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| Une vache au marché aux bestiaux de Sensuntepeque, dans le département de Cabañas, au Salvador, le 1er octobre. |
| Photo : AFP/VNA/CVN |
Les propriétaires des animaux sont contraints de les vendre à prix cassés, avant qu'ils ne succombent à la sécheresse.
Le marchandage a commencé dès l'aube à la foire de Sensuntepeque, située à 80 km au Nord-Est de San Salvador, dans le "couloir sec" centraméricain, zone aride qui s'étend du Sud du Mexique à l'ouest du Panama, et particulièrement vulnérable au El Niño.
"Voyez comme cette bête est maigre !", interpelle Antonio Aguilar, un éleveur de 54 ans interrogé par l'AFP, en montrant une vache qui n'a plus que la peau sur les os.
Comme lui, plusieurs éleveurs "se débarrassent de leur bétail, faute d'herbe", en les vendant, explique-t-il. Mais ils ne peuvent s'attendre qu'à un prix bas pour ces animaux décharnés. "Le bétail a perdu une quantité incroyable de viande" et s'est "beaucoup déprécié", déplore Francisco Escobar, autre éleveur.
Selon l'Association des éleveurs de bétail du Salvador, la sécheresse provoquée par El Niño touche 60% du cheptel bovin du pays, avec un impact particulièrement marqué dans les zones du "couloir sec".
L'herbe ne pousse plus faute de pluie et le prix de la nourriture pour animaux a fortement augmenté.
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| Un vendeur de bétail compte son argent après avoir conclu une vente au Marché municipal du bétail de Sensuntepeque, dans le département de Cabañas, au Salvador, le 1er octobre. |
| Photo : AFP/VNA/CVN |
Misael Novoa vient de vendre une vache décharnée avec son veau. Lorsqu'il l'a achetée, "elle était encore plus maigre", raconte-t-il. Pendant un mois, il a tenté de la remettre d'aplomb avec de la nourriture et des vitamines. Mais cela coûtait cher et il a préféré la revendre, malgré une faible marge.
Fin septembre, des pluies éparses sont tombées à Sensuntepeque, insuffisantes toutefois pour régénérer les pâturages et les champs de maïs desséchés. L'épisode actuel d'El Niño, déclaré en juin, pourrait devenir le plus intense jamais enregistré.
Ce phénomène, qui réchauffe les eaux du Pacifique et accentue les sécheresses en Amérique centrale, va encore s'intensifier ces prochains mois jusqu'à atteindre son pic en décembre, selon l'Organisation météorologique mondiale (OMM).
En Amérique latine, El Niño pourrait se traduire par des pénuries de nourriture pour 16 millions de personnes, a averti le Programme alimentaire mondial de l'ONU.
Mercredi 7 octobre, le parlement du Salvador a approuvé un plan d'urgence principalement destiné à renforcer la sécurité alimentaire dans le pays.
AFP/VNA/CVN




