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| Le Vietnam se classe ainsi deuxième en Asie du Sud-Est pour la blockchain, avec Hô Chi Minh-Ville figurant parmi les 30 meilleures au monde dans ce domaine. |
| Photo : VNA/CVN |
Selon l’indice mondial des centres financiers (GFCI 39), Hô Chi Minh-Ville a gagné 11 places pour se hisser au 84e rang mondial et figure parmi les centres susceptibles d’accroître leur influence au cours des deux à trois prochaines années.
Cette progression coïncide avec la forte croissance du secteur de la fintech, qui a permis à la ville de gagner sept places et d’atteindre le 83e rang mondial. Le rapport "Indice mondial de l’écosystème des start-up 2025" de StartupBlink. Hô Chi Minh-Ville est entrée pour la première fois dans les 5 meuillers écosystèmes de start-up d’Asie du Sud-Est, se classant à la 110e place mondiale, son meilleur classement à ce jour, la fintech s’imposant comme un secteur de croissance majeur. La ville se classe désormais parmi les 30 premiers pôles mondiaux de la blockchain et deuxième en Asie du Sud-Est.
Ces gains reflètent non seulement un meilleur positionnement, mais aussi l’opportunité de suivre une voie de développement singulière. Arrivée plus tardivement sur ce marché, Hô Chi Minh-Ville peut adopter plus rapidement les nouveaux modèles financiers, contrairement aux centres financiers traditionnels établis.
Dans cette optique, le Centre financier international du Vietnam à Hô Chi Minh-Ville (VIFC-HCMC) se développe en tirant parti de ces tendances. Un mécanisme essentiel est le bac à sable réglementaire, qui permet aux organisations et aux entreprises de tester de nouvelles technologies, de nouveaux produits et de nouveaux modèles commerciaux dans des conditions contrôlées, en l’absence de cadres juridiques adéquats.
Le Professeur associé Nguyên Huu Huân, vice-président de l’agence exécutive du VIFC-HCMC, a souligné que la technologie progresse plus rapidement que la réglementation, la blockchain, l’intelligence artificielle, les actifs numériques et la tokenisation des actifs transformant la finance mondiale. Maintenir une gestion exclusivement fondée sur des règles risque d’accentuer le fossé entre innovation et réglementation, ce qui pourrait freiner l’innovation tout en affaiblissant le contrôle des risques.
Le bac à sable permet donc une expérimentation contrôlée, une prise de risque limitée et la génération de données empiriques pour appuyer l’élaboration des politiques, conformément à la résolution N°222/2025/QH15, qui autorise le VIFC-HCMC à mener des initiatives pilotes contribuant au développement du cadre juridique national.
L’expérience internationale montre que des places financières performantes comme Singapour, Dubaï, le Royaume-Uni et Hong Kong (Chine) ont adopté des mécanismes de bac à sable axés sur une gouvernance des risques intelligente et fondée sur les données, plutôt que sur la déréglementation.
Selon le Professeur associé Nguyên Huu Huân, le bac à sable réglementaire fonctionne simultanément comme un outil de régulation, un mécanisme d’attraction des investissements et un moteur de compétitivité nationale. Pour le VIFC-HCMC, il soutiendra des piliers stratégiques tels que la finance numérique, les actifs numériques, les paiements transfrontaliers, la tokenisation des actifs du monde réel, la finance verte et les marchés du carbone.
Conception d’un environnement de test et attentes commerciales
Des chercheurs de l’Université d’économie de Hô Chi Minh-Ville ont proposé un modèle d’environnement de test ciblant les secteurs à forte valeur ajoutée, tout en maintenant des contrôles de risques rigoureux.
Les paiements transfrontaliers sont privilégiés afin d’améliorer la rapidité et le coût des transactions, tout en garantissant la conformité avec la réglementation des changes, les exigences en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et les normes de protection des actifs. Les transactions doivent transiter par des banques sponsors et satisfaire aux exigences de traçabilité complète.
Dans le domaine des actifs numériques, des mécanismes de liquidité basés sur des jetons sont conçus avec précaution pour les investisseurs institutionnels et professionnels. Ils intègrent la tarification en temps réel, des limites de prêt et des contrôles de marge automatisés afin de gérer les risques de volatilité.
Des contrats intelligents sont proposés pour les processus de financement du commerce, notamment les lettres de crédit, afin d’améliorer l’automatisation et la transparence, tout en maintenant un contrôle humain final pour la responsabilité juridique.
Un modèle de banque d’actifs numériques axé sur la conservation, la gestion de portefeuilles et les transferts d’actifs pour les clients institutionnels est également proposé. Ce modèle comprend des systèmes de sécurité multicouches et une séparation des opérations bancaires de base afin de limiter les risques systémiques.
La tokenisation des actifs du monde réel permettrait la représentation numérique des droits de propriété liés à des actifs tels que l’immobilier, les titres et les matières premières, améliorant ainsi la liquidité et la mobilisation des capitaux tout en maintenant des garanties liant les tokens aux actifs sous-jacents.
Tous les modèles pilotes intègrent des garanties claires assurant la supervision, la traçabilité et la capacité d’intervention. Le bac à sable réglementaire n’est pas une zone d’exemption légale ; les réglementations relatives à la protection des données, à la cybersécurité, à la lutte contre le blanchiment d’argent, à la gestion des changes et à la responsabilité juridique restent pleinement applicables.
Cette approche renforce la gouvernance étatique en générant des données concrètes permettant de réduire l’écart entre l’innovation technologique et la réglementation.
Du point de vue des entreprises, le centre financier international devrait élargir les opportunités au-delà des services bancaires et d’investissement, permettant aux entreprises technologiques de s’investir davantage dans les services financiers numériques. Cependant, le succès repose sur un écosystème synchronisé où les politiques, les technologies et les entreprises collaborent étroitement.
Trân Huy Vu, cofondateur du réseau Kyber, a souligné que les entreprises ont besoin d’un cadre juridique clair, transparent et cohérent définissant leurs limites opérationnelles. Seule une réglementation claire, a-t-il affirmé, permettra aux entreprises de tirer pleinement parti de la technologie et de contribuer efficacement à l’écosystème financier émergent du VIFC-HCMC.
VNA/CVN




