveau plan de relance d'urgence de 1.900 milliards de dollars, censé sortir les États-Unis de leur pire crise depuis les années 30, et sera suivi dans les prochaines semaines d'un plan d'investissements pour relancer l'économie.
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Joe Biden lors d'une conférence de presse, le 8 janvier à Wilmington dans le Delaware.
Photo : AFP/VNA/CVN

Baptisé plan de sauvetage, ces mesures, que M. Biden doit défendre personnellement jeudi soir 14 janvier dans une allocution prévue vers 00h15 GMT, incluent des aides visant à s'attaquer aux deux crises -- sanitaire et économique - auxquelles va être confronté le démocrate.

Elles visent à aider les ménages, les petites entreprises et les minorités visibles qui sont parmi les plus touchées par la pandémie de COVID-19, selon un communiqué.

"Nous voulons avancer aussi vite que possible", a déclaré à des journalistes un haut responsable de l'équipe de Joe Biden.

Ce plan doit être adopté par le Congrès, mais sa taille, qui en fait un des plus coûteux de l'historie américaine, risque de rencontrer l'opposition des républicains. Ces derniers ont fait valoir récemment les vertus de l'orthodoxie budgétaire après avoir pourtant voté au printemps un plan d'aides de 2.200 milliards de dollars voulu par le président républicain Donald Trump.

"Nous allons nous mettre tout de suite au travail pour transformer en législation, qui sera adoptée par les deux chambres et ratifiée en loi, la vision du président élu Biden", ont réagi Chuck Schumer et Nancy Pelosi, les dirigeants démocrates au Congrès, dans un communiqué commun.

Le plan Biden prévoit que les Américains touchent un nouveau chèque de 1.400 dollars par personne en fonction des revenus.

Le paquet de 900 milliards de dollars adopté en décembre, considéré comme un "acompte" par Joe Biden, avait permis de mettre 600 dollars dans la poche de chaque personne, sous condition de revenus. Mais les démocrates, dans une inhabituelle entente avec M. Trump, réclamaient 2.000 dollars.

Les aides supplémentaires au chômage, dont 18 millions d'Américains vivent toujours, seront prolongées jusqu'à fin septembre ainsi que la possibilité de prendre un congé maladie payé en cas de contamination au COVID-19.

"Aucun Américain ne devrait avoir à choisir entre mettre de la nourriture sur la table et se mettre en quarantaine pour éviter la propagation" du virus, selon ces hauts responsables.

Prolongation de la suspension des expulsions locatives et saisies immobilières jusqu'à fin septembre, ou encore aide alimentaire renforcée, figurent également dans ce texte.

Tests et vaccinations

De nouvelles mesures sont également proposées.

À commencer par le rythme des tests et vaccinations contre le COVID-19, qui doivent être accélérés pour permettre à l'activité de reprendre.

Installation des banderoles, le 14 janvier à la Maison Blanche en vue de l'investiture de Joe Biden. Photo : AFP/VNA/CVN

Rouvrir les écoles, toujours largement fermées aux États-Unis ou fréquentées à temps partiel seulement par les élèves, fait également partie des priorités.

M. Biden s'est fixé 100 jours pour que la majorité des écoliers reprenne le chemin de l'école, permettant à leurs parents de retourner au travail, alors que les femmes ont payé un lourd tribut, et ont massivement dû démissionner ou cesser de chercher un emploi pour s'occuper de leurs enfants.

Le président élu espère aussi faire adopter le rehaussement du salaire minimum à 15 dollars de l'heure, plus du double des 7,25 dollars actuels.

Une enveloppe de 350 milliards de dollars est prévue pour permettre aux autorités locales et nationales de maintenir l'emploi des éducateurs, des policiers, des pompiers et des agents de santé publique.

Cette dernière mesure risque de susciter l'ire des républicains au Sénat, qui avaient bloqué fin 2020 tout plan de soutien économique comprenant des fonds pour les municipalités.

La hausse des impôts, prévue dans son programme de campagne, pour les plus grandes entreprises du pays et les personnes gagnant plus de 400.000 dollars par an, n'a toutefois pas été évoquée.

Emplois "bien payés"

Ce plan est ambitieux mais réalisable, ont jugé ces hauts responsables, qui ont requis l'anonymat.

Demandes hebdomadaires d'allocations chômage aux États-Unis depuis octobre 2019.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le plan de relance doit répondre à l'urgence, et empêcher les États-Unis et les Américains de s'enfoncer encore plus dans la crise.

Il sera suivi d'un plan d'investissements innovants destiné à la reprise économique, et dont les contours seront précisés dans les prochaines semaines. Il devra créer les millions d'emplois "bien payés" promis par Joe Biden lors de sa campagne, répondre à l'urgence climatique, ou encore résorber les inégalités raciales.

Il reviendra à Janet Yellen, qui devrait devenir secrétaire au Trésor - l'équivalent du ministre de l'Économie et des Finances - de mener les négociations avec les élus, pour le compte du gouvernement.

Si le chômage est resté stable en décembre aux États-Unis, à 6,7%, c'est la première fois depuis mai que la situation ne s'améliore pas.

AFP/VNA/CVN
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