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| Actuellement, le foyer An Vu prend en charge 57 enfants. |
| Photo : VNA/CVN |
Fondé en 2017 au sein de la commune de Dông Tam, ville de Dông Nai au Sud, le foyer An Vu a déjà pris en charge 108 mineurs issus des quatre coins du pays. Aujourd’hui, ils sont 57 à y reconstruire leur quotidien.
Chaque enfant qui franchit le seuil de ce refuge porte en lui une histoire poignante. Certains sont orphelins, laissés à la charge de grands-parents âgés et faibles ; d’autres ont été délaissés dès leur naissance, menés ici par des médecins ou des autorités locales, privés de tout document d’identité.
L’histoire de deux petites sœurs retrouvées au milieu d’une plantation d’hévéas par des ouvriers agricoles avant d’être accueillies au foyer reste gravée dans les mémoires. Beaucoup de ces enfants sont issus de situations extrêmement difficiles, comme ce nourrisson dont la mère sans-abri et atteinte de troubles mentaux avait été agressée.
Donner les clés de l’avenir
La sœur Maria Hoàng Thi Lua, représentante du foyer An Vu, confie qu’au-delà des repas et du sommeil, la préoccupation majeure des sœurs reste l’éducation et l’insertion professionnelle de ces jeunes.
“Notre plus grand souhait est qu’ils puissent étudier et devenir autonomes grâce à un métier stable. Ici, nous devenons leurs parents adoptifs. Les prénoms “An” (Paix) et “Ân” (Grâce) que nous leur donnons symbolisent notre espoir de les voir mener une vie sereine et heureuse”, confie la sœur Lua.
Nguyên Van Hai, vice-président du Comité populaire de la commune de Dông Tâm, salue l’action cruciale du foyer : “Depuis des années, An Vu soutient activement la commune dans la prise en charge des enfants abandonnés. Pour les cas sans papiers, les autorités collaborent étroitement avec le foyer pour régulariser leur situation globale”.
Les débuts ont pourtant été particulièrement difficiles. Face à l’arrivée constante de nouveaux enfants, les religieuses ont dû parcourir des centaines de kilomètres à moto, de Binh Phuoc à Hô Chi Minh-Ville, Dông Nai ou Tây Ninh, pour solliciter de la nourriture et des dons : sac de riz, carton de nouilles ou bouteille de saumure.
“À l’époque, le foyer était méconnu. C’était une lutte quotidienne pour obtenir du riz et du sel. Aujourd’hui, grâce à l’aide des autorités et à l’élan des donateurs, leur quotidien est bien plus stable”, raconte la sœur Lua avec émotion.
Désormais, le foyer offre un cadre de vie optimal. En plus du cursus scolaire classique, les enfants bénéficient de cours d’anglais, d’informatique, de musique et d’activités artistiques. Le site dispose d’une salle de musique, d’une infirmerie, d’une bibliothèque et d’une aire de jeux - des infrastructures ordinaires pour certains, mais qui représentent un bonheur immense pour ces enfants qui reviennent de loin.
Une grande famille unie par le cœur
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| Aire de jeux pour enfants à An Vu. |
| Photo : VNA/CVN |
Y Biêu, l’un des jeunes pensionnaires, témoigne : “En plus de l’école, nous pouvons apprendre la musique ou l’anglais. Les plus grands aident les sœurs à s’occuper des petits. Ici, c’est notre deuxième maison et les sœurs sont comme nos mamans”.
Au-delà du confort matériel, l’accent est mis sur l’éducation civique et les valeurs de partage. Des bambins aux adolescents, chacun participe aux tâches ménagères et veille à la propreté des lieux. Ce qui frappe les visiteurs, c’est la discipline et la rigueur qui règnent dans cette maison où seulement six personnes encadrent au quotidien 57 enfants d’âges différents.
Mai Thi Nho, bénévole au sein d’un groupe humanitaire de Dông Xoài, vient régulièrement cuisiner et apporter des vivres : “Lorsqu’on vient ici, on comprend à quel point ces enfants ont besoin d’attention et d’affection. Notre souhait est simplement de leur offrir un repas chaleureux et un peu de réconfort”.
Aujourd’hui, plusieurs anciens pensionnaires ont grandi, trouvé un emploi stable, fondé leur propre famille et se sont insérés avec succès dans la société. Pour les sœurs, cette réussite est la plus belle des récompenses après des années de dévouement envers ces enfants avec lesquels elles n’ont aucun lien de sang.
Depuis près de dix ans, le foyer An Vu n’est pas seulement un toit pour enfants abandonnés. Il est devenu le symbole d’une seconde chance, où la famille se construit non par les lien filiaux, mais par l’altruisme, le sacrifice et l’amour inconditionnel.
Huong Linh - Tât Thanh/CVN




